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Archives pour la catégorie Littérature contemporaine


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Le Magasin des Suicides, de Jean Teulé

le magasin des suicides

Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

 

 

Oh, le petit bonheur que ce court roman extravagant et pourtant si sincère ! Un vrai torrent de joyeusetés dans un décor tout macabre, où brille un petit enfant pas comme les autres. Ben oui, dans cette famille, aux airs de Famille Adams, le petit dernier a le sourire facile et l’humeur légère.

 

L’idée du magasin est géniale en soi, après tout, plus ça va, plus les gens se suicident… et puis les français sont des champions des anti-dépresseurs, c’est bien qu’il y a un souci quelque part, non ?

 

Teulé règne en vrai maître d’orchestre sur son petit monde, personnages, intrigue, décor… Dans une langue simple, sans nous prendre pour autant pour des abrutis, l’auteur nous fait partager la vie des Tuevache. Au passage, j’adore le choix des noms et prénoms, des produits aussi. C’est à mourir de rire !

 

Il a réussi particulièrement son ambiance, on se croiriait presque dans un film de Tim Burton, comme l’Etrange Noël de M. Jack… Une vraie réussite, car c’est très visuel, je me suis très bien imaginée l’univers dépeint.

 

Bref : je me suis régalée, posant le livre en me pourléchant les babines, d’un air dubitatif toutefois concernant la fin du roman. Et puis, finalement, j’ai compris : Teulé nous a emmenés dans une fabuleuse allégorie d’une société décimée par son mal de vivre.

 

Le petit plus : d’autres livres du même auteur m’attendent dans ma PAL, youpi !

 

Les avis des cop’s  de la LC : Azariel 87, Liyah, Frankie, BambiSlaughter, Sayelis

 

 

challenge

 

 

 

 

 

 

Je suis l’Homme le plus beau du monde, de Cyril Massarotto

je suis l'homme le plus beau du monde

Cet homme est une légende. Pourtant, il rêve de disparaître. Et quand il rencontre enfin sa raison de vivre, il est peut-être déjà trop tard…

 

« Aussi loin que je me souvienne, j ai toujours été beau. Je dis beau, mais dans la bouche des gens j entends plutôt canon, magnifique, sublime, incroyable. Plus généralement, en me voyant, les gens disent : « Waouh ! »
Ces mots, je les ai entendus dans toutes les langues, sur tous les tons. On me les a dits en pleurant, en hurlant, ou juste avant de s¹évanouir. On me les a dits à voix basse, sans oser me regarder, ou en écarquillant grand les sourcils.
Je suis l’Homme le plus beau du monde. Bien sûr, je suis malheureux. »

 

Voici un livre qui ne me disait pas trop au départ, lorsque j’ai lu la 4ème de couverture… Mais lorsque j’ai vu que ce partenariat spécial sur Livraddict risquait d’être annulé, faute de participants, j’ai trouvé ça regrettable, car ce partenariat comprend un Book Club spécial et une discussion avec l’auteur sur le site… Alors, hop ! j’ai postulé, et bien m’en a pris…

 

Ce livre n’a rien d’un bouquin de chick-lit version homme, comme je le croyais au départ (j’avoue tout !)…. C’est une critique de la société du spectacle permanent, où les médias ont pris le pouvoir, dictent nos pensées, formatent nos goûts et nos dégoûts, où l’égoïsme prime, où tout le monde est en compétition, sous les feux des projecteurs… ça ne vous rappelle rien ? On n’en est pas très loin, je trouve pour ma part ! Roman d’anticipation, roman absurde, pour nous faire prendre conscience des travers de notre société.

 

Le style, simple, pas simpliste, colle au personnage principal, ce plus bel homme du monde, qui a vécu hors d’atteinte des autres, a peu parlé, beaucoup écouté (surtout la télé -et quand on sait à quel point celle-ci tire les choses vers le bas, n’élève pas les gens, font d’eux des petits robots à consommer, à opiner du bonnet sans protester, on comprend mieux pourquoi cet homme adopte un ton à la limite du naïf). En même temps, il va à l’essentiel, droit au but, exprime une idée après l’autre, comme cet homme qui vit au jour le jour, ne se projette pas dans l’avenir, attend, attend… quoi ? à vous de le découvrir (pour ça, il faut lire le livre !).

 

Cyril Massarotto a poussé ses protagonistes et ses situations à l’extrême, pour mieux faire ressortir les enjeux de son roman. Il faut adhérer dès le départ au parti pris, à tout le parti pris, sinon vous risquez de passer à côté, vous vous ennuierez, vous le trouverez trop caricatural peut-être…  De mon côté, j’ai tout mangé, tout avalé, même les plus grosses couleuvres, car elles servent l’intrigue, et l’objectif du romancier… Ce fut plaisant, et pas désagréable du tout, je vous le promets !

 

 Bref : un livre intéressant, une belle découverte, et j’ai hâte d’être à dimanche pour la discussion avec Cyril Massarotto.

 

Merci qui ? Merci à Livraddict et à Xo éditions pour ce partenariat spécial, qui m’a bien plu… Je pense que j’irai lorgner très prochainement sur les autres romans de l’auteur.

