Archives pour la catégorie Auteurs


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Les cités des Anciens # 1 : Dragons et serpents, de Robin Hobb

dragons et serpens robin hobb

Dans le Désert des Pluies, les serpents géants se sont enfermés dans leurs cocons pour se transformer en dragons. Mais trop affaiblis, ils donnent des créatures difformes et incapables de survivre sans l’aide des humains…

 

Les cités des Anciens est la suite des Aventuriers de la Mer et de  L’Assassin Royal. C’est une vraie réussite, le récit se focalisant cette fois-ci sur les dragons et l’intérêt que leur portent les différents personnages qu’on rencontrent dans le roman. On retrouve certes Althéa et Selden, mais brièvement, de nouveaux protagonistes faisant leur apparition.

 

Comme à son habitude, Robin Hobb a le chic pour nous faire partager décors, ambiances et nous attacher à ses héros. On suit les parcours des uns et des autres en parallèle, jusqu’à ce qu’on imagine être leur rencontre à tous dans le prochain volume, Les Eaux acides. Femmes et hommes se révèlent fascinants, tous différents, et on sent bien que chacun d’entre eux va avoir un rapport particulier avec les dragons.

 

En filigrane, l’auteur commence chaque chapitre par un échange de courrier entre les Déserts des Pluies et Terrilville, ce qui permet d’avoir un aperçu de la politique adoptée concernant les dragonneaux mais aussi les rapports avec Chalcède, avec qui une paix précaire est maintenue. Le retour des animaux fantastiques entraînent non seulement ennuis, responsabilités mais aussi envies, intérêt scientifique, peurs, dégoûts… La palette est étendue, et permet de visiter tous les champs du possible.

 

L’écriture de Robin Hobb est  toujours aussi efficace, j’ai dévoré ce premier tome en à peine 4 heures ! C’était passionnant, l’intérêt du lecteur est avivé à chaque fois, et l’alternance des récits offre un renouveau à chaque fois.

 

Bref : un vrai plaisir de remonger dans l’univers de cette grande saga !

 

Le petit plus : vite, vite, il faut que je me procure la suite, Les Eaux acides….

 

 

Hiver arctique, d’Arnaldur Indridason

hiver arctique

Le corps d’un petit garçon était couché dans la neige lorsque la voiture d’Erlendur est arrivée au pied de l’immeuble de banlieue, en cette fin d’après-midi glaciale de Reykjavik. II avait douze ans, rêvait de forêts, ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande, son grand frère avait du mal à accepter un pays aussi froid. Le commissaire Erlendur et son équipe n’ont aucun indice et vont explorer tous les préjugés qu’éveille la présence croissante d’émigrés dans une société fermée.

 

Brrr ! Un livre totalement en adéquation avec la météo du moment chez moi, un livre à frissonner, à resserrer les pans de son manteau sur soi, à rajuster son écharpe autour du cou, alors même que j’étais bien au chaud dans mon tram pendant la lecture de ce roman policier signé Arnaldur Indridason. Bien évidemment, le fait que cela se déroule en Islande en plein hiver n’y est pas étranger, mais c’est surtout les thèmes abordés qui m’ont filé un grand coup de froid : la mort d’un petit garçon, forcément ça ne peut que toucher, mais aussi les préjugés racistes, la piste pédophile…

 

Comme d’habitude, Arnaldur sait nous faire partager son pays si particulier, insulaire, glacial, hostile et fascinant. Cette fois-ci, c’est l’immigration qui est au coeur de l’enquête d’Erlendur et son équipe, dans ce pays à la démographie vacillante, où ils sont si peu que les noms de famille n’existent pas (on appelle les gens par leur prénom suivi du nom de leur père). Parallèlement à ce drame, Erlendur a en charge une affaire de disparition, chose courante en Islande apparemment, où le taux de suicide est très important, et où cela semble assez banal et banalisé dans cet univers inhospitalier, aux conditions de vie assez difficile !

