Archives pour mars 2011


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Donner c’est donner, de Stephanie Blake

donner c'est donner stephanie blake

Simon, le héros de Non pas dodo !, va jouer au circuit chez son copain Ferdinand avec ses trois voitures chouchou, la jaune, la bleue et la verte. En fait, c’est le rouge, sa couleur préférée. Et justement, Ferdinand a une voiture rouge extraordinaire. «Si on échangeait ?» propose Ferdinand. Pas facile de réussir un troc équitable. Trois voitures contre une ? Simon accepte, puis regrette, une fois rentré chez lui. Comment faire pour revenir en arrière ? Heureusement, Simon a une idée terriblement géniale…

 

A la maison, on est fan de Stephanie Blake et de son héros lapin, Simon. Aussi, Donner c’est donner n’a pas fait exception à la règle lors de sa lecture à mes lapinous à moi… A partir de situations très courantes, où les enfants s’échangent des jouets, l’auteur a su créer un album à la fois réaliste et drôle. Les enfants s’y reconnaissent, dans chaque acte et parole des personnages -des enfants eux aussi-, mais aussi dans les émotions des petits héros, et finissent le livre morts de rire.

 

Stephanie Blake sait ainsi raconter une histoire toute simple, mais aussi dédramatiser ce qui peut sembler grave aux petits. Il ne faut pas oublier la valeur qu’ils accordent à une promesse, et que donner c’est donner en est une très importante, preuve de maturité à leurs yeux comme à ceux des autres. Donc, l’album a vraiment parlé à mes trois loustics qui l’ont adoré, adhérant non seulement au texte mais aussi aux illustrations à la fois enfantines et évocatrices. Les couleurs, franches et dans des a-plats, rappellent aux petits les dessins qu’ils peuvent produire eux-mêmes, renforçant encore le sentiment de proximité avec Donner c’est donner, et tous les autres albums de l’auteur, dont c’est une des marques de fabrique !

 

Bref : Désormais, Simon fait partie de la famille, grâce aussi à cet album aux vertus pédagogiques tout en restant ludique.

 

Le petit plus : On en veut encore !!

 

Le phare, de P.D. James

le phare pd james

Au large de la Cornouailles anglaise, Combe Island abrite une Fondation destinée à permettre à des personnalités éminentes de venir jouir de la quiétude de ce lieu coupé du monde et se ressourcer à l’iode marin. Outre les résidents permanents – Emily Holcombe, dernière héritière des propriétaires de l’île, Rupert Maycroft, l’administrateur de la Fondation, Adrian Boyde, le comptable, Dan Padgett, le factotum, etc. -, Nathan Oliver, un écrivain de réputation mondiale, y séjourne régulièrement, accompagné de sa fille Miranda et de son secrétaire Dennis Tremlett. Alors que l’île accueille deux nouveaux visiteurs, l’un de ses habitants est retrouvé mort dans des conditions pour le moins suspectes. Chargé de mener une enquête aussi rapide que discrète, car Combe Island doit prochainement servir de cadre à un sommet international, le commandant Dalgliesh acquiert très vite la certitude qu’il s’agit d’un crime…

 

 Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un roman de PD James, dont j’avais notamment beaucoup aimé L’île des morts. Ici, l’auteur renoue en quelque sorte avec le principe de ce dernier, en faisant d’une île isolée le théâtre d’une mort suspecte. C’est Adam Dalgliesh, héros récurrent d’une des reines du policier anglais, qui enquête, secondé par Kate Miskin, personnage secondaire attachant, et Benton-Smith que l’on découvre.

 

Servie par une belle plume, l’intrigue nous mène de personnage en personnage (au départ, les chapitres leur sont consacrés à tour de rôle, ce qui permet de bien situer les uns et les autres), plantant le décor, pour finalement nous ballader. Les rebondissements ne manquent pas, et les protagonistes lèvent peu à peu un coin du voile du mystère, chacun à leur manière.

 

Bien évidemment, ce roman policier est d’une facture plutôt classique, mais excellent ; l’essentiel repose sur des ressorts psychologiques et sur un récit habilement mené. On ne s’ennuie pas une seconde, pris au piège de comprendre le fin mot de l’histoire. PD James se fend d’un épilogue qui permet de prolonger le plaisir d’être avec ses personnages, nous ayant par ailleurs fait déjà partager dans le prologue et au cours de l’enquête, les bribes de vie des différents acteurs de son histoire, de quoi s’attacher à certains et à en exécrer d’autres !