 

logo xo éditions  livraddict small

 

 

 

La grande fête, de Karin Albou

 la grande fête

 Dans un village de l’Est algérien, des femmes découvrent sur la plage le cadavre d’un nouveau-né. Les soupçons se portent sur une famille. Afin de couper court aux rumeurs, le père mourant souhaite que sa plus jeune fille, Hanifa, se marie. Il doit aussi la protéger de la loi des hommes. Car en Algérie les femmes, considérées comme de mineures à vie, ne peuvent vivre sans la protection d’un tuteur légal, qu’il soit père, frère ou époux. C’est la décennie noire, la guerre civile entre l’armée et les groupes islamistes qui terrorisent la population isolée des villages. C’est aussi l’Aïd el-Kébir, la fête du Mouton, célébrant cet épisode : un père doit amener son enfant au sacrifice sur ordre de Dieu. Hanifa doit se marier au plus vite, car son père ne sait s’il pourra passer son dernier Aïd, sa dernière « grande fête » en famille. Mais voilà Hanifa est amoureuse…

 

 

Je connaissais Karin Albou de nom, car elle est une réalisatrice (également actrice et scénariste) remarquée depuis son premier film La Petite Jérusalem présenté à Cannes en 2005. Je n’avais rien vu d’elle, et lorsque Ulike a proposé dans le cadre de sa Semaine de la Rentrée Littéraire une liste d’ouvrages, La grande fête m’a fait de l’oeil, tant par le nom de son auteur que par son sujet…

Et je n’ai pas regretté mon choix, bien au contraire ! C’est un véritable coup de coeur… Ce livre, court mais dense en émotions, m’a littéralement transportée. La langue, belle et juste, l’histoire si bien racontée, avec son sujet difficile… C’est un livre de femme qui raconte les femmes, les femmes d’Algérie, dans un petit village, où l’on n’est pas au fait des mêmes choses qu’en ville, mais où finalement, tout un chacun est soumis aux traditions, à la religion, à la famille… L’amour suinte par toutes les pages de ce roman, l’encre dégouline de forts sentiments, qui ne donnent jamais dans le cliché ou la caricature. Quelle délicatesse, et en même temps, quelle vérité !

J’ai adoré la façon dont Karin Albou fait parler son héroïne de son intimité, celle où seul son mari aura le droit de venir se réfugier… C’est beau, cet éveil à la sexualité, à l’intime, au rapport à son corps, au corps de l’autre… C’est dur en même temps, car la jeune Hanifa se sent si perdue, dans cet univers où l’on ne dit pas tout, mais où tout est suspecté, soupçonné.

Vous l’aurez compris, ce livre m’a énormément touchée. C’est un livre à lire également pour les hommes, je pense. Les femmes sont compliquées ? Lisez donc messieurs et vous en saurez un peu plus sur la façon dont une jeune fille se construit, dont elle peut se considérer face à vous… Certes, on est dans un monde patriarcal, ici, mais l’essentiel des émotions y est.

En bref : un gros coup de coeur ! A lire absolument !!

Merci qui ? Merci à Ulike et aux éditions Jacqueline Chambon (que je ne connaissais pas mais sur laquelle je vais m’attarder désormais !) pour l’envoi grâcieux de cet exemplaire, accompagné de petites friandises (dévorées par mes loulous !) et d’autocollants (qui ont tout de suite rejoint des copains sur mon frigo !).

Désolée… de ne publier ma critique que maintenant, mais mon blog a connu un gros standby, déménagement et rentrée oblige (eh oui, je suis enseignante !)… (et en plus, j’ai perdu les logos à mettre, car j’ai eu un gros bug sur mon ordi, perdu tous mes mails, et mes dossiers !)

 

 

Les ombres du destin, de Jean-Marc Trichard

les ombres du destin

 

« Les vieux de mon village m’ont accroché aux tripes en silence, la haine du boche, je croyais ne pas les avoir écoutés, je pensais avoir occulté pour toujours leurs discours violents mais ce soir leur mépris me revient comme un boomrang dans la tête.
La haine me nourrit. Je sais que la haine n’est pas mon festin. La haine me ronge et me détruit, j’ai envie de crier, de hurler, de pleurer. Je hais la guerre, je hais les soldats qui la font, je hais la mort, je hais l’injustice.

… Entre le noir et la lumière, il est parfois difficile d’y voir clair, entre le noir et la lumière il est toujours difficile de trouver le chemin qui sera le bon chemin, entre le noir et la lumière les choses se mêlent et s’entremêlent dans nos têtes, parce que personne n’a jamais vraiment tort, parce que personne n’a jamais vraiment raison.
Alors tout devient difficile si on réfléchit trop, il faut savoir laisser son cœur faire la différence, pas toujours, mais quand la raison n’a pas été capable de faire son choix, quand la raison nous emmène dans les méandres de l’impossible choix, le cœur et l’âme savent prendre le relais et nous guider là où la conscience retrouve des eaux plus claires. »

Voici un petit livre bien touchant… touchant parce qu’il relate une histoire douloureuse, vécu par beaucoup de nos compatriotes durant la 2ème Guerre Mondiale, mais touchant aussi parce que c’est un conte… Un conte bien mené, de manière très personnelle, très surprenante… On se plaît à croire à cette histoire, terrible, tendre, bouleversante, et tout en délicatesse, même dans les moments les plus durs. Une sorte de pudeur enveloppe chaque mot, ne les rendant que plus crus… Difficile à expliquer dans un simple billet !