 

C’est un grand policier que nous a écrit là Arnaldur Indridason, avec son commissaire vedette, Erlendur, qui s’emporte, qui peste, qui tâche de comprendre la société d’aujourd’hui (ah, les expressions anglaises, qu’est-ce qu’elles peuvent lui casser la tête !), sa propre histoire et ses enfants… On y découvre encore un peu plus Sigurdir Oli, l’un de ses inspecteurs, et on se rend compte de plus en plus que l’auteur sait distiller ses informations à dose homéopathique, en toute pudeur, donnant vie à des personnages tout en nuances, qu’il sait faire évoluer au fur et à mesure des volumes.

 

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle incursion dans l’univers islandais, servie par une écriture toute nordique, mais surtout singulière, à l’image de cette île hors norme, où la société diffère énormément de la nôtre -quand on pense que l’Islande monte un dossier de candidature pour l’Union Européenne ! La résolution du meurtre du garçonnet est surprenante, et laisse pantois… et toute frémissante, je me suis blottie dans ma couette où j’ai achevé cette lecture, le coeur serré et glacé

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Bref : un très bon policier que nous offre là Indridason, la preuve : il a obtenu le prix Clé de Verre du roman noir scandinave pour la 3ème fois avec cet opus.

 

Le petit plus : j’ai lu Hiver arctique dans le cadre de l’opération Destination Islande d’Evertkorus, j’aurais voulu lire un autre auteur islandais, mais à la médiathèque, il n’y avait plus que celui-ci de disponible : je ne regrette pas du tout ! Rendez-vous ici pour le récapitulatif des billets des autres participants !

 

 

destination islande

 

 

 

 

 

 

Train d’enfer pour Ange rouge, de Franck Thilliez

train d'enfer pour ange rouge

Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l’objet d’une mise en scène défiant l’imagination. Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l’emmener au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin…  

 

Sentiments mitigés lorsque je me referme ce premier roman de Franck Thilliez. J’ai été agréablement surprise par le style de l’auteur, qu’on peut presque rapprocher de celui de Fred Vargas (découvert dans Pars vite et reviens tard), dans le sens où on sent une vraie qualité littéraire.

 

« A bien y réfléchir, quand je me surprenais à espérer que le cadavre apporterait un point final à mes propres tourments par ses révélations, je ne valais pas mieux que le pire des criminels… »

 

Par exemple, le passage de l’autopsie, où se succèdent en parallèle les pensées du policier face à celle-ci et les principes très cliniques de cet examen post-mortem, m’ a énormément plu. A contrario, Thilliez me semble peu à l’aise dès qu’il met des mots dans la bouche de ses personnages :

 

« Je… Je veux voir ce que contiennent ces CD… Je… Laissez-moi voir… J’en ai le droit. C’est mon mari, et je l’aime ! »

 

Bon, d’accord, celui-ci est certainement le pire du livre, à l’image de la lettre du serial killer, tous deux très peu crédibles selon moi. Mais l’écrivain sait tailler des costumes sur mesure à ses personnages, on échappe la plupart du temps aux grosses caricatures ; il sait également créer des ambiances. Brrrrrrr, les scènes de crimes, l’autopsie ! Âmes sensibles s’abstenir, estomacs accrochez-vous !!!!

 

Quant à l’intrigue, quelques grosses ficelles m’ont vite dévoilé le Grand Méchant de l’histoire. En même temps, assez paradoxalement, j’ai pris plaisir à découvrir les tenants et les aboutissants de celle-ci. Certainement parce que Thilliez a le sens du rythme, alternant action et réflexion, mêlant intimement la vie privée des protagonistes et l’enquête en cours, et faisant monter la tension au fur et à mesure comme une jolie machine à vapeur… on comprend le titre Train d’enfer pour Ange rouge de plusieurs façons, croyez-moi ! En outre, ce thriller est bien documenté, et cet aspect permet de s’immerger encore un peu plus dans la lecture.

 

Bref, malgré quelques défauts, je n’ai pas pu lâcher ce livre, dont je regrette peut-être l’épilogue (en même temps, il sent légèrement le cliffhanger !?).

 

Le petit plus : D’autres romans de Thilliez m’attendant dans ma PAL, dont j’ai lu qu’ils étaient meilleurs, Train d’enfer pour Ange rouge étant un premier roman assez prometteur, à mon humble avis.

