Archives pour la catégorie Littérature étrangère


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Le loup dans la bergerie, de Gunnar Staalesen

le loup dans la bergerie

 

Varg Veum, ancien salarié à la protection de l’enfance de la ville de Bergen en Norvège, est devenu détective privé après avoir été remercié pour avoir eu la main lourde sur un type qui prostituait une gosse en perdition. Les affaires ne vont pas fort. La police officielle ne l’aime pas. Divorcé, il refuse toutes les affaires sentimentales et s’en console à l’aquavit.

 

Jusqu’au jour où un avocat de renom lui demande de suivre son épouse pour un constat d’adultère. Ce que Veum refuse, il l’accepte le lendemain quand un autre homme se présente avec le même portrait de femme en lui demandant de retrouver sa sœur perdue de vue…

 

Grande fan de Jo Nesbo, j’ai décidé d’aborder un autre auteur de polar norvégien. J’avoue que je tendais un peu le dos, tant j’aime le héros de Nesbo, j’ai nommé Harry Hole. J’avais tort. Varg Veum n’a pas grand chose à voir avec mon flic norvégien préféré, mais j’ai craqué. Tout d’abord, parce que le roman est plein d’humour, noir, caustique, truffé de jeux de mots… J’ai souri plus d’une fois, avec délice. Et puis, ce détective, on ne peut que l’apprécier, grand défenseur des enfants, lui qui ne sait pas s’y prendre avec son jeune fils.

 

Ensuite, l’intrigue m’a bien embarquée, je me suis faite balader à droite, à gauche, tout comme Varg Veum, quasiment jusqu’au bout. Enfin, le contexte. On est à Bergen, et on plonge dans les bas-fonds. Nous, qui sommes bercés par l’image idyllique des sociétés nordiques qu’on nous vante à la télé… Et la chute est assez vertigineuse. C’est du sale, du cru quelquefois, du pourri… ça ne sent pas très bon, tout ça.

 

Oserai-je vous parler de la fin ? Non, je vais trop en dire sinon… J’ajouterai seulement que Le loup dans la bergerie est le premier roman de Staalesen, paru en 1977. Mais un livre bien ancré dans la réalité de l’époque, avec un héros de son époque également, un peu dans la lignée des Nestor Burma…

 

Le petit plus : une halte en Norvège lors de mon Tour du Monde. Et deux autres romans -la suite des aventures de Varg Veum- dans ma PAL… vous en entendrez donc encore parler !

 

bergen 2

tour du monde

 

 

 

 

Avant le gel, de Henning Mankell

avant le gel

Des animaux immolés par le feu, la tête et les mains d’une femme gisant près d’une bible aux pages griffonnées… Le commissaire Wallander est inquiet. Ces actes seraient-ils un prélude à des sacrifices humains de plus vaste envergure ? La propre fille de Wallander, impatiente d’entrer dans la police, se lance dans une enquête parallèle. Entraînée vers une secte fanatique résolue à punir le monde de ses péchés, elle va rapidement le regretter.

 

Après l’excellente Femme en vert, je tendais donc un peu le dos en m’apprêtant à ouvrir ce roman de Mankell… à tort ! J’ai découvert une autre face de la littérature nordique, et je ne le regrette pas. Ici, comme chez Indridason avec son vieil Erlendur, Mankell aborde les relations père-fille entre son commissaire Wallander et sa fille Linda. Certes, Linda n’est pas paumée comme Eva Lind, mais ce n’est pas tout rose, loin de là. Seulement l’amour entre les deux est plus évident que chez Indridason.

 

Bref, on suit ici essentiellement Linda, qui s’apprête à entrer dans la police, et dont l’une des amies d’enfance disparaît. Inquiète, elle assiste en parallèle à l’enquête de son père sur une affaire étrange et extrêmement violente. Impatiente, bouillonnante comme son père, elle ne sait pas rester les bras croisés, pour quoi que ce soit d’ailleurs. Ce roman est l’occasion de la voir apprendre à connaître son père dans le cadre de sa profession, et faire ses premiers pas à sa suite.