C’est l’histoire de quelqu’un qui va peut-être s’en sortir, un solitaire au coeur meurtri et pourtant ouvert… Ouvert à tout, à tout vent, à toute tempête, réels ou humains. Une rencontre, celle d’un homme avec lui-même, mais avec d’autres (?!), avec le lecteur, qui comme moi, est intrigué du début à la fin. Difficile à lâcher ce court roman, ce n’est pas tant que nous sommes en plein thriller (loin de là !) mais bien plutôt dans un univers onirique, que sait nous faire partager l’auteur.

La langue est belle, sans ambages, sans détours et pourtant comme je le disais un peu plus haut, pleine de pudeur et de réalisme : un vrai paradoxe !

 En bref : j’ai beaucoup aimé Les ombres du destin qui ont su m’emmener sous le soleil et dans la nuit…. Qu’est-ce qu’une ombre, sinon une déformation de la réalité, car tout en nuances ?

Le petit plus : si comme moi, vous aimez les contextes historiques dans vos lectures, vous ne serez pas déçus ! Ici, on touche à l’intime, au coeur d’une période sombre de l’Histoire, et surtout ses ondes de choc sur les survivants….

Merci qui ? Merci à Livraddict et aux éditions Baudelaire pour ce partenariat, qui m’a permis de découvrir une maison d’édition (d’ailleurs, j’aime beaucoup l’objet !) et un auteur…

 

Le Vallon du diable, d’André Brink

le vallon du diable

Dans un vallon d’accès presque impossible, non loin du Cap, en Afrique du Sud, vit une communauté de calvinistes purs et durs, installés là depuis l’époque du Grand Trek (1838). Ces Boers aux principes intraitables ont créé leur société idéale : rejet des Noirs et des étrangers, domination patriarcale absolue… Journaliste et historien en mal de reconnaissance, Flip Lochner décide d’enquêter sur cette communauté enfermée dans une autarcie aberrante. Il va découvrir un monde régi par des lois archaïques où les hommes font la loi : lapidation de la femme adultère, élimination des enfants mal venus, incestes multiples… Tandis que les éclairs de chaleur déchirent le vallon ravagé par la sécheresse, une succession d’histoires et de légendes contradictoires vont miner en lui toute certitude. Sauf une : sa passion pour la jeune et mystérieuse Emma…

 

 

 

Encore une belle découverte !! Je ne connaissais pas André Brink, auteur pourtant reconnu pour Une saison blanche et sèche (Prix Médicis étranger), et je ne regrette pas.  Cet auteur sud-africain, né dans une famille afrikaner, descendant de boers, est surprenant. Surprenant parce qu’il trace des portraits de personnages hors du commun, dans une communauté hors du temps, comme si celui-ci s’était arrêté, que rencontre son héros Flip Lochner, looser hanté par ce Vallon du diable depuis la fin de ses études.

 

Inexorablement, on découvre ses hommes et ses femmes si étonnants, qui nous emmènent dans leur univers si particulier. Avec un soupçon d’ésotérisme, Brink nous révèle des natures et des pratiques qu’on pourrait croire d’un autre âge… et pourtant ! dire qu’il en faut si peu dans nos sociétés pour s’en approcher…

 

C’est Flip Lochner le narrateur de cette histoire, il a peu d’illusions sur lui-même et sur le monde, et là… il nous fait partager réellement ses découvertes, se moquant de ses envolées lyriques, lui qui ne nous épargne certaines grossièretés de vocabulaire.  Le roman est construit en chapitres, subdivisés en sous-chapitres titrés… assez déconcertant au départ, mais l’on s’y fait rapidement.

 

Je ne dévoile pas plus de l’intrigue, mais c’est à lire, je vous le garantis.  Une vision décalée de l’Afrique du Sud d’aujourd’hui, on pourrait le croire, si on ne connaissait pas l’existence de ce mouvement AWB (Mouvement de résistance Afrikaner) dont le leader Eugène Terreblanche a été récemment assassiné : ce parti lutte pour la suprématie des Afrikaners, descendants des premiers colons néerlandais et huguenots, pour lesquels il réclame le droit à l’autodétermination.

 

Bref, il faut lire ce Vallon du diable, pour ce qu’il a de terrible à la limite du malaise et de la nausée, mais aussi parce qu’il porte la lumière, la vérité…

 

Le petit plus : L’envie de lire maintenant un autre livre sud-africain est confirmée dans le cadre du  Challenge de Lexounet Destination Afrique du Sud… mais chuuuuuuuuut !! je garde la surprise du titre !!

 Merci qui ? Merci à Blog-o-Book et aux éditions Le Livre de Poche, pour ce partenariat hors du commun !

 

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