Archives pour la catégorie Romans Science-Fiction


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La machine à différences, de William Gibson et Bruce Sterling

la machine à différences

Que se serait-il passé si le mathématicien Charles Babbage avait pu, au milieu du XIXe siècle, construire les machines à différences, ces « ordinateurs à vapeur » qu’il avait imaginés ?

 

Imaginez des ordinateurs en plein XIXe siècle, des ordinateurs composés de roues dentées, de bielles et de leviers, mus par la vapeur. Des Machines à différences, imaginées par Charles Babbage, aidé de Lady Ada Byron, la fille de Lord Byron lui-même, oui, le Premier ministre de Sa Majesté la reine Victoria.
En 1855, l’Histoire a pris un autre cours. Les industries se développent avec frénésie. Des transports sous-terrestres sillonnent Londres en proie à la pollution, aux courses automobiles et au chômage technologique. L’Empire britannique, gouverné par les scientifiques et les industrialistes, est plus soucieux de technologie que d’aventures outre-mer.

 

Edward « Leviathan » Mallory, explorateur des terres sauvages d’une Amérique du Nord divisée par les guerres, se voit remettre par Lady Ada un mystérieux paquet de cartes mécanographiques. Dès lors sa vie est en danger.


Lorsque Blog-o-Book a proposé sur son site le partenariat pour ce livre, par l’odeur alléchée, je me suis jetée dessus… Gibson, auteur du Neuromancien (qui a raflé les trois prix majeurs de la SF, le prix Nebula, le prix Hugo et le prix mémorial Philip K. Dick), considéré comme le fondateur du mouvement cyberpunk, a notamment inspiré Maurice G. Dantec (un de mes auteurs préférés) : je ne pouvais que me lancer dans cette lecture, références et sujet oblige.

 

Las ! Jamais ça ne décolle. Je me suis ennuyée à mourir, à tel point que j’ai fini par laisser tomber à la moitié du livre (il fait tout de même quelques 700 pages). Je déteste faire ça, d’autant que c’est un partenariat, mais je n’en pouvais plus.  J’ai supporté les longues mises en place, la conférence du Général Jackson… et j’ai craqué !

 

L’univers m’a semblé assez hermétique, ne déclenchant pas d’images évocatrices dans ma cervelle de lectrice. Et pourtant cette uchronie était prometteuse. Mais non ! Ca n’a pas fonctionné, pas sur moi en tout cas… dommage ! C’est lourd, long, lent et d’un intérêt quasi inexistant à de nombreux moments. Franchement, je me suis demandé où Gibson et Sterling voulaient en venir… je n’ai pas réussi à m’accrocher assez pour savoir le fin mot de l’histoire, le sentiment d’attente (qu’il se passe enfin quelque chose) n’étant pas récompensé, le livre m’est tombé des mains !

 

Bref : une déception, car je me réjouissais à l’avance de lire ce roman. Peut-être en attendais-je trop ?

 

Merci qui ? Merci à BOB et aux éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce superbe exemplaire (la collection Ailleurs et Demain est vraiment magnifique).

 

Pour aller plus loin : n’hésitez pas à lire d’autres chroniques, nous étions plusieurs sur ce partenariat. Ou à lire Neuromancien de William Gibson.

 

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Les Âmes vagabondes, de Stephenie Meyer

les âmes vagabondes

 

La Terre est envahie. L’humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Mélanie Stryder vient d’être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l’être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, il y a un homme qu’elle ne peut pas oublier. L’amour pourra-t-il la sauver ?  

 

Après avoir lu et apprécié la série Twilight à sa juste valeur, je me suis lancée dans ce nouvel opus de la dame Meyer, avec un peu d’appréhension, m’attendant à y retrouver un succédané de sa saga vampiresque. Et je me suis trompée !

