Archives pour la catégorie BD


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Shutter Island, de Dennis Lehane et Christian De Metter

shutter island bd

Boston, années 50. Deux marshals fédéraux, Teddy Daniels et Chuck Aule, se rendent pour les besoins d’une enquête sur une île étrange, Shutter Island, sur laquelle est établi un institut psychiatrique très spécial, qui n’accueille que les fous criminels particulièrement dangereux. Mais à vrai dire, tout est spécial sur Shutter Island, comme le relèvent les deux enquêteurs dès leur arrivée : les locaux, le personnel d’encadrement, les médecins, sans oublier la lourde atmosphère de secret qui semble peser sur les hommes et les choses. Alors qu’une forte tempête s’approche, qui condamnera les fédéraux à demeurer sur l’île pour une durée indéterminée, tout se met en place pour un terrifiant huis-clos…

 

J’ai offert cette BD adaptée du célèbre roman de Dennis Lehane à sa sortie à mon chéri. Bien m’en a pris ! L’intrigue est parfaite, j’ai été baladée du début à la fin de cette histoire bien perturbante, où la réalité rejoint le rêve, entre enquête à énigmes codées et folie.

 

Je n’ai pas lu le Shutter Island original, mais après quelques recherches sur le net, cette adaptation BD est réputée fidèle. Je ne peux donc qu’adhérer à l’enthousiasme de mes camarades blogolecteurs quant à cet opus d’une des références en matière de roman noir américain. Sans pouvoir juger du style, toutefois…

 

Mais concernant ce que De Metter en a fait, je le dis tout net : j’ai adoré ! L’ambiance est pesante, mystérieuse, étouffante, et j’ai dévoré cette bande dessinée d’une seule traite. Les graphismes sont magnifiques, à l’aquarelle dans deux tons de vert et ocre qui assombrissent le récit de façon très glauque. On aurait pu croire que le noir et blanc aurait pu suffire, mais là, c’est vraiment réussi… On a vraiment l’impression d’être englué dans un marécage, un marasme au sein d’une tempête, où la vérité poindra peut-être le bout de son nez avec le retour au calme.

 

Seuls moments plus colorés sont ceux des rêves de Teddy Daniels, marshall fédéral obsédé par la mort de sa femme et par son meurtrier incendiaire. Le contraste est saisissant : les songes de l’enquêteur ont l’apparence de la réalité, quand la narration est monochrome. Ce choix sert admirablement le propos du scénario. Ceux qui ont lu le roman comprendront, pour les autres, il ne vous reste plus qu’à lire l’un des deux, sinon plus !

 

En bref, un excellent moment de BD, que je vais certainement poursuivre en lisant le roman originel (lorsque je l’aurai acquis bien sûr).

 

Le petit plus : Martin Scorcese a adapté cette oeuvre de Denis Lehanne, comme Clint Eastwood l’a fait avec Mystic River. Ca me donne forcément des envies de cinéma tout ça (je recommande d’ailleurs l’excellent Baby Gone Baby, de Ben Affleck, adapté aussi d’un roman éponyme de l’écrivain), sans parler d’aller chercher d’autres opus de l’auteur américain.

 

 

 

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  7/10

Docteur Du Ming, de Jinglong Han et Jing Zhang

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Du Ming, jeune médecin anesthésiste dans un grand hôpital chinois, est hanté par le souvenir de Zhang Qian : une jeune femme issue de sa promotion étudiante, qui l’a envoûté par sa beauté sulfureuse et l’aura d’étrangeté qui l’accompagne. Devenu praticien, Du Ming est resté en contact avec Zhang Qian, qui lui écrit de loin en loin. Or une terrible nouvelle survient : on dit que la jeune femme s’est suicidée…

 

 

 

La dernière fois que j’ai fait un tour dans un magasin de destockage, j’en suis repartie avec une brassée de mangas et de manwhas, tous à 0.95 € l’album… Parmi eux, de grands noms comme Osamu Tesuka, le père notamment d’Astroboy. Et puis, celui-ci, chinois, dont j’avoue que la couverture m’a attirée…

 

 

C’est l’histoire de deux jeunes étudiants en médecine, atttirés l’un vers l’autre, mais qui se font tous deux une idée fausse de ce qu’est l’autre. La jeune femme Zhang Qian aime la pureté de Du Ming, qui lui, la trouve hors de sa portée, envoûté qu’il est par sa beauté sulfureuse. On assiste ainsi à de nombreux retours en arrière entre le passé -lorsqu’ils étaient tous deux étudiants- et le présent -à partir du moment où Du Ming, devenu anesthésiste apprend la mort (le suicide en fait) de la belle demoiselle. A cette histoire, vient s’ajouter la relation que vit Du Ming avec une jeune infirmière de son hôpital, amoureuse de lui…

 

 

Ainsi, nous allons découvrir les raisons du suicide de Zhang Qian, comme la réelle nature de ce mystérieux Du Ming, beau comme une fille, et en apparence si lisse. Au fur et à mesure, l’impossible love story va tourner au cauchemar gore ou à l’insoutenable glauque, celle d’un viol. C’est de préjugés qu’il est question ici, où l’héroïne suit son chemin, comme un destin inexorable, dans sa vie comme dans sa mort. Carcan de la société chinoise qu’on sent peser sur les épaules des protagonistes, les femmes semblent conduites à des choix cruels, les hommes réduits à de bas instincts.

