Archives pour la catégorie Romans historiques


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Un médecin sous la Régence # 2 : Le culte des dupes, de Dominique Muller

le culte des dupes dominique muller

Auteur de plusieurs biographies historiques remarquées et de romans cachant sous un cynisme apparent une sensibilité toute féminine, Dominique Muller a créé pour 10/18 un nouveau grand détective qui ne risque pas de passer inaperçu : le médecin Sauve-du-Mal, dont les enquêtes vont nous permettre de mieux connaître une époque fertile à plus d’un égard : la Régence. Epoque qui prête à tous les dévergondages romanesques avec, au premier plan, le personnage du Régent lui-même, et le climat de cynisme et de libertinage qui l’entoure. Et encore les figures imposées de son temps : empoisonnements, agiotages, rumeurs d’inceste, débauche. Dorures et ordures, parfums et saletés, raffinement du discours, plaisirs des corps : suivons Sauve-du-Mal des alcôves de la Cour aux bordels des faubourgs. « Que la fête commence » !

 

 

Ce roman classé policier est aussi un roman d’aventures, car il n’est pas sans rappeler un Alexandre Dumas, ce qui pour moi est gage de qualité. C’est bourré d’humour, d’humanité aussi, très bien documenté -l’auteure est historienne- et bien écrit : on s’y croirait à cette époque de la Régence, que pour ma part je connais mal. Fort heureusement, Dominique Muller ouvre son livre par une préface historique sur cette période, brève (de 1715 à 1723). C’est passionnant, car nuancé, intelligent, accrocheur en un mot.

 

 

Le culte des dupes est le deuxième volet des aventures du Dr Bonnevy, dit Sauve-du-Mal, chimiste du Régent, né juif (ce qu’il garde secret) hollandais ayant acheté ses « papiers de bon catholique » et qui s’adonne aux enquêtes non pas à ses heures perdues, mais tout entier quand l’innocence est menacée et que la duperie est aux commandes. Le personnage de ce médecin est loin d’être manichéen -tout comme le roman-, il a les deux pieds dans deux mondes (la noblesse et les petites gens), il est doué d’empathie -ce qui forcément déteint sur le lecteur !- et très humain.

 

 

On croise grâce à lui nombre de personnalités historiques mais également des personnages imaginaires, croqués à la perfection, le tout s’imbriquant comme un beau puzzle dans une intrigue qu’on a plaisir à suivre. Le tout est de savoir comment le détective amateur arrivera à en dénouer les fils, à la manière d’un Columbo du 18ème siècle, car on connaît les méchants, ainsi que les tenants et les aboutissants du mystère.

 

 

Dominique Muller en profite pour égratigner le pouvoir, les riches et leur futilité jusqu’à la stupidité, la religion hypocrite car plus soucieuse de son image que de spiritualité. Si elle n’épargne pas tout ce beau monde, elle n’hésite pas à donner des circonstances atténuantes aux escrocs et autres bandits, ce qui est rafraîchissant.

 

 

Bref : un très bon moment passé à une période de l’Histoire de France plutôt méconnue.

 

 

Le petit plus : Les autres volumes d’Un médecin sous la Régence viennent de rejoindre allégrement ma PAL !

 

 

 

La compagnie des Menteurs, de Karen Maitland

la compagnie des menteurs

1348. La peste s’abat sur l’Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays, en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf parias réunis par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin d’échapper à la contagion. Neuf laissés-pour-compte qui fuient la peste mais aussi un passé trouble. Bientôt, l’un d’eux est retrouvé pendu, puis un autre noyé, un troisième démembré… Seraient-ils la proie d’un tueur plus impitoyable encore que l’épidémie ? Et si celui-ci se trouvait parmi eux ? Toutes les apparences ne vont pas tarder à s’avérer trompeuses et, avec la mort qui rôde de toutes parts, les survivants devront faire preuve d’une incroyable sagacité, au milieu des secrets et des mensonges, pour trouver le mobile des meurtres et résoudre l’énigme avant qu’il ne soit trop tard…

 

Décidément, Sonatine est une maison d’édition qui a le don de nous faire découvrir de bons, voire très bons thrillers, à l’image des Lieux sombres de Gillian Flynn, ou Un sur deux de Steve Mosby. Cette fois-ci, c’est Karen Maitland qui est une bien belle découverte avec sa Compagnie des menteurs. Un thriller historique, tout ce que j’aime !