 

Bref : Le Phare est un roman policier anglais particulièrement bien écrit (ah ! quelle langue !), qui a le don de tenir en haleine le lecteur.

 

Le petit plus : Adam Dalgliesh étant également poète, on pose un regard inattendu sur cet homme et son métier.

 

Alpha et Omega # 1 : Le Cri du Loup, de Patricia Briggs

alpha et omega le cri du loup patricia briggs

Anna est un loup-garou.
Elle découvre un nouveau sens à son existence quand le fils du roi des loups-garous débarque en ville pour réprimer les troubles au sein de la meute de Chicago… et qu’il insuffle à Anna un pouvoir qu’elle n’avait jamais ressenti.

 

Patricia Briggs explore avec Alpha et Omega la meute du Marrock et réussit là ce qu’elle a déjà fait avec Mercy Thompson : une série où se mêle efficacement fantastique, amour, aventures et suspens. On retrouve avec plaisir les membres de la meute qu’on a entraperçu, Bran, Samuel et surtout Charles dont la compagne est si particulière, Anna. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur la famille d’adoption de notre chère Mercy mais aussi sur le fonctionnement d’une meute dont certains membres sont très âgés. Les événements contés ici se situent juste avant l’installation de Samuel chez Mercy et s’intercalent donc entre L’appel de la lune et Les liens du sang.

 

Les personnages sont vraiment réussis, et attachants, surtout Anna, jeune louve-garou de 3 ans. Le Cri du Loup est le roman où elle découvre plus sa condition, à l’instar des lecteurs : l’empathie fonctionne à fond ! Bien sûr, la romance n’est pas exempte de ce premier volume de la nouvelle série de notre auteur spécialiste es loups garous, puisque Charles et Anna n’en sont qu’au début de leur histoire. De plus, cet opus fait exception à l’une des règles qui semblent pré-établies pour la bit-lit : le triangle amoureux, et c’est finalement très reposant, une histoire d’amour n’étant jamais simple !

 

Du côté de l’intrigue, pas de déception car  Patricia Briggs gère sans problème, sachant ménager ses effets et nous réserver des surprises de taille, nous permettant de faire un petit tour du côté du passé mais aussi de l’état « psychologique » des lycanthropes de la Meute du Marrock, réputés pour la plupart inadaptés. Le Cri du Loup se lit par conséquent très facilement et avec plaisir. 

 

Bref : une belle aventure bit-lit avec des personnages qu’on est heureux de voir exploiter.

 

Le petit plus : la parution prochaine de la préquelle, L’origine, et de la suite chez Milady. Pour les impatients et amateurs de VO, c’est déjà disponible !!!

cry wolf patricia briggs

 

Un médecin sous la Régence # 2 : Le culte des dupes, de Dominique Muller

le culte des dupes dominique muller

Auteur de plusieurs biographies historiques remarquées et de romans cachant sous un cynisme apparent une sensibilité toute féminine, Dominique Muller a créé pour 10/18 un nouveau grand détective qui ne risque pas de passer inaperçu : le médecin Sauve-du-Mal, dont les enquêtes vont nous permettre de mieux connaître une époque fertile à plus d’un égard : la Régence. Epoque qui prête à tous les dévergondages romanesques avec, au premier plan, le personnage du Régent lui-même, et le climat de cynisme et de libertinage qui l’entoure. Et encore les figures imposées de son temps : empoisonnements, agiotages, rumeurs d’inceste, débauche. Dorures et ordures, parfums et saletés, raffinement du discours, plaisirs des corps : suivons Sauve-du-Mal des alcôves de la Cour aux bordels des faubourgs. « Que la fête commence » !

 

 

Ce roman classé policier est aussi un roman d’aventures, car il n’est pas sans rappeler un Alexandre Dumas, ce qui pour moi est gage de qualité. C’est bourré d’humour, d’humanité aussi, très bien documenté -l’auteure est historienne- et bien écrit : on s’y croirait à cette époque de la Régence, que pour ma part je connais mal. Fort heureusement, Dominique Muller ouvre son livre par une préface historique sur cette période, brève (de 1715 à 1723). C’est passionnant, car nuancé, intelligent, accrocheur en un mot.

