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Archives pour la catégorie Romans noirs, thrillers, espionnage


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Ce cher Dexter, de Jeff Lindsay

ce cher dexter

Il est lui-même serial-killer quand il ne s’emploie pas à les traquer. Lui, c’est Dexter, expert au service médico-légal de Miami. Un homme tout à fait moral : il ne tue que ceux qui le méritent. Mais aussi très méticuleux : il efface toute trace de sang après avoir découpé les corps… Un jour, il est appelé sur les lieux d’un crime perpétré selon des méthodes très semblables aux siennes. Dexter aurait-t-il rencontré son alter ego ? Ou serait-ce lui qui… Impossible…

 

 

 

J’ai dans ma PAL le tome 4 de Dexter, mais avant cela je souhaitais relire les trois précédents, histoire de me remettre dans le bain, étant tout imprégnée de la série TV dont je regarde passionnément la saison 4 en ce moment sur C+ (attention : derniers épisodes jeudi prochain, je suis sur des charbons ardents !).

 

Bref, revenons au livre qui a inspiré ma série préférée ! Servie par une écriture nerveuse et efficace, ne s’embarrassant pas de grandes phrases, l’intrigue nous est contée par Dexter en personne. On se retrouve donc dans la tête de ce serial killer atypique, et c’est plutôt jubilatoire pour le lecteur. Très conscient de qui il est, Dexter ne nous cache rien, et on se surprend même à s’attacher à ce héros livresque hors-normes, ce qui est paradoxal connaissant sa nature. Avec humour, froideur, et pourtant plein d’émotions assez inhabituelles (celles d’un tueur en série, n’oublions pas !), on suit l’enquête toute particulière du Miami Dade, avec des personnages secondaires esquissés, certes, mais très habilement.

 

Le dénouement est excellent, la fin ironique et pas très morale, mais j’ai adoré !

 

Le petit plus : la série éponyme est excellentissime, précipitez-vous dessus ! D’ailleurs, le générique à lui seul est un petit bijou…

 

L’extrait (sans spoiler) : Après avoir mis le café en route, j’allai voir si le journal était arrivé, sans vraiment y croire cependant : il était rare qu’il arrive avant 6h30, et le dimanche c’était plutôt après 8 heures. Encore un signe que notre société se désintégrait totalement, une réalité qui avait tant miné Harry. Non mais vraiment ! Si vous ne pouvez pas me livrer mon journal à l’heure, comment voulez-vous que je me retienne de tuer des gens ?

 

D’autres avis ? celui d’Evertkhorus

Le cantique des innocents, de Donna Leon

le cantique des innocents

Un pédiatre et sa femme sont agressés en pleine nuit, leur bébé de dix-huit mois est enlevé sous leurs yeux… Pourquoi diable des carabiniers – les gendarmes italiens – ont-ils fait irruption chez ce couple au milieu de la nuit et se sont-ils emparés de ce petit garçon ? Pour quelle raison le médecin refuse-t-il obstinément de parler à la police ? Et enfin, qui a bien pu ordonner la mise en œuvre d’une opération aussi effroyable ? Telles sont les questions qui taraudent le commissaire Guido Brunetti et son fidèle adjoint l’inspecteur Vianello lorsqu’on leur confie cette affaire.

 

Première rencontre avec l’auteur de polars Donna Leon. Ce dont je dois remercier Livraddict et les éditions Calmann-Lévy, qui m’ont offert ce nouvel opus des enquêtes du commissaire Brunetti.

 

Ici, point de meurtre, mais une enquête sur les traces des trafiquants d’enfants, et sur une arnaque à la sécurité sociale italienne, perpétrée par des pharmaciens et des médecins. En résumé, quasiment le quotidien d’un commissariat, pardon en Italie on dit la questure, du train-train quoi ! Sauf que là, on est en Italie, et que rien n’est simple. Déjà l’organisation entre les carabiniers, qui sont plus ou moins l’équivalent de notre Gendarmerie Nationale (les gros blindés en plus ! ), et les policiers, ce n’est pas facile. En effet, comme chez nous, tout est une question de territoire et de compétences. Et dans ce roman, on sent bien qu’ils ne s’aiment pas beaucoup, et que la population n’est pas non plus une grande fan des carabiniers.

