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La femme en vert, d’Arnaldur Indridason

la femme en vert

Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d’une fête d’anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain.
Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d’Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte.

 

 

En bref : je recommande vivement !

 

En long, en large et en travers : Après avoir lu Le Poète, je me suis retrouvée à nouveau avec deux récits en parallèle, mais cette fois-ci l’un suit l’enquête dite « des ossements », et l’autre, celle d’une famille pendant la Seconde Guerre Mondiale. La tension monte au fur et à mesure que l’enquête avance et que le drame de cette famille arrive à son dénouement, tragique puisqu’on se doute dès le départ que les deux sont liées. Mais cela ne m’a pas gênée, le moins du monde : c’est traité de manière différente en fait.

Pendant tout ce temps, Erlendur est au chevet de sa fille, a du mal à se concentrer sur son enquête, et là encore un parallèle est fait… J’ai apprécié en découvrir plus sur les facettes de ce vieux taciturne dont les relations avec ses enfants, et surtout sa fille, sont toujours chaotiques  tout comme voir se dévoiler un peu plus ce beau gosse de Sirgundir Oli qui prend le chemin de son vieux chef (?). On comprend mieux celui-ci, dont l’attitude n’est pas toujours évidente dès La Cité des Jarres.

Tout le fil conducteur de ce roman, c’est la mémoire… Celle des personnes, le plus souvent âgées, que vont interroger les enquêteurs, celle d’Erlendur, celle de cette période sombre qu’est la Seconde Guerre Mondiale dont il reste peu d’archives sur les personnes « ordinaires », celle que renferment les vieux papiers que les familles ne se décident pas à jeter…

Indridason a du talent pour nous conter ces histoires qui font serrer le coeur… J’ai d’ailleurs refermé le livre en pleurant !

 

Le petit plusLa Femme en vert a raflé de nombreux prix. Entre autres, le prix Clé de verre 2003 du roman noir scandinave et, en Grande-Bretagne, le prix CWA Gold Dagger 2005. Il a également reçu le Grand Prix des lectrices de Elle 2007, dans la catégorie policier.

 

 

tour du monde

 

Le Poète, de Michael Connelly

le poète

Le policier Sean McEvoy est retrouvé mort dans sa voiture. Chargé d’une affaire de meurtre abominable, son enquête n’avançait pas. Lorsqu’il apprend le suicide de son frère, Jack, son jumeau, journaliste de faits divers, refuse d’y croire. En cherchant à comprendre, il découvre d’autres cas de policiers apparemment poussés au suicide par des meurtres non résolus. Tous ont été retrouvés avec, à leur côté, des lettres d’adieu composées d’extraits de poèmes d’Edgar Poe. Un effrayant tableau d’ensemble commence à se dessiner. Jack fait pression sur les agents du FBI pour qu’une enquête soit ouverte sur ces suicides en série.

 

En bref : j’ai adoré !

 

En long, en large et en travers : J’ai été baladée du début à la fin de ce polar américain. J’ai particulièrement aimé les deux récits parallèles : celui de Jack McEvoy, journaliste qui nous raconte « son » enquête sur les traces de son frère, flic et présumé suicidé, et celui de Gladden, méchant individu qui lorgne les petits enfants. Alors, oui, c’est rude. Ca parle de pédophilie, de meurtres ignobles et violents. Mais c’est aussi un vrai bon roman policier, dans lequel les personnages sont tracés avec justesse, et l’intrigue bien ficelée, comme on dit. Pour preuve, j’ai du revenir à plusieurs reprises sur les convictions que je m’étais forgées… Je n’en dis pas plus, parce que je ne veux pas révéler trop de l’intrigue… En tout cas, ça me donne bien envie de lire d’autres oeuvres du même Connelly !

 

Le petit plus : les poèmes d’Edgar Allan Poe qui ajoutent à l’ambiance déjà bien noire. Et la fin aussi, qui laisse quelques petites choses en suspens, comme dans la vie, où tout ne se règle pas par miracle.

 

La Cité des Jarres, d’Arnaldur Indridason

la cité des jarres

L’inspecteur Erlendur, un vieux policier de Reykjavik, mal nourri, toujours de mauvaise humeur, dans la tradition du genre, enquête sur le meurtre d’un vieil homme. Dans l’ordinateur de la victime, on trouve des photos pornographiques immondes et, coincée sous un tiroir, la photo de la tombe d’un enfant de quatre ans. Erlendur n’accepte pas la thèse du crime de drogué en manque, il retrouve un ami de cet homme en prison et découvre le passé de violeur de la victime. A travers l’autopsie de la petite fille morte quarante ans auparavant, il découvre la Cité des Jarres et le fichier génétique de la population islandaise.