 

Autant j’ai trouvé Twilight franchement adolescent, autant Les Âmes vagabondes m’a semblé plus mature, tant au niveau de l’intrigue que de l’écriture. Tout d’abord, ici, point de vampire, donc de bit-lit, mais de la SF, science-fiction au demeurant très sympathique… Oui, j’ai bien aimé ce roman. Des petits moments de poésie avec la description des différentes peuplades extraterrestres, et leurs noms évocateurs, en passant par les dialogues entre Mel et Vagabonde, l’hôte et l’âme, mais aussi la découverte de cette dernière de l’humanité, de la Terre, pour terminer par les émotions qu’a su très bien rendre Stephenie Meyer.

 

Oui, j’assume, j’ai beaucoup aimé… et pleuré aussi ! Une vraie madeleine, terrible !  Habilement, l’auteur nous entortille : Vagabonde est attachante, très attachante même, alors qu’on s’apprête dès le départ à la détester, elle, l’envahisseur. On entre d’ailleurs tout de suite en résistance, contre elle, contre les âmes, et tout ce qu’elles représentent : l’aliénation des personnalités humaines dont elles occupent les corps. Pas étonnant, vu que nous sommes humains, nous, lecteurs ! Logiquement et immédiatement, on prend le parti de Mélanie, un sacré personnage, qu’on découvrira petit à petit, tout comme son « parasite ».

 

Sans trop spoiler, puisque dès le début, c’est ainsi que ça se passe, Mélanie résiste et on assiste au combat de deux volontés… L’évolution des deux femmes est très intéressante, sachant qu’on suit l’histoire  du point de vue de Vagabonde, Mélanie nous laissant accès à quelques-uns de ses souvenirs par l’intermédiaire de celle-ci. Et puis, tout l’univers, le mode de vie des âmes est bien construit ; pacifiques,  paradoxalement, elles envahissent les mondes pour pouvoir les améliorer. C’est dire si, nous, Terriens, les intéressons avec nos gros défauts : violents, tyranniques, pollueurs, capitalistes… Cela peut sembler un peu caricatural, comme ça, mais on peut dire que ce livre parle des préjugés, des apparences auxquelles il ne faut pas se fier.

 

Une des qualités de ce roman, c’est de parler de l’âme et du corps, de la séparation entre les deux, telle  que les chrétiens l’envisagent. Croyante mormone, il ne fallait pas en attendre moins de Stephenie Meyer. Ainsi les caractéristiques principales qu’elle prête aux âmes -l’honnêteté, l’intégrité, l’obéissance aux lois-, sont des précepts de son Eglise, tout comme le travail. Il faut savoir que les membres de l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours ont foi en un Jésus martyr qui a lavé le monde de ses pêchés. Et Vagabonde, passez-moi l’expression, vit un véritable chemin de croix une bonne partie du livre.

 

Alors, certes, il y a sûrement des messages derrière ce roman. Mais, c’est bien écrit (bien traduit, sans coquille !), ça coule fluide et se laisse lire très facilement sans pour autant céder à la facilité d’un vocabulaire simpliste, c’est très bien fait, empathiquement parlant -car ici, plus que d’invasion extra-terrestre, il est surtout questions de relations humaines et non-humaines-, et l’histoire se tient vraiment bien. En conclusion, pas de remords à avoir en lisant Les Âmes vagabondes, on n’est pas obligé d’y voir des messages cachés d’une église aux croyances et pratiques un peu étranges (le mariage plural était courant chez eux jusqu’en 1900 environ), et simplement se laisser charmer par cette histoire qui mêle amour, suspense, SF, humour aussi, action.

 

Bref, un chouette moment en compagnie de ce premier roman pour adultes de la reine des amours adolescentes au royaume des vampires.

 

Le petit plus : Stephenie Meyer a vendu les droits de son livre, et une adaptation cinématographique verra le jour en 2011 avec Andrew Nicol aux commandes, le réalisateur de Bienvenue à Gattaca (à voir absolument) et The Lord of War et le scénariste de The Truman Show et du Terminal.

 

Le petit plus du plus : La rumeur court d’une suite, en deux romans, The Soul et The Seeker.