 

En fait, Donna Leon s’attache à nous faire vivre l’ambiance qui règle en Italie, entre son peuple et ses forces de l’ordre. Au pays de la mafia, de la corruption, des politiques extrémistes, il est apparemment difficile de trouver quelqu’un d’honnête, avocats y compris ! Ainsi, même les flics honnêtes ont recours à certains moyens détournés pour mener leurs enquêtes. Il semble que les italiens aient du mal à respecter les règles, vu que personne ne le fait !

 

Oui, vraiment, ce polar, dont il ne faut pas s’attendre à ce qu’il soit haletant, retrace vraiment une tranche de vie en Italie, et plus particulièrement à Venise. Alors, ne vous impatientez pas en le lisant, car Donna Leon mène très bien sa barque, et nous emmène sans qu’on s’en rende compte là où elle veut. On passe peut-être un peu trop de temps à manger en compagnie de Brunetti (et par le menu !), mais les relations de Brunetti avec chaque personnage (leurs portraits sont à croquer !) sont intéressantes, la façon dont il conduit ses enquêtes, dont il interroge les témoins sont des petits bijoux de psychologie. On suit le cours de ses pensées avec amusement, souvent.

 

Un peu rétrograde (ouh la la, internet, c’est trop dur !), père  aimant bien que quelquefois distrait, il interroge son rapport à la parentalité, au besoin d’enfants (est-ce un besoin ? ou une envie ?), partage ses questionnements avec son épouse, à l’occasion de cette investigation. Fin observateur, il est aussi un enquêteur doué, plein de tact.

 

Je dirais donc que ce polar est avant tout un roman contemporain : une analyse pointue des italiens, et des vénitiens en particulier (ah Venise où il est plus facile de se déplacer à pied ou bâteau et où la voiture ne règne pas en maître !), qui foisonne de questions sur la vie même, sur la morale aussi… Le regard d’une américaine sur sa sa ville et son pays d’adoption !

 

Un bon moment donc avec Brunetti, et l’envie de renouveler l’expérience avec d’autres opus de la série !

 

venise   livraddict small  calmann lévy

La voix, d’Arnaldur Indridason

la voix

 

Tuer un père Noël, il n´y a qu´un Islandais pour oser imaginer ça ! Le commissaire Erlendur, qui déteste les fêtes de fin d´année, doit enquêter sur un père Noël assassiné dans un hôtel de luxe juste avant un goûter d´enfants. Sale boulot pour le commissaire, dont la fille essaye de ne pas replonger dans la drogue. La victime était portier et occupait une petite chambre dans les sous-sols depuis vingt ans. Son licenciement lui avait été signifié la veille. Le commissaire prend ses quartiers d´hiver pour une enquête qui va faire remonter à la surface de vieux démons.

 

Et voilà, je suis retournée en Islande, pays si particulier… avec Erlendur, dont la fille Eva Lind vient rôder dans les parages, car elle cherche à en savoir plus sur lui, sur les raisons pour lesquelles il ne s’est pas battu il y a des années de cela lors du divorce pour obtenir un droit de visite sur ses enfants. Eva Lind et Erlendur qui se ressemblent tant finalement, père et fille, côte à côte, se soutenant mutuellement en silence, et souffrant tous deux de ce manque de mots entre eux.

 

De mots, Indridason n’en manque pas pour nous embarquer dans cette enquête si particulière, où le mensonge prédomine chez tout un chacun, où le lecteur se retrouve en train de pister celui-ci, si habilement distillé par l’auteur au travers de ses personnages et de son intrigue.

 

Polar psychologique, efficace à sa manière, car Erlendur se retrouve encore une fois à la tête d’une enquête qui n’est pas sans le marquer, l’emmener dans ses souvenirs ou à faire des parallèlles avec sa vie d’hier et d’aujourd’hui. En parlant de parallèle, on suit également le procès d’un père violent, qui tient particulièrement à coeur d’Elinborg, et bizarrement, ça ne pose pas de problème… Peut-être parce qu’on sait très bien que dans la vraie vie, ça se passe comme ça, qu’on sait très bien que les policiers sont loin de n’avoir qu’une affaire en cours… et également que STOP JE VAIS SPOILER ET JE DETESTE !! Alors, si vous voulez savoir, vous n’avez qu’à le lire, na !