 

Sans concession pour ses personnages -Wallander n’est pas forcément sympathique, pas plus que sa fille-, Mankell, sobrement, emmène le lecteur à sa suite, sur fond de mensonges et de fanatisme religieux,  à travers les paysages suédois…  C’est bizarre, ça se passe en été, mais j’en ai eu froid dans le dos, quasiment tout le long ! Le passé rattrape souvent le présent, éclairant les événements, les sentiments, les caractères d’un jour tout à fait particulier.

 

En conclusion, un voyage flippant en Suède, où l’ambiance lourde pèse bien plus que le bouquin qu’on tient entre les mains, où l’on se sent oppressé comme par un jour de brouillard… et qu’on est bien content de terminer, et de se retrouver bien au chaud dans son salon, avec le livre refermé pour la dernière fois !

 

Le petit plus : et hop !Un petit arrêt en Suède, et donc une nouvelle balise pour mon Tour du Monde…

 

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La femme qui pleure, de Viktor Lazlo

la femme qui pleure

 

Ida Sayag attend son procès depuis sa chambre d’hôpital psychiatrique. Elle s’essaie à dénouer les fils qui l’ont menée jusqu’à l’irréparable, déliant le long ruban des hommes de sa vie depuis la Martinique de son enfance. Il y eut d’abord son père, puis Greg, Emmanuel, John, Selim et tant d’autres, il y eut son fils Alexandre qu’elle a couvé d’un amour exclusif, et surtout Adrien, l’amant terrible, celui qui l’a manipulée et brisée. Ida ausculte minutieusement le mécanisme de la dépendance amoureuse dans laquelle elle a peu à peu sombré jusqu’à perpétrer le plus abominable des actes…

 

Voici donc le premier roman de Viktor Lazlo… Vous vous souvenez de Pleurer des rivières ? Eh bien, cette fois-ci, on peut dire que son héroïne ne peut plus faire que ça, après ce qu’elle a fait. Construit comme un journal intime, décousu, faisant des allers-retours entre le passé -son enfance, son adolescence, sa vie de femme, de mère, d’amante- et le présent -internée dans un asile-, le récit est terrible. Car la vie d’Ida est tournée toute entière vers les hommes… Jamais elle ne pense vraiment à elle, jusqu’à s’oublier complètement. Et là, quatre semaines après le drame, elle se réveille, abrutie de médicaments, à vivre des moments de désespoir et de folie, à revivre son passé et sa descente aux enfers…

 

J’étais très curieuse de lire Viktor Lazlo, dont j’ai toujours trouvé qu’elle avait une belle voix, et qu’elle était une belle femme… J’y ai trouvé une belle écriture, une histoire bien construite, mais moi, qui d’habitude pleure comme une madeleine, je suis restée l’oeil sec. Etonnant ! Alors, je me pose des questions… Je pense que j’ai besoin de digérer un peu cette lecture ; en une heure environ j’ai avalé ce court récit, je voulais savoir… Et puis, en même temps, je suis surprise de ne pas avoir ressenti grand-chose. Alors, je me dis que c’est parce que c’était trop fort, sûrement. Trop dur ! Je me suis fait une carapace, parce que, honnêtement, c’est une histoire terrible. D’ailleurs, rien que d’y repenser, j’ai le coeur qui se serre. Alors que pendant, rien. Je vous le dis, je me suis protégée. C’est dérangeant, dur, oppressant. La part sombre qui est en elle -en nous ?

 

Lisez-le, ça ne vous prendra pas beaucoup de temps ou peut-être que si, finalement, si vous ne faites pas comme moi, pour avaler la pilule plus vite, pour moins souffrir, comme lorsqu’on arrache vite le sparadrap… Mais vous n’en ressortirez pas tout à fait indemne, tout compte fait, comme moi !

 

Alors, un grand MERCI à Babelio et sa masse critique, ainsi qu’aux éditions Albin Michel, de m’avoir envoyé gracieusement ce petit -ce grand- serrement de coeur…

 

Le petit plus : Viktor Lazlo  est belge, alors j’inscris une petite croix supplémentaire à mon Tour du Monde !