 

Merci qui ? Merci à Livraddict et au Livre de Poche, pour ce partenariat, qui m’a tiré des larmes mais m’a réconcilié avec le style de l’auteur.

 

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Frankenstein ou le Moderne Prométhée, de Mary Shelley

frankenstein    

 

Victor Frankenstein ! C’est l’inventeur, le savant maudit ! A quinze ans, il est témoin d’un violent orage foudre, traînée de feu, destruction d’un chêne… Son destin est tracé. Après des années de labeur, il apprend à maîtriser les éléments ; l’alchimie est pour lui une seconde nature. Bientôt il détient le pouvoir de conférer la vie à la matière inerte. Nuit terrible qui voit la naissance de l’horrible créature  ! L’oeuvre de Frankenstein. Un monstre ! Repoussant mais doté, d’une force surhumaine et conscient de sa solitude. Echappé des ténèbres, il va, dans sa détresse, semer autour de lui crimes et désolation. D’esclave qu’il aurait dû être, il devient alors le maître, harcelant son créateur. Il lui faut une compagne semblable à lui… Pour Frankenstein, l’enfer est à venir…

 

Je n’avais pas encore lu ce livre souvent considéré comme le premier roman de science-fiction, et l’avais donc inscrit à mon Challenge Livraddict 2010. Une lecture commune sur mon forum préféré de lecteurs me l’a fait lire plus tôt que ce que je pensais.

 

Mary Shelley a écrit ce roman suite à un petit défi lancé par Lord Byron avec d’autres amis (nous, sur Livraddict, le défi était de le lire !). La demoiselle a eu du mal à s’y mettre, et a finalement trouvé l’inspiration suite à un cauchemar du certainement à l’absorption d’opium…

 

Voici donc un roman construit comme la suite de plusieurs narrations, celle de Walton, jeune aventurier dans les glaces de la banquise, puis celle de Frankenstein, suivie de celle de la créature monstrueuse pour terminer par celle de Walton. Ces différents récits s’étendent sur plusieurs années, et on opère plusieurs come-backs dans les événements, éclairés en cela par les narrateurs successifs.

 

J’ai légèrement modifié le résumé car il contenait certaines invraisemblances… Ainsi, contrairement à pas mal de confusions -comme celle où Frankenstein est le monstre- on ne sait pas comment la créature a été fabriquée, pas de cadavres rafistolés les uns aux autres, non ! Certes, le savant enthousiaste et inconscient qu’est Frankenstein parcourt les cimetières, mais il ne révèle pas le secret de fabrique, pas question que Walton ou un autre ne reproduise son erreur…

 

J’ai apprécié cette lecture, qui offre d’ailleurs plusieurs niveaux d’interprétation. On peut prendre le roman au premier degré, en s’énervant d’entendre geindre  eet se lamenter quasi continuellement Victor, en déplorant la lenteur du récit par moment, le manque d’actions peut-être également… Mais on peut aussi y voir un fameux parallèle avec la création de l’Homme, la créature étant celui-ci. Eh oui, le sous-titre nous donne pas mal d’indications : selon la mythologie, Prométhée a créé les hommes à partir d’une motte d’argile (mythe précurseur du christianisme qui fait de Prométhée un modèle pour Lucifer l’ange favori de Dieu, qui « instruit » les hommes ou qui peut encore être mis en parallèle avec le récit biblique de la Genèse où  le serpent (Frankenstein) crée un être qui a la connaissance du bien et du mal, don qui causera finalement sa perte)

 

D’ailleurs, lorsque le savant se lamente sur son sort, il se dit souvent incapable de prendre plaisir aux merveilleux paysages qui l’entourent, nature créée par Dieu et qui nous est abondamment et avec enthousiasme décrits, par opposition à l’horreur qu’il vit, mais surtout l’horrible abomination à qui il a donné vie. Alors, certes, j’avoue, j’ai trouvé quelquefois ces passages particulièrement longs, mais ils étaient le pendant exact des plaintes du malheureux suisse (oui, Frankenstein est suisse, pas anglais !).

