Archives pour la catégorie Humour

La mort, j’adore ! Saison 1, d’Alexis Brocas

la mort j'adore saison 1 alexis brocas

Au lycée, Clémence porte le surnom de « sale truie », les autres la poursuivent avec des compas pour lui percer ses boutons. Un soir, miracle, on l’invite à une fête mais elle s’offre son premier coma éthylique et finit la tête dans les toilettes. C’est au réveil que son existence bascule : elle apprend que sous ses bourrelets se cache en fait une démone, née pour faire le Mal, le servir, l’adorer. Flanquée d’une zombie bimbo en guide de suivante et d’un sanglier tortionnaire en guise d’instructeur, elle mène deux vies : d’un côté l’enfer au lycée, de l’autre l’école de l’enfer. Damned.

 

Alexis Brocas eprend ici le principe d’Entretien avec un vampire d’Anne Rice : Clémence, jeune démone, va confier son histoire toute une nuit durant à un journaliste et son magnétophone. On y découvre donc sa naissance, le Sombre Royaume et ses missions sur Terre.

 

Humour noir, comme il se doit au vu du sujet, gtrinçant aussi, La mort, j’adore ! se concentre essentiellement sur le personnage de la jeune démone et son parcours, nous dévoilant les arcanes lucifériens exploitant le monde terrestre pour y faire le Mal, via notamment l’incarnation de celle-ci dans le corps d’une adolescente mal atiffée, mal dans sa peau de 15 ans.

 

L’intrigue est bien menée, le personnage de Clémence, typiquement ado -quelle est la part de démone en elle ? quelle est la part de jeune humaine en plein bouleversement hormonal ?- fonctionne bien ainsi que ceux de son entourage, démoniaque, familial ou amical. Alexis Brocas met en oeuvre pour nous le monde du Mal avec sa hiérarchie, son histoire et sa guerre avec l’Adversaire (comprenez : Dieu), tout autant que l’univers de jeunes lycéens pour la plupart ordinaires.

 

C’est dynamique, on ne s’ennuie pas, l’auteur sachant ménager ses effets et manier la dérision à bon escient. Au final, c’est une lecture pour jeunes, mais qui se laisse lire par les adultes sans problème, avec une fin en forme de cliffhanger donnant envie d’aller faire un tour du côté de la saison 2.

 

Bref : un bon roman qui fait sourire et laisse quelquefois à réfléchir, honnête vis-à-vis de son lectorat « coeur de cible » entre fantastique, trash à la Lovecraft, quelques moments poétiques et préoccupations adolescentes, et très accessible aux plus âgés…

 

Le petit plus :  Alexis Brocas a une page MySpace, où on découvre que parmi ses auteurs préférés, comptent certains des miens comme Dantec, Lovecraft, Ellroy ou encore Tchekhov…

 

 

La mode est au rouge sang, de Valerie Stivers

la mode est au rouge sang

Kate McGraw vient d’être embauchée comme stagiaire à la rédaction du prestigieux magazine Tasty, référence en matière de mode, capable de faire et défaire la tendance en deux ou trois phrase bien senties. Ses dirigeants – d’une minceur vertigineuse et d’une pâleur mortellement chic – font couler beaucoup d’encre et certains vont jusqu’à les surnommer les vampires de la mode. Du second degré bien sûr ! Quoique… Force est de constater que, malgré la vue imprenable sur Manhattan, personne ne remonte jamais les stores, qu’un breuvage rouge foncé a remplacé le café, que l’ail est tout bonnement interdit à la cantine, et que certains dissimulent de longues boîtes en bois dans leurs bureaux… Bientôt, un premier cadavre est retrouvé, celui d’un petit chien portant une trace de morsure cachée sous son collier. Et ce n’est que le début ! Kate doit rapidement trouver un échappatoire si elle ne veut pas que son stage se prolonge… éternellement  !

 

 Valerie Stiver, en bonne fan de vampires -ou voulant exploiter le filon ?-, connaît ses classiques : Dracula de Bram Strocker, Anita Blake ou encore Anne Rice… Mais elle les a « digérés » pour en faire un premier roman à sa sauce, exploitant un milieu qu’elle connaît bien, celui de la mode et des magazines glamours, puisqu’elle a travaillé pour la presse spécialisée.

 

Le résultat en est une nouvelle histoire de vampirisme, qui fait de ses vampires des êtres assoiffés non seulement de sang mais aussi de mode. C’est drôle, je n’ai pu m’empêcher de penser à L’Accro du Shopping (je n’ai pas lu, mais vu le film) : ce qui me fait dire qu’ici on est dans un croisement entre la bit-lit et la chick-lit.

 

Les personnages sont particuliers, en totale adéquation avec le renouveau du mythe vampirique créé par l’auteur. Du côté humains, on a droit à une palette plutôt très clichés, l’objectif étant de faire rire. L’intrigue, quant à elle, n’est pas trop mal menée, avec quelques surprises mais quelques attendus du genre (les méchants vampires, la romance qui pointe le bout de son nez, les jalousies inévitables entre nanas surtout dans ce milieu…).

 

Bref : un premier roman assez sympathique, non dénué d’humour (on ne hurle tout de même pas de rire !), et qui fait voir le vampirisme -et les canons de la mode- sous un autre angle.

 

Le petit plus : une fin en forme de cliffhanger qui laisse présager une suite… pas sûre que je m’y plonge, tout de même !

 

« On m’a demandé de vous calmer », de Stéphane Guillon

on m'a demandé de vous calmer stéphane guillon

« Le patron de Radio France me propose un thé vert. Deux énormes théières trônent sur une table de réunion ovale. Je décline l’offre.