 

7/65 logo summer pal challenge #4 logo challenge serial killers

 

L’homme du lac, d’Arnaldur Indridason

l'homme du lac

Il dormait au fond d’un lac depuis soixante ans. Il aura fallu un tremblement de terre pour que l’eau se retire et dévoile son squelette, lesté par un émetteur radio recouvert d’inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l’homme du lac ? L’enquête révèlera au commissaire Erlendur le destin tragique d’étudiants islandais confrontés aux rouages implacables de la Stasi.

 

 

 

J’ai fini par replonger dans un roman d’Arnaldur Indridason. Que voulez-vous ? On aime ou on n’aime pas, et moi, j’aime ! Plus qu’un policier, on a affaire encore une fois à la description et à l’analyse de la société islandaise. L’enquête ne passe pas au second plan, d’ailleurs je peux vous assurer qu’on a très envie de savoir qui est L’homme du lac, et le pourquoi du comment.

 

 

Mais, ici, on assiste à un retour dans le passé -comme déjà notamment dans La Femme en Vert- où l’on découvre l’histoire du socialisme islandais. En effet, parallèlement, aux investigations menées par Erlendur et ses collègues, l’assassin se souvient de ce qui l’a mené au crime et nous dévoile sa victime. Rien de trash ni de sanguinolent, ici on est loin des thrillers comme L’Âme du Mal de Chattam, ou dans un policier d’emblée bien noir comme Aime-moi, Casanova d’Antoine Chainas. Non, on est vraiment dans un pur polar psychologique et sociétal.

 

 

Car la personnalité d’Erlendur est vraiment au centre de chacun des romans de l’auteur islandais, et celui-ci ne fait pas exception : spécialisé en disparitions, comme son créateur Arnaldur Indridason, il s’intéresse aux survivants, ceux qui sont encore là quand d’autres ont disparu. Assez paradoxal, quand on sait qu’il passe ses loisirs à lire des livres qui ne parlent que de disparitions, lui qui a connu celle de son frère, et qu’on a l’impression qu’il passe à côté de la vraie vie. Sauf que là, il y a des événements qui poussent Erlendur dans la bonne direction, dirait-on…

 

 

La société islandaise est aussi au coeur de ce roman ; si le passé remonte à la surface jusqu’aux heures sombres de la Stasi en RDA, on y apprend encore une tonne de choses sur l’Islande, le rythme de la vie, et donc de l’écriture, étant très différent de celui d’un pays plus méditerranéen comme le nôtre.  Ainsi, les flics se souviennent de la plupart de leurs dossiers anciens, on imagine facilement qu’ils ne croulent pas sous les affaires criminelles tous les jours, et la population nationale s’élevant à tout juste 320 000 habitants, on ne peut que comprendre ! Intéressant aussi d’aborder le système judiciaire et son fonctionnement…

 

Et surtout, surtout, enquête hors normes, sur quasiment un an, qui démarre en plein été lumineux, et où toute violence est bannie : ni course-poursuite, ni échanges de coups de feu, et pourtant une tension qui monte au fur et à mesure. Indices semés avec habileté, fausse piste, égarement, vies privées fragiles et précieuses, intuitions nous emmènent jusqu’au dénouement qu’on accueille presque avec soulagement. Et pourtant !

 

 

Bref, un excellent Indridason, non exempt de moments de tendresse, et qui, encore une fois, nous fait vivre à l’heure d’un état insulaire nordique, bien particulier.

 

 

Le petit plus : Hiver arctique est sorti tout récemment en poche chez Points, je pense qu’il va bientôt rejoindre ma PAL !

 

Le petit plus du plus : ci-dessous deux vues du lac Kleifavartn (au nom quasi aussi imprononçable que le fameux volcan qui enquiquine les avions !) où a été découvert le squelette.