 

J’ai d’ailleurs pas mal pesté contre ce savant inconséquent, qui conçoit un monstre pour ensuite s’en détourner sans y penser, bien centré sur lui-même et la frayeur qu’il a pu ressentir. Non seulement, il n’a pas réfléchi lorsqu’il s’est lancé dans cette aventure mais quasiment jusqu’à la fin, il ne prendra pas conscience de ses erreurs ni de la portée de ses actes ; il a en toutes choses qu’il appréhende une vision bien étroite… Voilà l’archétype du savant fou, qui fonce tête baissée vers un but qu’il s’est fixé, dans une ferveur toute scientifique -purement technique-, sans trace d’éthique, ni de conscience morale. Ainsi, lorsqu’il rejette sa créature, il n’a pas une seule pensée pour celle-ci, toute neuve, qu’il jette dans le monde, qu’il abandonne…

 

Alors, si ce personnage est peu sympathique, je vous rassure, d’autres le sont. Les portraits de femmes sont particulièrement forts : des caractères affirmés, de hautes vues, qui bénéficient d’ailleurs d’une éducation similaire à celles des hommes de ce roman. Les hommes, eux, à l’image de Victor, sont plutôt entraînés que réellement actifs. Roman féministe donc, et féminin ! Car l’écriture est indubitablement féminine, ne me demandez pas de vous expliquer comment, mais c’est ainsi que je le ressens… Peut-être parce que lorsque les hommes parlent ici, j’ai l’impression que ce sont des femmes… bon ! Mais le style est là, empreint de culture  par ailleurs. J’ai bien aimé les poèmes, qui étaient pour moi d’une justesse parfaite avec l’intrigue. Je me suis même posée la question de savoir si une partie de la narration n’avait pas été construite autour de ceux-ci, c’est dire !

 

Et le monstre, me direz-vous ? Eh bien, celui-ci sait très bien exprimer son désarroi d’être seul, en pâture dans un monde dont il n’a aucune idée, et qui le repoussera avec effroit, tout comme son inventeur. Très conscient du bien et du mal, décidé tout d’abord à faire le bien, car tout prêt à l’amour, blessé jusqu’aux tréfonds de son coeur et de son âme (eh oui, même ça, il en a !), il choisira le mal, la vengeance… (l’homme chassé d’Eden deviendra mauvais !) non sans souffrir de ce choix, contraire à ses inclinaisons premières. On est bien loin ici du monstre tout vert, couvert de cicatrices (que si un chirurgien esthétique en faisait des pareilles, on ne lui confierait même pas un ourlet), qui marche en poussant des cris inarticulés, que certains films ont donné à voir !

 

En conclusion, un livre bien noir, où inéluctablement les catastrophes, les tragédies s’enchainent. Tout le long, Frankenstein, esprit si brillant, est totalement impuissant à discerner la situation dans son entier, et à prendre en conséquence les bonnes décisions, celles que nous, lecteurs, voyons très clairement, et qui vraiment tendance à nous faire mépriser ce personnage aveuglé par une trop grande estime de lui-même et qui se laisse aller au désespoir si facilement.

 

En bref, à lire !!

 

Les avis des autres participants à cette LC : AliceEvertkhorus, Mélisende, Mystix, Erell

3/12 dark side

    9/12  Challenge Livraddict 2010    Défi classique

 

 

Le Chant des Anges, de Folco Chevallier

le chant des anges

San Diego : sur la Highway 5, plusieurs véhicules se mettent simultanément à zigzaguer au milieu de l’autoroute. Leurs conducteurs n’ont aucun souvenir de l’événement si ce n’est, détail troublant, qu’ils essayaient tous de régler leur radio FM.

Athènes : alors qu’un concert de Kiss est sur le point de s’achever devant 70 000 spectateurs, un chant mystérieux s’élève des enceintes. Un silence « religieux » s’empare alors du stadium. Le groupe assure que ce morceau n’était pas à son programme.