 

Lorsque je fréquentais encore la Médiathèque Municipale, une des bibliothécaires m’avait recommandé cet ouvrage, mais il était toujours sorti… Victime certainement de son succès, je n’ai jamais emprunté ce livre. Et puis, je ne vais plus à la bibli, c’est trop compliqué, leurs horaires et mon emploi du temps sont incompatibles. Alors, quand sur Livraddict, BMR nous a proposé son tour du monde en classe polar et nous a parlé d’Indridason, je me suis notée dans ma ptite tête d’y penser… et j’ai sauté sur l’occasion lors d’une visite chez PriceMinister (0.90 € neuf !).

 

Je ne regrette pas… Certes, je préfère les polars plus violents en général (avec plus d’action ? parce qu’il y a pas mal de choses assez horribles ici, mais traitées finalement de façon assez délicate) mais je suis aussi une adepte d’Agatha Christie… J’ai eu l’impression d’être vraiment transportée en Islande, bon je ne connais pas, hormis quelques reportages vus à la télé, mais on ressent bien cet esprit insulaire, à part parce que l’Islande, comme dit ce vieux flic d’Erlendur, a longtemps vécu à l’écart du reste du monde. Le vent souffle, la pluie cingle les visages, et en Islande, les meurtres sont dégueulasses… C’est pas moi qui le dit, m’dame, c’est l’auteur ! Je ne sais pas si vous connaissez cette série, Nom de code : l’Aigle, mais moi, j’adore ! Ca se passe au Danemark, l’Aigle (un flic) est islandais… eh bien, j’ai vraiment eu l’impression d’être dans le même monde : nordique !

 

L’intrigue est bien ficelée, les personnages sont intéressants, Erlendur est même attachant… L’écriture est vraiment bonne : toutes les descriptions de personnages sont faites sur le mode de rapport de police ou portrait robot (phrases courtes, peu de comparaisons, très pragmatiques) tout comme la description de la scène de crime, et le reste est plus « lyrique », par opposition. Bref, on est placé dans la situation de l’inspecteur en charge de l’affaire, bien que le roman ne soit pas écrit à la première personne.

 

Bref, un bon polar nordique, et je dirais même, avant tout, un bon roman. J’ai dans ma PAL La femme en vert, du même auteur, qui m’attend… mais je suis déjà plongée dans Le Poète, de Michael Connelly.

 

Le petit plus : La Cité des Jarres a remporté le Prix Clé de Verre du Roman noir scandinave, le Prix Mystère de la critique 2006 et celui du Coeur Noir. Et moi, j’ai fait une étape en Islande, dans mon Tour du Monde !

 

Pour en savoir plus : une interview d’Arnaldur Indridason sur Evene.

 

tour du monde

 

Le Guérisseur, d’Inger Ash Wolfe

le guérisseur

 

À Port Dundas, petite commune somnolente du Canada, Hazel Micallef, chef de police (par intérim) depuis plusieurs années déjà, 61 ans, divorcée, tourmentée par des maux de dos épouvantables, essaie vainement de noyer sa douleur dans les anti-inflammatoires et le whisky.

 

Un jour semblable à tous les autres, un drame effroyable vient ébranler la quiétude de cette ville endormie. Une de ses habitantes est retrouvée sauvagement assassinée. La victime est une femme de 81 ans, atteinte d’un cancer en phase terminale. Son corps est découvert à son domicile, la gorge tranchée, exsangue et la bouche tordue en un affreux rictus.

 

Jamais on n’a vu telle abomination dans la région. Mais deux jours plus tard, une affaire étrangement similaire est recensée à quelques centaines de kilomètres de là. Peu à peu, les cas se multiplient et Hazel se retrouve lancée à la poursuite d’un tueur en série bien particulier qui sillonne le pays d’ouest en est, mû par une macabre mission…

 

 

 

J’ai passé un excellent moment avec ce Guérisseur… Tout d’abord, le tueur en série est assez particulier, et en soi, c’est déjà intéressant comme dit le sous-titre du livre : Si les victimes sont consentantes, est-ce un serial killer ? Franchement, je me suis posée la question tout le long du livre. Car Simon est plein de contradictions, tant dans son modus operandi que dans ses mobiles, et que dans sa personnalité, son passé… On arrive même à éprouver une certaine empathie pour lui, comble de l’horreur, non ?

 

Et puis, ses victimes ne sont pas forcément sympathiques, certes elles sont en phase terminale, mais franchement de leur vivant, elles n’ont pas toutes été parfaites, loin de là… Alors, si elles sont consentantes, qu’en plus elles nous inspirent des sentiments mitigés, pourquoi éprouver de la peine, de l’horreur devant leur fin tragique ? Eh bien, Hazel, l’inspecteur en charge de l’enquête nous le dit elle-même : ces personnes ont compté dans la vie d’autres personnes, d’une manière ou d’une autre, et cela suffit. Parlons d’ailleurs maintenant de la police : des personnages intéressants, mystérieux aussi (le « bleu » est vraiment une énigme pas tout à fait résolue), avec de l’épaisseur et de la consistance… Il est d’ailleurs ironique que l’auteur ait choisi de faire de Hazel quelqu’un de malade, qui voit sa vie pas très réussie, bref quasiment tout pour être une de ses victimes ! Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle entre elle et les morts que sème le Guérisseur tout le long de son périple criminel.