 

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La femme en vert, d’Arnaldur Indridason

la femme en vert

Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d’une fête d’anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain.
Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d’Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte.

 

 

En bref : je recommande vivement !

 

En long, en large et en travers : Après avoir lu Le Poète, je me suis retrouvée à nouveau avec deux récits en parallèle, mais cette fois-ci l’un suit l’enquête dite « des ossements », et l’autre, celle d’une famille pendant la Seconde Guerre Mondiale. La tension monte au fur et à mesure que l’enquête avance et que le drame de cette famille arrive à son dénouement, tragique puisqu’on se doute dès le départ que les deux sont liées. Mais cela ne m’a pas gênée, le moins du monde : c’est traité de manière différente en fait.

Pendant tout ce temps, Erlendur est au chevet de sa fille, a du mal à se concentrer sur son enquête, et là encore un parallèle est fait… J’ai apprécié en découvrir plus sur les facettes de ce vieux taciturne dont les relations avec ses enfants, et surtout sa fille, sont toujours chaotiques  tout comme voir se dévoiler un peu plus ce beau gosse de Sirgundir Oli qui prend le chemin de son vieux chef (?). On comprend mieux celui-ci, dont l’attitude n’est pas toujours évidente dès La Cité des Jarres.

Tout le fil conducteur de ce roman, c’est la mémoire… Celle des personnes, le plus souvent âgées, que vont interroger les enquêteurs, celle d’Erlendur, celle de cette période sombre qu’est la Seconde Guerre Mondiale dont il reste peu d’archives sur les personnes « ordinaires », celle que renferment les vieux papiers que les familles ne se décident pas à jeter…

Indridason a du talent pour nous conter ces histoires qui font serrer le coeur… J’ai d’ailleurs refermé le livre en pleurant !

 

Le petit plusLa Femme en vert a raflé de nombreux prix. Entre autres, le prix Clé de verre 2003 du roman noir scandinave et, en Grande-Bretagne, le prix CWA Gold Dagger 2005. Il a également reçu le Grand Prix des lectrices de Elle 2007, dans la catégorie policier.

 

 

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Le Poète, de Michael Connelly

le poète

Le policier Sean McEvoy est retrouvé mort dans sa voiture. Chargé d’une affaire de meurtre abominable, son enquête n’avançait pas. Lorsqu’il apprend le suicide de son frère, Jack, son jumeau, journaliste de faits divers, refuse d’y croire. En cherchant à comprendre, il découvre d’autres cas de policiers apparemment poussés au suicide par des meurtres non résolus. Tous ont été retrouvés avec, à leur côté, des lettres d’adieu composées d’extraits de poèmes d’Edgar Poe. Un effrayant tableau d’ensemble commence à se dessiner. Jack fait pression sur les agents du FBI pour qu’une enquête soit ouverte sur ces suicides en série.

 

En bref : j’ai adoré !

 

En long, en large et en travers : J’ai été baladée du début à la fin de ce polar américain. J’ai particulièrement aimé les deux récits parallèles : celui de Jack McEvoy, journaliste qui nous raconte « son » enquête sur les traces de son frère, flic et présumé suicidé, et celui de Gladden, méchant individu qui lorgne les petits enfants. Alors, oui, c’est rude. Ca parle de pédophilie, de meurtres ignobles et violents. Mais c’est aussi un vrai bon roman policier, dans lequel les personnages sont tracés avec justesse, et l’intrigue bien ficelée, comme on dit. Pour preuve, j’ai du revenir à plusieurs reprises sur les convictions que je m’étais forgées… Je n’en dis pas plus, parce que je ne veux pas révéler trop de l’intrigue… En tout cas, ça me donne bien envie de lire d’autres oeuvres du même Connelly !

 

Le petit plus : les poèmes d’Edgar Allan Poe qui ajoutent à l’ambiance déjà bien noire. Et la fin aussi, qui laisse quelques petites choses en suspens, comme dans la vie, où tout ne se règle pas par miracle.

 


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vertige franck thilliez

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