Los Angeles : une petite fille croise le regard de sa mère décédée trois ans plus tôt, tandis qu’un scientifique découvre qu’un chant d’une harmonie sans égale modifie notre perception temporelle.

Aujourd’hui, la fille de Léo est entrée en catalepsie pour rejoindre sa mère.
Aujourd’hui, Léo a échappé à une mort programmée grâce à un simple coup de téléphone.
Aujourd’hui, Léo a vu un avenir qui n’existera jamais.
Décidément, c’est une drôle de journée.

 

 

 

Premier roman de Folco Chevallier, Le Chant des Anges se classe dans le genre fiction spéculative (Merci à Taliesin pour l’info !). Et effectivement, cette histoire, racontée délicatement, avec humour aussi, mais sans concession également pour certains personnages, nous permet d’explorer les réactions des individus face à ce Chant des Anges si surprenant.

 

Je dois dire d’abord que c’est une belle découverte, un style nerveux sans être brouillon, un travail de documentation bien fourni tant sur la mécanique quantique que sur la religion. Ainsi, Lucien Aniel tire son nom d’Aniel, l’ange qui sert à la libération des dépendances et permet également de ne pas succomber aux tentations. En nous libérant des forces négatives, cet ange nous aide à maîtriser nos émotions et nos impulsions intellectuelles. Celui qui utilisera son influence pourra être porteur de nouvelles sciences et de nouvelles conceptions universelles. Et ça colle tout à fait à l’intrigue !

 

Les concepts scientifiques exposés tels que les mondes parallèles, la téléportation sont expliqués de manière simple (attention, je n’ai pas dit simpliste !) et accessible aux néophytes. Ils nous sont d’ailleurs présentés au travers de billets du blog d’un grand chercheur, et correspondent d’autant plus ainsi à une volonté de vulgarisation de ces divers champs notionnels, avec une touche de poésie, d’onirisme bien plaisants par ailleurs.

 

J’ai apprécié particulièrement le personnage de Juliette, la petite fille de 7 ans, qui ne sait pas que sa maman est morte trois ans plus tôt et a développé des pouvoirs de « super-observation » pour la chercher… Elle est très touchante, et très vite, le lecteur se sent en empathie avec elle.

 

On trouve également dans ce livre les dérives de la science, les dangers qu’elle comporte, lorsqu’on oublie la part d’humanité qui est en nous. C’est assez bizarre peut-être de dire ça, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’établir un parallèle avec la Bombe Atomique, et le fait que personne n’imaginait ses terribles conséquences la toute première fois où elle fut lâchée sur la tristement célèbre ville de Hiroshima. L’inconscience dont font preuve les hommes au nom de l’enthousiasme scientifique me dépasse quelquefois -peut-être parce que je suis plutôt une littéraire !

 

En bref, un roman qui se lit facilement, où dominent l’amour, l’espoir et une certaine forme de rédemption, le tout enrobé de science-fiction pas compliquée à suivre et donc accessible même aux réfractaires du genre.

 

D’autres avis : Karline05, Sita, Valunivers, Taliesin, Pikachu

 

Merci qui ? Merci à Livraddict et à Timée Editions pour l’envoi de cet exemplaire. Une mention plus pour l’éditeur qui a eu la délicate attention de joindre un dossier de presse…

 

livraddict small   logo timée éditions

 

La Résistance, l’histoire de Peter, de Gemma Malley

la résistance

« Peter contempla Anna un moment et se remémora la certitude qui était la sienne, quand il l’avait rencontrée, que les Surplus étaient un Fardeau pour Mère Nature, qu’il était de leur devoir de travailler dur, de servir la population Légale et de payer pour la Souillure de leur existence. Il lui pencha le front pour y déposer un baiser. «Nous vieillirons ensemble, murmura-t-il en caressant ses cheveux. Avec des rides, des enfants. Et nous détruirons la Longévité, aussi. Je te le promets. »

Angleterre, 2150.
La mort n’existe plus. Les hommes vivent à l’ère de la Longévité : pas de morts… mais, pour éviter le surpeuplement, pas de naissances non plus. Peter et Anna ont un point commun : ils n’auraient jamais dû naître. Parce qu’une vie éternelle leur semble contre nature, parce que le système de la Longévité a gâché leur enfance, parce qu’il menace leurs rêves, ils ont décidé d’entrer en lutte. Pour sa suppression.