 

Une ambiance indéfinissable se dégage de ce polar, qui vient certainement de la relation qu’entretiennent les différents personnages avec la période de Noël, tout comme les nôtres qui interfèrent avec ce qu’on lit… Obligé, qu’on aime ou pas Noël, on ne peut s’empêcher de se comparer avec eux. Et puis, je pense vraiment que les liens entre les protagonistes y sont aussi pour quelque chose.

 

En conclusion, j’ai beaucoup aimé cet opus d’Indridason, qui nous plonge encore plus dans cette Islande où les américains pensent que les crimes n’existent pas, où l’on s’enfonce encore davantage dans le côté glauque de ce pays que je ne connaissais auparavant que comme la patrie de Björk ! emoticone

 

Le petit plus : plus on avance dans les enquêtes de ce vieux commissaire, plus on apprend à le connaître, et c’est vraiment parfait ! D’ailleurs, grâce à la couverture, j’ai découvert son nom de famille  emoticone. Je n’ai maintenant qu’une envie, non pardon, deux !, acheter L’homme du lac et Hypothermie.

 

Pour découvrir Arnaldur Indridason chez moi, visitez : La cité des Jarres et La femme en vert

 

 

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Trilogie Lloyd Hopkins, tome 1 : Lune Sanglante, de James Ellroy

lune sanglante

 

Un jeune homme auteur de poèmes est amoureux de l’artiste en herbe de son lycée. Deux de ses camarades se font passer pour la jeune femme et le piègent. Ils le violent. Vingt ans plus tard, le poète est devenu un photographe. Il est aussi devenu un tueur obsessionnel. Il repère des jeunes femmes seules, pénètre leur intimité et les assassine en faisant passer leurs morts pour un suicide. A chaque crime, il envoie un présent à son amour de jeunesse… Personne ne semble pouvoir le stopper. Sauf Lloyd Hopkins. Surnommé par ses collègues « Le Cerveau », Hopkins est doté d’une intelligence remarquable et d’une intuition à la limite du surnaturel. Il est obsédé par le crime, le sexe et la nuit. Marié et père de trois fillettes, il accumule les aventures avec les femmes qui croisent sa route… Il tombe un jour par hasard sur un des meurtres du poète mais là où les autres ne voient qu’un suicide lui devine être sur la piste de quelque chose de plus énorme.

 

Chronique d’une relecture, parce que je n’avais lu que les deux premiers tomes de cette trilogie, et qu’ayant acquis le dernier, j’ai décidé de tout reprendre au début.

 

C’est un chef d’oeuvre, je le dis tout net. Je l’ai terminé hier soir, et j’en suis encore retournée. Livre marquant, bouleversant, il a été l’un des premiers à utiliser l’idée de construire en parallèle l’itinéraire du tueur et celui du flic. Cru, violent, passionnant, Lune sanglante ne laisse pas le lecteur indemne, c’est sûr. Dès le commencement de l’histoire, on sent le drame qui se noue, et qui va faire de ce volume un livre inoubliable.

 

Lloyd Hopkins est un policier hors du commun, qu’on sent marqué par une tragédie personnelle, que James Ellroy effleure pour nous du bout des mots tout au long de ce thriller. Ses rapports avec la loi, la justice, le Bien et le Mal sont tout particuliers, tout comme ceux avec les personnes qui l’entourent. Il est Amour, et c’est ce qui le guide, c’est peut-être d’ailleurs pourquoi il n’y a que lui qui pouvait comprendre le meurtre sur lequel il enquête par hasard, car le serial killer est lui aussi hanté par l’Amour, à sa manière. On ne peut qu’être fasciné, troublé, par l’analogie entre ces deux personnages.