 

A travers le récit de Camelot, on suit les aventures de ces personnages qui ont tous des secrets, à travers une Angleterre dévastée par la pestilence, que j’avais déjà découvert d’une autre façon avec Un monde sans fin de Ken Follett. L’auteur mêle habilement religion et superstition (après tout, à cette époque, l’Eglise admettait l’existence des vampires et des loups-garous !), faits historiques et fictions…

 

Maitland a su doter ses protagonistes d’une épaisseur, de nuances qui les rendent riches d’intérêt. On s’attache facilement à nombre d’entre eux, on déteste tout aussi aisément les personnages antipathiques de l’histoire, et l’empathie fonctionne à plein régime dans ce roman très vivant, où la mort est au rendez-vous à chaque détour.

 

L’intrigue, quant à elle, est passionnante, pleine de rebondissements, de revers et d’espoirs, de moments heureux et tristes… Jusqu’au bout, l’auteur nous tient en son pouvoir, à sa mercie. Le dénouement final ira jusqu’à nous faire sursauter !

 

Bref : un très bon roman du genre, noir comme la peste, comme le mensonge, qui exerce une telle emprise qu’on a du mal à décrocher.

 

Le petit plus : le talent de Karen Maitland à écrire à l’intérieur de son récit de très beaux contes et de terribles prophéthies.

 

The Luxe # 1 : Rebelles, d’Anna Godbersen

rebelles anna godbersen

Des filles rebelles dans des robes sublimes font la fête jusqu’à l’aube. Des garçons irrésistibles aux sourires machiavéliques ont des intentions suspectes. Mensonges, secrets et scandales. Nous sommes à Manhattan… en 1899.

 

J’avais envie d’une bose dose de romantisme, c’est chose faite avec Rebelles, le premier opus de The Luxe d’Anna Godbersen. Après une expérience moyenne avec la chick-lit en lisant People or not people de Lauren Weisberger, j’ai tout de même tenté ma chance avec celui-ci, séduite par la couverture et le côté historique.

 

De ce côté-là, il ne faut pas en attendre grand-chose, car le roman repose essentiellement sur les relations entre les personnages, relations amicales, amoureuses, familiales, sociales, que sur une grande trame historique.

 

Du côté romantisme, on est servi ! Du pur Harlequin ! Si je vous jure ! Les personnages sont plutôt intéressants -même si tous ne sont pas aussi bien travaillés les uns que les autres-, ont tous des secrets, mais j’ai mis à jour l’intrigue dès le départ, et je n’ai pas eu beaucoup de surprises tout au long de ce livre. Je ne l’ai néanmoins pas reposé car on prend tout de même plaisir à suivre les aventures de jeunes filles de la bonne société new-yorkaise -entre vieille aristocratie et nouveaux riches- grâce à des personnages en apparence bien stéréotypés mais qui fonctionnent : la garce, la romantique à l’air sage et la petite rebelle.

 

On passe quand même pas mal de temps dans les froufrous, mais on ne s’ennuie pas, car Anna Godbersen rend assez bien les sentiments de ses héros et l’ambiance de cette société.  On a même droit à un petit côté « lutte des classes »…

 

Bref : un  bon divertissement, histoire de s’aérer la tête, plutôt orienté jeunes adultes…

 

Le petit plus : une fin en cliffhanger pour trois autres tomes ! Et surtout, vous en conviendrez, une couverture magnifique…

 

 

La mort, entre autres, de Philipp Kerr

la mort entre autres philipp kerr

1949. Munich rasée par les bombardements et occupée par les Américains se reconstruit lentement. Bernie Gunther aussi : redevenu détective privé, il vit une passe difficile. Sa femme meurt, il a peu d’argent et surtout, il craint que le matricule SS dont il garde la trace sous le bras ne lui joue de sales tours. Une cliente affriolante lui demande de vérifier que son mari est bien mort, et le voici embarqué dans une aventure qui le dépasse. Tel Phil Marlowe, et en dépit de son cynisme, Gunther est une proie facile pour les femmes fatales. L’Allemagne d’après-guerre reste le miroir de toutes les facettes du Mal et le vrai problème pour Gunther est bientôt de sauver sa peau en essayant de sauver les apparences de la morale.

 

J’ai retrouvé avec grand plaisir Bernie Gunther, le héros de La Trilogie Berlinoise. On est en 1949, l’Allemagne est occupée par les quatre grandes puissances alliées, et il ne fait pas bon être un ancien SS, même au sein de son propre camp… Bernie, un peu rouillé, va reprendre le collier et se retrouver à chercher des nazis disparus -après les juifs de La Trilogie Berlinoise !- ce qui ne lui plaît guère.

