Archives pour la catégorie Littérature étrangère

Le clan Rhett Butler, de Donald McCaig

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Aucun des millions de lecteurs d’Autant en emporte le vent n’a oublié la passion flamboyante de Rhett Butler et Scarlett O’Hara, ni le déchirement de leur séparation. Mais un si grand amour ne pouvait pas finir ainsi : voici la suite de leur histoire.
Et l’on retrouve le Sud des États-Unis, les bals dans les grandes maisons blanches, les plantations de coton, l’esclavage, la guerre de Sécession.
Rhett Butler, rejeton insoumis d’une grande famille, Scarlett O’Hara, ravissante, volontaire, libre, beaucoup trop pour une femme de son temps.
Deux personnalités hors du commun aux prises avec une époque bouleversée.
Scarlett et Rhett se ressemblent et s’aiment bien plus qu’ils ne se l’avouent. Non, ils n’étaient pas destinés à se quitter ce jour-là, séparés à jamais par la mort de leur fillette. Il leur reste tant à vivre !

Autant en emporte le vent est un des romans que j’ai lu et relu, et re-relu plus d’une fois, autant dire l’un de mes livres préférés… Alors, depuis le temps que Le clan Rhett Butler me faisait de l’œil, j’ai fini par céder à la tentation.

J’en ressors avec un sentiment mitigé : à la fois préquelle et séquelle du best-seller de Margaret Mitchell, ce roman ne m’a pas totalement convaincue. J’y ai certes apprécié l’histoire du jeune Rhett et de son entourage à Charleston, même si je ne la juge pas indispensable pour éclairer le personnage adulte, mais j’ai le trouve le reste plutôt banal. Il manque à tout cela le souffle épique qui parcourt les pages écrites par Mme Mitchell. J’ai lu il y a quelques années Scarlett, autre suite donnée, et je l’ai largement préférée à celle-ci, car bien plus dans l’esprit de son aîné.

Ici, cela a eu pour moi un goût de réchauffé, et j’ai failli abandonner ma lecture plus d’une fois (d’autant que c’est un pavé), mais je me suis accrochée, voulant donner encore et encore et malgré tout sa chance à Donald McCaig. Las, la sauce n’a pas pris et j’ai refermé le livre, sans avoir ressenti les frissons que j’en attendais. Alors, le fait que cette suite avait recueilli l’entière approbation, voire l’enthousiasme des descendants de Mme Mitchell, m’a semblé bien douteux…

Bref : une lecture dont on peut se passer sans peine, et à laquelle il vaut mieux préférer une relecture d’Autant en emporte le vent !

Le petit plus : sous sa plume, l’auteur fait revivre des personnages secondaires, comme Belle Watling, et c’est certainement le côté le plus intéressant de ce Clan Rhett Butler.

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La route, de Cormac McCarthy

La route, de Cormac McCarthy dans Littérature contemporaine la-route

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.

Si j’ai eu un peu de mal à accrocher au début de ce roman, trouvant le style légèrement artificiel (peu de ponctuation, usage intensif de la liaison « et », pas de marque de dialogue),  j’ai très vite été happée par l’histoire et les personnages… D’un coup, tout s’est harmonieusement mis en place, le style venant au service de ce roman post-apocalyptique.

Les répétitions, l’impression de « hâché » donnent un rythme, adoptent une routine se calquant sur celle de l’homme et du petit, marchant, marchant, cherchant de la nourriture, se reposant, et recommençant sans cesse. Il  y a là quelque chose d’obsédant, confinant quelquefois à la folie… du monde, du père ? d’ailleurs, dans la narration, je trouve qu’on y sent à maintes reprises les pensées du père qui  ont été retranscrites, pétries de fatigue, de lassitude, de peur, de désespoir, d’urgence aussi à raconter…

On se laisse prendre à cette histoire, s’identifiant facilement aux héros de La route, désignés seulement par  les termes de l’homme et le petit : ils peuvent être n’importe qui, là-bas, un peu plus loin ou de l’autre côté de la terre. On assiste à une lutte pour la survie, coûte que coûte, de ces deux-là, mais aussi des autres survivants, perdus dans ce monde dévasté recouvert de poussière grise, à l’infini. Partis vers l’océan, il semble que le voyage n’en finira jamais, et il est difficile de s’imaginer comment l’humanité survivra dans ce nouvel environnement.

Cormac McCarthy raconte surtout les relations entre un père et son fils, entre un éducateur et un apprenant, c’est un passage de relais sur la planète, c’est aussi un être qui vieillit, un autre qui grandit. Ils apprennent mutuellement l’un de l’autre (quand on est parent, on apprend beaucoup !), se soutiennent,  et finalement, même si les conditions de vie sont extrêmes, l’essentiel et l’important sont là.