 

Du reste, leurs cheminements à l’un et à l’autre nous mènent à les comprendre, bien plus que la morale ne le voudrait peut-être. Malgré l’agression émotionnelle, cérébrale que constituent leurs actes, on se surprend, non pas au dégoût, mais à l’empathie… Difficile à supporter quelquefois, quand on croit savoir où se situent les limites.

 

L’écriture de James Ellroy, violente, lucide, intelligente, porte l’intrigue d’une manière absolument parfaite et adaptée. Elles collent l’une à l’autre, c’est incroyable. J’ai rarement lu quelque chose d’une telle intensité, dans la langue, le langage, l’action et le scénario.

 

En conclusion, j’ai besoin de me remettre un peu avant de passer à la suite, A cause de la nuit, tant mon coeur se serre encore rien qu’à la pensée de ce roman.

 

cop Le petit plus : Il a été adapté au cinéma, par James B. Harris, en 1984,  avec James Woods (un de mes acteurs préférés) dans le rôle de Lloyd Hopkins, sous le titre de Cop. Relire m’a donné une envie folle de voir le film (vive les DVD !).

 

Ils ont dit :

« Des écrivains comme ça, dans le roman noir, on en découvre un tous les dix ans. » (Michel Lebrun, Le Matin)

« Opéra noir, peuplé de fantômes, où le sexe et la mort rôdent sans cesse dans l’immensité inhumaine de Los Angeles la mal nommée, Lune Sanglante est un fulgurant joyau, une moderne tragédie, qui porte fièrement en exergue une citation du Richard II de Shakespeare. » (Bertrand Audusse, Le Monde)

Un des plus remarquables romans noirs de la décennie, par sa préoccupation intellectuelle élevée, son écriture savante et, pour le dire balistiquement, son épouvantable puissance d’arrêt… » (Jean-Patrick Manchette, Libération)

 

tour du monde

Les lieux sombres, de Gyllian Flynn

les lieux sombres

Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l’innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s’est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d’un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C’est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu’une vérité inimaginable commence à émerger. Et Libby n’aura pas d’autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l’affaire, quelles qu’en soient les conséquences. Bien loin des clichés et du manichéisme qui encombrent la plupart des thrillers contemporains, Gillian Flynn nous offre ici une intrigue d’une densité rare, des personnages complexes, tragiques, terriblement humains. Considérée dès son premier roman, Sur ma peau, comme l’une des voix les plus originales du thriller contemporain, elle confirme avec ce livre, où l’on retrouve son style intense et viscéral, son immense talent.

 

 

 

J’ai lu il y a un moment déjà Sur ma peau, le premier roman de Gillian Flynn, et j’avais littéralement adoré. Et puis, sur les blogs se sont mis à fleurir des articles enthousiastes pour Les lieux Sombres… Ni une, ni deux, dans mon panier virtuel chez mon ami PriceMinister, puis dans ma BAL, pour transiter par ma bibliothèque tout nouvellement rangée, et finir entre mes mains, sous mes yeux avides !

 

Je n’ai pas été déçue : Gillian Flynn a vraiment du talent. Là encore, la figure de la mère (lisez, oui, vraiment lisez Sur ma peau !) est déterminante, les personnages sont faibles, mesquins, marqués par de petits drames puis une tragédie. Les chapitres suivent tour à tour Libby aujourd’hui (et là, c’est elle qui raconte), et sa mère et son frère (par un narrateur) juste avant les meurtres. On approche, ou croit approcher au fur et à mesure de la grande révélation : qui a commis le massacre familial ?  On découvre les protagonistes, dans leurs plus sombres aspects, dans leurs secrets, dans leur vie misérable…

 

Et puis, on assiste au dénouement, le coeur serré d’angoisse, en se répétant mentalement : non, ce n’est pas possible, pas ça… Et puis, si ! C’est ça… Chronique d’un désastre annoncé.

 

Alors, un conseil : n’hésitez pas à lire ce thriller poignant, tout comme son aîné Sur ma peau.

 

Le petit plus : Merci aux copinautes de Livraddict d’avoir mis ce livre sur mon chemin !


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vertige franck thilliez

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