 

Et puis, je tiens à souligner que la dimension spirituelle, très présente dans ce thriller, l’est jusqu’au bout du bout : tant quand Simon s’arrête pour tenter de sauver la petite fille, que lorsqu’il se fait tuer assez bêtement tout de même, parce qu’il s’est laissé aller à la vengeance, lui si intelligent… Car, on est tout de même assez ébloui par l’intelligence de Belladone (c’est le surnom que les enquêteurs donne au serial killer)… mais bon, les tueurs en série sont souvent très intelligents !

 

C’est un livre qui se lit facilement, que j’ai dévoré pour ma part car l’histoire m’a passionnée, bien rythmé, bien construit… La seule chose qui m’a gếnée, ce sont quelques soucis de mise en page qui m’ont demandé une relecture de certains passages, et quelques erreurs de traduction je pense (je vous rassure, il y en a au fond très peu, mais je suis une pinailleuse !).

En conclusion, merci à Thalia qui m’a donnée envie de lire ce roman, je ne le regrette pas !

 

 

Cadres Noirs, de Pierre Lemaître

cadres noirs

« Alain Delambre est un cadre anéanti par quatre années de chômage sans espoir. Ancien DRH, il accepte, à 57 ans, des petits jobs démoralisants où il se fait botter le cul pour cinq cents euros par mois… Aussi, quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d’étudier sa candidature, Alain est prêt à tout, à emprunter de l’argent pour se payer un coach, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages. Alain Delambre s’engage corps et âme mais s’il se rendait compte que les dés sont pipés, sa fureur serait sans limite. Et le jeu de rôle pourrait alors tourner au jeu de massacre. »

 

En préambule, et parce qu’il faudrait que je morde la langue pour ne pas le dire : j’ai été conquise par ce polar français… Je n’ai encore jamais lu de Fred Vargas, par exemple, donc n’attendez pas de moi de comparaison avec l’un de ces auteurs de polar à succès. Je ne vais vous parler ici que de Cadres Noirs de Pierre Lemaître.

 

Voici donc un drame qui se noue sous nos yeux, celui d’un chômeur au bout du rouleau, courageux pourtant (il se lève tout de même à 5 heures du matin pour faire le manutentionnaire après avoir été DRH), car prêt à tout pour survivre. Lorsqu’enfin, de façon inespérée,  il passe différents tests pour un poste qui correspond à son profil, on est heureux pour lui? Eh oui, car Alain Delambre est un homme pour qui on éprouve de la sympathie. Il m’a rappelé mon père qui, après eu sa boîte pendant de nombreuses années, a du déposer le bilan, s’est retrouvé au chômage à 49 où on lui répondait qu’il était trop vieux pour prétendre à un l’emploi pour lequel il était qualifié voire surqualifié, et qui a accepté plein de petits boulots pour faire manger sa famille. Bref, Pierre Lemaître nous parle ici, et il le souligne lui-même au détour de plusieurs passages, de M. Toutlemonde, cadre ou non. Car, maintenant, qui n’a pas quelqu’un dans son entourage qui pointe au Pôle Emploi, le fait lui-même ou le redoute tout simplement ?

 

Alors, je me suis enthousiasmée, indignée, j’ai compris, j’ai soutenu, j’ai voulu aider Alain Delambre, mais l’auteur a poursuivi implacablement la machine bien huilée de son intrigue, jusqu’aux drames… Sans concession, son héros -un anti-héros ? je ne sais pas vraiment- plonge dans le mensonge, prêt à tout pour vivre, non, pour faire vivre ceux qu’il aime, au mépris de risques insensés. Quand on a plus rien à perdre…

 

Je n’en dis pas plus, parce que je sens que je vais dévoiler trop de ce roman assez hors normes. J’ajouterai seulement… Les rebondissements sont nombreux, les pièges tendus par Pierre Lemaître se referment sur ses personnages et sur le lecteur, la part psychologique du roman est aussi bien traitée que l’action proprement dite. Les portraits des protagonistes sont fins, vus à l’aune d’Alain Delambre, attendrissants mêmes car indulgents -car empreints de l’amour qu’il porte aux siens- ou au contraire taillés à la serpe pour les mêmes raisons.

 

Très bien orchestré, ce polar net, précis, m’a emmenée sur des sentiers inattendus, et jubilatoires !

 

Le petit plus : pour les fondus de littérature, dans ce roman, Pierre Lemaître distille des hommages à des grands noms comme Scott Fitzgerald… Pour ma part, j’ai été si emportée par la vague que je n’ai pas discerné ces références ! Un grand merci donc à Blog-O-Book et aux éditions Calmann-Lévy, qui m’ont envoyé gracieusement cet exemplaire, qui va certainement me jeter sur les autres romans de l’auteur !

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de Pierre Lemaître, qui en est donc ici à son troisième roman.

 

Blog-O-Book

 

 


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