 

 

Servi par un dessin évoluant au long de la narration, allant d’un graphisme quasi photographique, très lisse à des chairs abîmées et horribles, grotesques même, ce thriller (car c’en est un) éprouvant, froid, limite glacé, ne laisse pas indifférent : soit on aime, soit on déteste. Pour ma part, j’ai vraiment apprécié ce jeu de contrastes, entre les personnages, les styles picturaux, et les idées mises en avant. De plus, on se fait aisément manipuler par l’auteur, on effleure la vérité, mais celle-ci n’est révélée qu’en toute fin, à la dernière page. Et puis, »philosophiquement », ici, il n’y a que deux alternatives amoureuses : intellectuelle ou sexuelle, ne se rejoignant jamais, et pourtant les héros de cet album ne rêvent que de ça !

 

 

Bref, c’est particulier, et résolument adulte, tant le discours que les dessins peuvent être dérangeants.

 

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6/10

 

 

 

 

Les Incontournables Marvel # 10 : Ghost Rider, de Garth Ennis et Clayton Crain

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Il paie le prix d’un pacte passé avec le diable… Ghost Rider est-il condamné à arpenter les routes de l’enfer pour l’éternité ? Son salut peut-il venir d’un allié inattendu, un ange tourmenté qui délivrerait le motard infernal de la malédiction ?

 

 

 

J’aime les super-héros, et j’adorais lire X-Men et Spiderman quand j’étais gamine… Mais je ne connaissais le Ghost Rider qu’au travers du film éponyme, avec Nicolas Cage dans le rôle titre, film sympathique au demeurant. Aussi, quand je suis allée à mon supermarché et que je suis tombée sur cette collection des Incontournables de Panini Comics et vu le prix défiant toute concurrence, je n’ai pas résisté, sachant qu’en plus ma Coquelicot aimait lire et découvrir des comics.

 

Bref, hier soir, petit moment de détente : lire Ghost Rider avant de plonger dans les bras de Morphée. Tout d’abord, je dois préciser (pour les fans, s’il y en a qui viennent me lire, sait-on jamais) qu’il s’agit de la réédition d’une mini-série, par Ennis Garth qui a relancé le héros torturé aux USA. Moi, je ne connaissais pas, alors j’étais vierge de tous préjugés, plutôt dans l’état d’esprit de passer un chouette moment de lecture.

 

Je ne regrette pas… Le scénario est efficace, cynique ; Ennis Garth, irrévérencieux, nous présente les anges sous un angle inattendu, alors même que Clayton Crain les dessine ailés et en armures, aux yeux aveugles. Le graphisme est très beau, les encrages très soignés et prononcés, l’univers sombre à souhait et tant anges, que démons ou humains, aucune créature n’échappe au trait sans concession de Crain. Encore une fois, comme dans Small Gods, il s’agit d’un dessin réaliste, à la limite de la photographie, aidé en cela des magnifiques couleurs de Luccia Truccone.

 

J’ai apprécié les personnages, surprenants pour certains, mais tous très réussis. Le Ghost Rider est un naïf, malgré ses pouvoirs. Il a fait une erreur trente ans auparavant, en signant un pacte avec le diable, et estime avoir été abusé (en même temps, quand on signe un tel contrat avec un tel être, retors et maléfique par excellence, il fallait s’y attendre un peu, non ?).

 

L’aspect mystique de l’intrigue m’a bien plu aussi, le paradis, l’enfer, le tout exploité de manière impertinente et non conventionnelle. Les dialogues sont eux aussi impudents, quelquefois grossiers (mais drôles !!) et servent bien le dessein du scénariste.

 

Bref, une BD sympathique, où le sombre héros au crâne en feu, créature de l’enfer, nous change un peu des mutants, des extraterrestres ou des justiciers patriotes…

 

Le petit plus : Coquelicot a d’autres Incontournables (Marvel et Spiderman), nul doute que je les lirai, il y avait longtemps que je n’avais pas lu ce genre et c’est agréable à lire, relevé d’une pointe de nostalgie pour mes jeunes années !

 

planche ghost rider

4/12   dark side    

5/10 challenge BD logo

 

Small Gods, de Jason Rand et Juan Ferreyra

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Dans l’univers de Small Gods, un individu sur cent possède un pouvoir psychique. Prédiction, manipulation des esprits, télékinésie… autant de dons qui sont autant de malédictions ! Fiché et déclaré auprès des autorités, l’inspecteur Owen Young est de ceux-là ; tout comme Bobby Pope, un truand à la petite semaine. Quand leurs destins se croiseront, aucun des deux n’en sortira indemne.