Au sein du Réseau souterrain, la résistance s’organise : Peter a pour mission d’infiltrer le plus grand des laboratoires, le centre névralgique du système, Pincent Pharma… dirigé par son grand-père, Richard Pincent. Un homme puissant et influent, bien décidé à faire plier les rebelles ; une présence troublante pour Peter : quand les liens du sang s’en mêlent, tout se complique…

« La Résistance » est la suite de « La Déclaration, L’Histoire d’Anna » (naïve, 2007), le premier roman de Gemma Malley. « L’Histoire de Peter »- personnage terriblement attachant – donne lieu à un récit haletant, qui aborde des questions essentielles. Que devient une société qui refuse la mort ?

 

J’ai lu cet été La Déclaration, L’Histoire d’Anna, et j’avais beaucoup aimé. On y découvrait la vie des Surplus, entassés dans des maisons qui ressemblent fort à des maisons de correction, où ils apprennent à racheter les fautes de leurs parents (il est interdit de faire des enfants, dès lors qu’on a signé la Déclaration -qui donne droit à la Longévité en parallèle). Ils sont éduqués en vue de devenir Utiles, et donc au mieux domestiques au service des Légaux ou au pire des Bons à Rien, pour ceux qui sont les plus maladroits ou les plus rebelles.

 

Mais là, j’ai trouvé ce volume excellent. Le système de la Longévité nous apparaît dans toute son horreur, sous couvert de sauver l’humanité et la planète. La Longévité, ce n’est qu’une histoire d’égoïsme, au fond, celle de « vieux » qui ne veulent pas mourir, qui ne supportent pas les jeunes, car la jeunesse est synonyme d’agitation, de trouble, de changement… Et puis d’autres choses que je ne dévoilerai pas ici. Et face à cet égoïsme, cette jolie histoire d’amour entre deux adolescents, Surplus auparavant, devenus Légaux (la procréation est interdite, les enfants ne deviennent légaux qu’à la mort d’un de leurs parents -Une Vie pour Une Autre), qui veulent résister, être les parents de la Nouvelle Génération…

 

Les personnages sont bouleversants, à l’image de Peter et d’Anna (dont on avait suivi l’histoire dans le volume précédent), ou magnifiques de machiavélisme comme Richard Pincent, le grand-père de Peter et grand patron de Pincent Pharma, qui fabrique la précieuse petite pilule qui donne l’éternité à qui la prend.

 

Les Autorités ne sont pas sans faire penser à des entités comme Big Brother, dans 1984 de George Orwell ; d’ailleurs on y retrouve les mêmes baratins sur les dépenses énergétiques, qui ont mené à l’asservissement d’une population, se jetant tête baissée dans une sorte de remède miracle : la fameuse Longévité !

 

Un beau roman d’anticipation que peuvent lire vos ados sans problème (ma Coquelicot a 12 ans et le lit !), et qui aide à prendre conscience des limites de la science, à parler tout bonnement d’éthique, sans même que ce mot soit prononcé une seule fois. Qui remet en tête le cycle de la vie, et ce que cela signifie…

 

 Le petit plus : L’avantage, c’est qu’on peut lire ce roman indépendamment du premier, mais je vous recommande de lire La Déclaration car c’est vraiment bon !

 

Petite info : Un tome 3, The Revelation, sort cette année… Il faudra attendre encore un peu pour la traduction française. Et pour changer de l’histoire de la Longévité, The Returners, est sorti en février (à quand la traduction ?)

 

Merci qui ? Merci Marc, qui m’a signalé ma petite erreur sur la suite de La Résistance !

the returners

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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