« Vraiment? Vous ne voulez rien boire? »

 S’ensuit une longue discussion sur l’humour, ses limites, ce qui est drôle, ce qui ne l’est pas…
Bizarrement ma tête bourdonne, je repense à mes débuts, mes galères, mes premiers pas sur scène, mes premières chroniques radio, avec toujours le même but: faire rire les autres… Et puis j’entends cette phrase étrangement menaçante: « On m’a demandé de vous calmer ».
Comme si quelqu’un venait de siffler la fin de la récré. »

 S.G.

 

 

Je ne connaissais des chroniques de Stéphane Guillon sur France Inter que les quelques coups d’éclat médiatisés qui ont fini par lui valoir la porte de la grande radio publique ; je connaissais plus ses chroniques chez Ardisson dans Salut les Terriens, et j’avais vu quelques uns de ses sketches… Bref, voilà un homme insolent qui dit tout haut les absurdités qui ont le don de m’énerver.

 

Alors, à la lecture de ses textes, je n’ai pu bien sûr m’empêcher de penser au Tribunal des Flagrants Délires, de Pierre Desproges -avec Daniel Prévost-, Desproges que j’ai beaucoup lu et que j’aime beaucoup. Guillon fait partie de cette famille, de celle des humoristiques qui s’engagent, ni à droite ni à gauche, mais pour débusquer l’absurde, lutter contre le politiquement correct, la langue de bois, mettre les détails « qui tuent » en lumière…

 

Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, j’ai revécu tout ce qui a fait l’actualité de la France -la grande et la petite-, entendant dans ma tête la voix de Guillon, la sienne propre ou quantd il imite le président et autres. Bon sang, me dis-je, tout ce qu’on a essayé de nous faire gober, et si j’en ris, je ne peux m’empêcher de m’indigner encore, ou de soupirer d’exaspération…

 

Le mérite de Stéphane Guillon, en live, est de réagir sur l’instant, celui de son livre est d’en garder la mémoire, qu’on a tendance à avoir courte, car le propre même de l’actualité est  d’être actuelle, et donc de s’envoler vite au profit d’une autre…

 

Bref : « On m’a demandé de vous calmer » est à lire absolument, pour se rappeler, et pour garder en mémoire ce qui dérange et qui finalement se révèle sûrement plus vrai que ce qu’on voudrait bien…

 

Le petit plus : La suite, « On m’a demandé de vous virer » est déjà disponible !

 

Merci qui ? Merci à Livraddict et aux éditions Points pour l’envoi grâcieux de ce livre  de santé intellectuelle publique !

 

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Imitation : une parodie, de The Harvard Lampoon

imitation

Les Vampires vous fascinent ?
N’hésitez plus, laisser vous tenter !

Quand Belle arrive dans son nouveau lycée, elle tombe sous le charme ravageur d’Ebouard, un geek hypersexy. En plus c’est sûr, c’est un vampire : il ne mange pas ses frites à la cantine et la neige… fond sur lui. Mais comment, oh oui, comment faire pour le convaincre de la mordre et faire d’elle sont amour éternel ?

De la rrrromance, du danger, des parents complètement largués, un brin d’hystérie, une soirée « vampires », tous les ingrédients sont réunis pour une histoire d’amour encore plus incroyable que « Raison et Sentiments » et « Les Hauts de Hurlevent » réunis.


A moins d’être un ermite, vous connaissez la fameuse saga Twilight de Stephenie Meyer. Le magazine humoristique The Harvard Lampoon s’est attaqué à celle-ci dans une avalanche de délires, mettant en exergue les ficelles sur lesquelles repose les romans originaux. Rien qu’à lire la quatrième de couverture, le ton est donné !

 

J’ai beaucoup aimé cet aspect de la parodie, ainsi que le traitement des personnages. Ainsi, les auteurs poussent au maximum les défauts des protagonistes : la mère de Belle n’est pas qu’immature, c’est une vraie gamine dans tous les sens du terme !, le père de Belle préfère aller pêcher toute la journée en laissant sa gamine à la maison alors qu’il ne l’a pas vue depuis des années, Belle est si maladroite (comme Bella !) mais dans des situations telles qu’on ne peut qu’en rire, tout en se rappelant que Bella nous semblait si gauche, un vrai danger public que ça ne pouvait exister !

 

D’ailleurs tout le livre repose sur Belle Kwan et son caractère très particulier, mettant en évidence à quel point les partis pris par Stephenie Meyer peuvent paraître ridicules. Ben oui, rappelez-vous, je vous disais ici que Twilight n’était finalement rien d’autre qu’une bluette à la sauce vampire ! Ici, The Harvard Lampoon en a fait une bluette où l’héroïne atteint des sommets dans ses attitudes et son comportement adolescent, genre « je vis dans mon monde, j’ai des drôles de manies, mais je m’y crois trop ! ». De la folie pure !

 

J’avoue tout de même qu’au bout d’un moment, c’est lassant, quand on a compris le truc. Néanmoins, quelques trouvailles (la scène dans le cimetière est pas mal du tout et celle du bal de promo des vampires vaut son pesant de cacahuètes) restent drôles et font d’Imitation un bon divertissement, un peu comme Scary Movie l’a été en son temps au cinéma.

 

Bref : un livre sympa, qui se lit vite, mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

 

Le petit plus : The Harvard Lampoon a également parodié Le Seigneur des Anneaux de Tolkien, édité en France chez Bragelonne sous le titre de Lord of Ringards.

 

Merci qui ? Merci à Livraddict et à Castelmore pour ce partenariat au petit air de Monty Python…

 

 

 

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