 

Une série d’épreuves, de rencontres plus surprenantes les unes que les autres, de mensonges, de mystifications (n’oublions pas, en 49, nombre de nazis sont recherchés et poursuivis) l’attendent tout au long de cet excellent roman noir qui bénéficie d’une trame historique très bien documentée et passionnante -chapeau bas, M. Kerr !

 

Heureusement, Bernie garde son sens de l’humour, sa causticité, son sens de la répartie, et nous permet de respirer un peu dans cette atmosphère lourde, faite de peurs, de maladies, de défaite… A l’image de nombreux allemands, Gunther a du mal à encaisser dès le départ les atrocités commises au nom de la guerre, de la race aryenne soi-disant supérieure. Mais il a pour lui l’avantage (oh ! ironie…) d’avoir connu les camps et des êtres capables de tout dans le précédent opus. Résultat : même s’il veut croire à l’humanité, c’est son expérience de celle-ci qui le mènera vers la vérité.

 

Car Bernie, tout comme nous, est baladé du début à la fin de La mort, entre autres, un peu comme ce peuple allemand qui n’est plus maître de lui-même chez lui, pour qui d’autres décident sans qu’il ait vraiment son mot à dire. Kerr a encore su écrire un très bon polar, avec des personnages subtils, certains historiquement connus, d’autres moins, et d’autres encore totalement imaginaires. L’auteur sait mêler la réalité à la fiction, pour notre plus grand plaisir, à la fois culturel et littéraire.

 

Bref : une suite de La Trilogie Berlinoise qui tient toutes ses promesses !

 

Le petit plus : une fin en forme de cliffhanger qui donne envie de se précipiter sur  Une douce flamme, pour continuer à vivre les aventures du détective privé.

 

une douce flamme

 

 

Pardonnez nos offenses, de Romain Sardou

pardonnez nos offenses

1284 : Les ‘froidures du diable’ isolent Draguan, petit diocèse du comté de Toulouse, du reste du monde. Deux fillettes découvrent d’abord les restes de corps suppliciés dans la rivière… Puis l’assassinat sauvage de Romée de Haquin, son évêque, laisse le village en proie aux peurs les plus irraisonnées. C’est alors qu’un mystérieux prêtre, Henno Gui, fait son entrée. Accompagné d’un jeune garçon et d’un homme à l’aspect monstrueux, il va tenter de comprendre cette étrange malédiction.

 

 

Grâce à Pimprenelle qui organise tous les mois Découvrons un auteur, j’ai encore fait une découverte sympathique avec l’auteur Romain Sardou.

 

 

Pardonnez nos offenses, le premier roman de l’auteur, est à la fois un très bon roman historique (si vous aimez le Moyen-Âge, nul doute que vous y trouverez votre compte, tout comme moi, tant les détails sont frappants et d’un grand intérêt) et un roman à suspens dans le genre de l’excellentissime Le Nom de la Rose d’Umberto Ecco – Pardonnez nos offenses étant cependant plus accessible que ce dernier.

 

Nous suivons ici le parcours de plusieurs personnages en parallèle, nous interrogeant sans cesse sur leur imbrication réelle, tout en plongeant dans un univers où religion, fanatisme, paganisme et sectarisme s’affrontent, se côtoient. Un vrai tableau de Jérôme Bosch, un de mes peintres favoris, dont on peut admirer un petit extrait en couverture de ce livre par ailleurs. Les protagonistes sont riches, auréolés de mystère, se révèlent peu à peu et nous apparaissent dans leur entièreté quand les rouages de la machine imaginée par Romain Sardou s’imbriqueront et tourneront ensemble comme une machine bien huilée.

 

 

L’écriture est fluide, agréable et l’auteur use de techniques (extraits d’archives, récits, journaux…) qui nous immergent totalement dans ce Moyen-Âge encore obscur et où, néanmoins, le pouvoir politique de l’Eglise est puissant, omniprésent, dévastateur quelquefois…

 

 

Bref : un bon roman qui tient le lecteur en haleine tout en lui dépeignant des univers fascinants, curieux même.

 

 

Le petit plus : Romain Sardou ne s’est pas arrêté en si bon chemin et a depuis écrit d’autres oeuvres que je vous propose de découvrir au travers des billets des autres participants à Découvrons un auteur ici.

 

logo romain sardou

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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