 

 

Le culte des dupes est le deuxième volet des aventures du Dr Bonnevy, dit Sauve-du-Mal, chimiste du Régent, né juif (ce qu’il garde secret) hollandais ayant acheté ses « papiers de bon catholique » et qui s’adonne aux enquêtes non pas à ses heures perdues, mais tout entier quand l’innocence est menacée et que la duperie est aux commandes. Le personnage de ce médecin est loin d’être manichéen -tout comme le roman-, il a les deux pieds dans deux mondes (la noblesse et les petites gens), il est doué d’empathie -ce qui forcément déteint sur le lecteur !- et très humain.

 

 

On croise grâce à lui nombre de personnalités historiques mais également des personnages imaginaires, croqués à la perfection, le tout s’imbriquant comme un beau puzzle dans une intrigue qu’on a plaisir à suivre. Le tout est de savoir comment le détective amateur arrivera à en dénouer les fils, à la manière d’un Columbo du 18ème siècle, car on connaît les méchants, ainsi que les tenants et les aboutissants du mystère.

 

 

Dominique Muller en profite pour égratigner le pouvoir, les riches et leur futilité jusqu’à la stupidité, la religion hypocrite car plus soucieuse de son image que de spiritualité. Si elle n’épargne pas tout ce beau monde, elle n’hésite pas à donner des circonstances atténuantes aux escrocs et autres bandits, ce qui est rafraîchissant.

 

 

Bref : un très bon moment passé à une période de l’Histoire de France plutôt méconnue.

 

 

Le petit plus : Les autres volumes d’Un médecin sous la Régence viennent de rejoindre allégrement ma PAL !

 

 

 

L’enfant qui savait tuer, de Matt Whyman

l'enfant qui savait tuer matt whyman

Haut comme trois pommes, Sonny déteste qu’on l’appelle Shorty. A douze ans, il aime encore les sucettes et vit à Medellin, en Colombie. Une ville où les trafiquants de drogue font la loi et où les armes remplacent souvent les mots. Plus qu’un copain, Alberto est pour Sonny un véritable frère. Tous deux rêvent de fuir la misère et la rue. Quand Alberto se fait  » embaucher  » comme tueur à gages par un parrain de la drogue et finit par disparaître tragiquement, Sonny se retrouve seul, totalement perdu. Une seule voie s’impose à lui prendre la relève de son ami. Un revolver lui procurera le respect et la sécurité auxquels il aspire. Et de quoi vivre décemment. En toute innocence, Sonny signe ainsi sa perte. Mais a-t-il vraiment le choix ? 

 

Matt Whyman est américain et n’a pas mis les pieds à Medellin, où il situe l’action de L’enfant qui savait tuer ; il l’a reconstituée à partir de cartes et de livres… Néanmoins, son roman est basé sur une histoire vraie. Et c’est peut-être ce qui importe le plus, car ici, c’est l’humain qui prédomine, même s’il est ancré au coeur d’une ville particulière, celle de Pablo Escobar, roi de la drogue jusqu’en 1993, date de sa mort lors d’une opération destinée à anéantir son empire criminel.

 

L’enfant qui savait tuer, c’est Shorty, un gamin pas très grand, qui a fait des choix, guidé par l’amitié et par l’amour. Il raconte sa propre histoire, avec des mots simples et pourtant chargés d’émotions, de force, de vie tout bonnement. Sonny/Shorty est d’une lucidité absolue, à chaque moment. Il sait ce qu’il fait, pourquoi il le fait.

 

Matt Whyman, de sa belle écriture (je me suis demandé un instant si elle n’était pas trop belle pour porter le récit de Shorty, et puis non  ! car elle est surtout le reflet de très beaux sentiments), arrive à nous transporter dans sa Medellin, car il nous donne des personnages consistants, des parcours de vie crédibles et a su exploiter judicieusement sa documentation, plaçant ses connaissances des lieux et sujets traités. Il nous confirme ainsi qu’une ville, un pays, c’est d’abord les gens qui y habitent. 

 

Bref : un très bon roman, où l’émotion est présente à chaque page.

 

Le petit plus : Pour découvrir encore plus le pays d’Ingrid Bettancourt, des Farc, de la cocaïne mais aussi des gens plus ordinaires, n’hésitez pas à aller voir les billets de Destination Colombie organisé par Everthorus.

 

medellin barrio 13 de noviembre  medellin centre

barrio guyaquil  la virgen de los sicarios medellin

 

destination colombie

 

 

 

 

 


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