Petit bémol : quelques facilités de scénario, ici ou là, avec des rebondissements bien pratiques, qui dénaturent à mon sens l’esprit de La route ; l’auteur cède au mélo, et même si la fin apporte de l’émotion, je l’ai trouvée légèrement afadie par ces concessions.

Bref : un roman que j’ai failli reposer, mais qui a su m’emmener à la suite de ses héros, pour réfléchir et ressentir…

Le petit plus : l’adaptation cinématographique avec Vigo Mortensen, que je me laisserai aller  à regarder si d’aventure elle me tombe sous les yeux.

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La rivière noire, d’Arnaldur Indridason

La rivière noire, d'Arnaldur Indridason dans Arnaldur Indridason la-rii%C3%A8re-noire-195x300Dans un appartement à proximité du centre-ville, un jeune homme gît, mort, dans un bain de sang. Pas le moindre signe d’effraction ou de lutte, aucune arme du crime, rien que cette entaille en travers de la gorge de la victime, entaille que le légiste qualifie de douce, presque féminine. Dans la poche de sa veste, des cachets de Rohypnol, la drogue du viol… Il semblerait que Runolfur ait agressé une femme et que celle-ci se soit ensuite vengée.

En l’absence du commissaire Erlendur, parti en vacances, Elinborg, son adjointe,  va s’employer à comprendre le fonctionnement de la violence sexuelle, de la souffrance devant des injustices qui ne seront jamais entièrement réparées, et découvrir la rivière noire qui coule au fond de chacun.

Depuis La Cité des Jarres, je suis devenue une fan d’Arnaldur Indridason et de son commissaire Erlendur. Aussi, après Hypothermie, je n’ai pas attendu longtemps avant de me plonger dans La rivière noire, l’opus suivant dans l’ordre chronologique.

Mais ici, point d’Erlendur, parti en vacances. C’est principalement Elinborg que l’on va voir mener une enquête particulièrement ardue, et qui, comme pour son vieux collègue dans Hypothermie, va l’emmener dans les dédales d’une disparition, au détour d’un indice.

J’ai particulièrement apprécié de mieux faire connaissance avec la femme de l’équipe, passionnée de cuisine, et mère de famille. D’ailleurs, c’était à peu près les seuls éléments dont on disposait sur elle dans les précédents volets, à part le fait qu’elle est d’une intelligence et d’une sensibilité bien plus fines que celles de Sigurdir Oli. Lui aussi est présent, et pas à son avantage ! Je ne sais si le prochain lui sera plus consacré, mais il est toujours aussi peu sympathique…

Tout ceci pour vous dire que ce roman est une réussite, où l’on voit se dessiner encore la société islandaise, avec cette particularité d’une population si faible qu’on a l’impression que tous se connaissent, où le prénom est l’usage pour parler à quelqu’un même lorsqu’on ne l’a encore jamais rencontré, et où le monde moderne est tout de même présent dans cette île battue par le vent et le froid.

L’enquête en soi est cohérente, l’intrigue est bien menée et l’on sent ici tout le talent d’investigatrice d’Elinborg. C’est intéressant aussi de se tourner vers un personnage comme elle, avec mari et enfants, parents encore en vie, à l’inverse d’Erlendur, et de voir comment son existence, son passé, son éducation, ont modelé sa personnalité, son fonctionnement, ses compétences…

Bref : un moment plus qu’agréable sans Erlendur –même s’il me manque un peu !

Le petit plus : La rivière noire porte bien son nom, car j’ai trouvé ce roman particulièrement noir, pesant, malgré la présence d’enfants comme Théodora, la petite fille de 9 ans d’Elinborg.

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Hypothermie, d’Arnaldur Indridason

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Un soir d’automne. Maria est retrouvée pendue dans son chalet d’été sur les bords du lac de Thingvellir. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite d’une amie de cette femme qui lui affirme que ce n’était pas « le genre » de Maria de se suicider et qui lui remet une cassette contenant l’enregistrement d’une séance chez un médium que Maria était allée consulter pour entrer en contact dans l’au-delà avec sa mère. Celle-ci lui avait promis de lui envoyer un signe. Au pays du fantastique et des fantômes, aussi dubitatif que réticent, le commissaire Erlendur, troublé par l’audition de la cassette, se sent obligé de reprendre l’enquête à l’insu de tous. 