 

 

 

Un comics, un !! Pas de super héros ici, au contraire, être psi (personne qui possède un pouvoir paranormal), c’est pas terrible… En effet, on doit être déclaré auprès des autorités, et tous les métiers ne sont pas accessibles selon qu’on soit télépathe ou précog par exemple, ou avec des restrictions comme lorsqu’on est flic… En tout cas, ceux qui ne sont pas déclarés risquent la prison. Car télépathe veut dire violeur d’âmes pour certains, quand c’est un métier pour ceux qui sont assermentés et sont donc des détecteurs de mensonge humains ! Une fois ceci posé, on imagine très bien les avantages et les inconvénients que peuvent causer ces dons, aussi bien au travail que dans l’intimité.

 

 

Scénario efficace et nerveux, en trois parties -on suit d’abord l’inspecteur Owen Young, puis Bobby Pope, et le troisième volet les voit se croiser-, Small Gods a un univers très bien construit (l’action se passe à Denver), que le dessin vient encore renforcer. Tout en noir et blanc – qui fait la part belle aux gris, plus qu’aux contrastes, parti pris qui renforce une ambiance en demi-teinte-, chaque vignette est extrêmement soignée aussi bien dans son graphisme (malgré quelques défauts de proportion) que dans sa mise en scène. Chose que j’adore, lorsque le dessinateur travaille la mise en page de ses vignettes dans chaque page et les unes par rapport aux autres… Certaines profitent même de double page (gauche et droite).  Les dessins sont très réalistes, et tout le long, on a l’impression d’être dans un film. En effet, les points de vue changent -plongée, contre-plongée, plans serrés, etc- comme autant de prises de vues d’une caméra placée judicieusement à chaque fois, le travail sur la lumière est excellent et on voit même des vignettes conçues comme des plans (par ex, trois qui se succèdent où l’image est la même mais où le dialogue s’écoule… très fort).

 

 

Côté intrigue et personnages, ce n’est pas pour certains sans rappeler The Shield, l’excellente série TV… Flics ripoux, flingues, sexe, bagarres… Alors, oui, les filles sont belles et sexy, et les mecs pas mal du tout, c’est un peu stéréotypé mais c’est divertissant, grâce à l’action notamment.

 

 

Bref, un bon moment passé avec ce comics, je vous le recommande…

 

 

Le petit plus :  Jason Rand a pour « maîtres » Warren Ellis (l’excellent Fell que je chroniquerai sûrement bientôt) et Robert Kirkman (Walking Dead, qu’à lu Mr Zombi, et que j’ai très envie de découvrir). Juan Ferreyra, lui, dessine Hex Mundi et Emissary, toujours sur un scénario de Jason Rand. Il y a de quoi faire pour découvrir plus avant ces deux-là !

 

 

Merci qui ? Merci mon chéri qui a le chic pour m’offrir des bouquins qui me plaisent !

 

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 4/10

challenge héroïne parce que le personnage de la tapeuse est celui d’une femme de décision, qui, de plus, défend son petit ami (elle est loin d’être maladroite !), mais aussi son territoire amoureux…

 

La Licorne, tome 3 : Les Eaux de Venise, de Gabella et Jean

la licorne 3

À Milan, Ambroise Paré et ses alliés ont découvert le laboratoire d’où tout est parti. Surtout, ils savent comment cet incroyable chantier a été mis en oeuvre, qui est à l’origine de la mutation du corps humain et comment il a procédé. Mais les découvertes s’arrêtent là ! L’Ennemi engage une lutte sans merci, emportant Ambroise. Désemparé, le groupe doit néanmoins poursuivre sa quête… à Venise.

 

Je suis définitivement fan de cette série. Planches magnifiques, tant au niveau des couleurs, que du graphisme, que des partis pris pour les représentations des Primordiaux (ils sont tout en muscles, tendons, os et organes, sur le modèle des planches anatomiques, car rappelez-vous on a affaire ici à des médecins). Scénario passionnant, où les rebondissements sont légions et où l’uchronie règne : un savant mélange et donc une belle histoire imaginée autour de personnages historiques, créatures mythologiques et progrès de la science.

 

Gabella et Jean ont vraiment fait un travail magnifique autour de cette Licorne… et vous savez quoi ? quand j’ai refermé la BD, je me suis rendue compte que ce n’était pas fini, il y a donc un quatrième volume en préparation, chouette, chouette, chouette !!!

 

Bref, je ne peux que vous inciter fortement à lire cette série qui est décidément excellente…

 

Le petit plus : un cahier graphique de 8 pages, à la fin de l’album… super de lire les commentaires des auteurs sur le travail effectué sur ce troisième opus.

 

la licorne 3 pl      

la licorne toile (toile peinte d’Anthony Jean)

 

3/10     challenge BD logodark side    2/12 


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vertige franck thilliez

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