 

kleifavartn kleifavartn 2

 

 

 

L’Assassin Royal, tomes 11 à 13, de Robin Hobb

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La narcheska Elliania, des îles d’Outre-mer, a lancé au prince Devoir un défi : il doit lui rapporter la tête du dragon Glasfeu s’il veut l’épouser.
Il lui faut donc se rendre sur l’île d’Aslevjal où se trouve le monstre, prisonnier de la glace. Mais le jeune homme a fort à faire pour convaincre les Outrîliens de le laisser partir. Après de longs pourparlers et des préparatifs à Castelcerf, le prince prend enfin la mer, accompagné de Fitz et d’Umbre. Hélas, à la suite des machinations de ce dernier pour l’empêcher de se joindre à eux, le fou, qui a prédit à Fitz sa mort à Aslevjal, demeure retenu dans les Six-Duchés.
Lorsque le groupe aborde l’île et son glacier, il installe son campement sur le site où gît le dragon, dans un froid polaire, parmi des plaines de glace et de neige entrecoupées de fractures et de crevasses. Mais, au moment où on commence à creuser, des événements inquiétants surgissent, qui mettent en danger l’expédition. Pourquoi ? Qui en est à l’origine ?

 

 

Comme pour les tomes 9 et 10, je vais chroniquer ces trois derniers volumes à la fois, et pour les mêmes raisons. Par où commencer ? …

 

Tout d’abord, c’est dans cette dernière partie des aventures de L’Assassin Royal que l’on en apprend le plus sur les îles d’Outremer et leur société matriarcale, mais également sur Kebal Paincru et la Femme Pâle, et la forgisation dont les Pirates Rouges se servaient pour terrorriser les Six-Duchés. Très intéressant d’ailleurs de découvrir ce mode de vie austère et difficile, qui se rapproche de celle des Montagnes dont est issue la Reine Kettricken.

 

C’est aussi forcément là que tout prend son sens… Le Prophète Blanc, le fou, et son Catalyseur, Fitz, sont au coeur de cette épopée depuis le début, et ici, plus que jamais, on le comprend. Comme toujours, Robin Hobb sait nous parler de ses personnages (quels fabuleux portraits elle trace d’eux depuis le début), mais aussi de ces pays que les héros traversent, de ces légendes sur les Anciens dont elle nous dévoile un peu plus à chaque fois tout en continuant à laisser planer un voile de mystère.

 

Bref, un régal ! Le seul bémol, et encore, c’est peut-être comment tout se termine… Il fallait bien terminer me direz-vous ! Mais, c’est à regret que j’ai quitté FitzChevalerie, Umbre, Devoir, Lourd, Fitz, le royaume des Six-Duchés lorsque j’ai tourné la dernière page. Ce fut formidable de suivre Fitz tout le long de sa vie (et encore, celle-ci n’est pas terminée quand on le quitte), et de vivre à ses côtés, par la magie des mots.

 

Le petit plus : Une suite, nommée Rain Wild Chronicles (dont le premier tome est déjà parue aux USA), devrait être chez nos libraires préférés à la fin de cette année. De quoi renouer avec les aventures de ces contrées si fascinantes ! Vous en voulez un avant-goût ?

 

Guidés par le grand dragon bleu Tintaglia, ils viennent de la mer : une Troupe de serpents luttant pour remonter la rivière du Désert des Pluies, les premiers à faire le périlleux voyage pour leur terre de transformation depuis des générations. Nombre d’entre eux meurent sur le trajet. Avec ses eaux acides et sa forêt impénétrable, c’est un lieu où il est difficile de survivre.


Mais les créatures qui émergent des cocons sont un simulacre des puissants dragons d’autrefois. Mal-formés et invalides, ils ne peuvent voler; certains semblent insensibles et bestials. Très vite, ils deviennent un danger et un fardeau pour les habitants du désert des pluies. Quelque chose doit être tenté.Les dragons se souviennent de la fabuleuse Cité des anciens loin en amont sur la rivière : c’est peut-être là que se trouve leur salut.
Seul un groupe de gardiens de dragons, également chasseurs et chroniqueurs peut tenter de retrouver la cité mythique…

 

Vivement la sortie en France : ça donne envie !!!!

 

livrethedragonkeeper2821.jpg  dragonhaven.jpg

 


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vertige franck thilliez

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