 

Je suis une inconditionnelle d’Arnaldur Indridason depuis que j’ai découvert La Cité des Jarres (au passage, j’en ai vu il y a peu l’adaptation ciné et j’ai adoré VOIR l’Islande, Erlendur et les autres), et je ne dérogerai pas à ma fan-attitude avec ce volet-ci des enquêtes d’Erlendur.

 

En effet, Hypothermie est pour moi le roman qui contient le plus les traces du passé du commissaire bougon, entre la disparition de son frère et son couple raté. On pourrait dire en un sens que, dans Hypothermie, culminent les thèmes qui font d’Erlendur cet enquêteur acharné, qui mène ses affaires professionnelles et personnelles de façon assez particulière.

 

Ici, le suicide et les disparitions sont au cœur du roman, comme apparemment  au cœur de la société islandaise ! J’aime d’ailleurs énormément découvrir dans chaque nouvel épisode de la série de nouveaux aspects de ce pays si particulier, ce qui en fait en grande partie son charme à mes yeux -en dehors des personnages très réussis, tant des enquêteurs que des autres acteurs.

 

Ici, le commissaire fera cavalier seul, aux prises avec ses obsessions, prenant son temps –ce que reprochent ici ou là d’autres blogo-lecteurs mais que pour ma part j’ai apprécié, car tout à fait dans le rythme nordique et insulaire de son pays, renforçant ainsi l’immersion du lecteur.

 

Bref : un opus réussi, où les frissons sont au rendez-vous, tel que le promet le titre !

 

Le petit plus : Pour les fans d’enquêtes non résolues, Hypothermie est  un roman parfait.

Une enquête du Commandant Jana Matinova # 1 : Les jeunes filles et la mort, de Michael Genelin

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En plein coeur de l’hiver, sur une autoroute verglacée de Slovaquie, un minibus achève de flamber… Six jeunes femmes ont péri dans l’accident. Le commandant Jana Matinova, appelée sur les lieux, reconnaît l’une d’entre elles, devenue prostituée à Bratislava. Mais ce qui paraît une affaire banale est en réalité le point de départ d’une enquête qui va mener Jana dans les méandres terrifiants du trafic d’êtres humains, aux quatre coins de l’Europe de Kiev à Strasbourg en passant par Nice et Vienne à la recherche d’un tueur impitoyable.

 

 

J’ai dévoré ce premier opus des enquêtes du Commandant Jana Matinova, littéralement. Cela se lit très facilement, l’intrigue est prenante, et les personnages passionnants, notamment Matinova, dont on apprend le parcours au travers de chapitres en forme de flash-backs.

 

 

On se fait habilement mené d’un bout à l’autre de l’Europe, comme notre héroïne, enquêtrice de talent, plus toute jeune, et très attachante. Les retours en arrière nous permettent de découvrir la vie de Jana au temps du communisme, jusqu’à aujourd’hui, façonnant la femme qu’elle est devenue.

 

 

Les relations entre les personnages des Jeunes filles et la mort sont magnifiquement rendues, sobrement et efficacement. J’ai particulièrement aimé son supérieur, le Commissaire Trokan, d’autant que Michael Genelin a su distiller des scènes plus légères, un peu cocasses, scènes de ménage entre l’homme et son épouse, devant ses subordonnés.

 

 

L’enquête en elle-même nous mène de rebondissements en surprises, de réflexions en intuitions, de certitudes en solutions. Le roman est en lui-même très humain, car tous les travers de notre espèce y sont, ainsi que les bons côtés, sans manichéisme aucun. La fin, elle-même, est parfaite, à l’image de la réalité.

 

 

L’ambiance de ce polar n’en reste pas moins noire, traversée par quelques traits de soleil méditerranéen. Il faut dire que le sujet traité, le trafic d’êtres humains, n’est pas particulièrement joyeux, mais en découvrir certaines arcanes, à travers ce roman est plus qu’intéressant, ainsi que les rouages des différents systèmes policiers, des collaborations entre Etats… L’auteur a notamment été consultant du Département de la Justice en Europe centrale, ainsi que conseiller auprès du ministère de la Justice  slovaque, et le livre sent le vécu !

 

 

Bref : un premier opus qui sonne comme une excellente découverte.

 

 

Le petit plus : le Bratislava décrit ici m’a rappelé toute l’épopée de l’organisation d’un spectacle là-bas, et des souvenirs ramenés par les membres de la troupe… un petit coup de nostalgie !

 

 

Merci qui ? Merci à Livraddict et aux éditions Marabout, pour l’envoi grâcieux de cet exemplaire, dont j’aime beaucoup la couverture par ailleurs.

 

 

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