Archives pour mars 2011


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Les Chansons du Séraphin # 1 : L’Heure de l’ange, d’Anne Rice

l'heure de l'ange anne rice

Lucky, Toby ou encore Tommy… son nom importe peu. L’important, c’est sa discrétion, son professionnalisme, sa compétence à exécuter froidement les cibles qu’on lui désigne. Après un contrat particulièrement éprouvant, Lucky est abordé par un mystérieux inconnu, un certain Malchiah. Ce Malchiah sait tout de lui, dispose de pouvoirs stupéfiants, et prétend être son ange gardien. Il lui offre de racheter ses crimes en sauvant des vies plutôt que de les prendre, et d’aider une famille juive au Moyen Âge accusée de meurtres rituels.
Est-ce un ange, un rêve ou un cauchemar ?

 Je suis une grande fan des Chroniques des Vampires d’Anne Rice, ainsi que de sa Saga des Sorcières. Aussi, j’étais très curieuse de lire sa dernière série consacrée aux anges. C’est chose faite avec L’Heure de l’ange, le premier volume des Chansons du Séraphin. J’ai lu ici et là sur la blogosphère que ce livre était une déception… Il n’en a rien été pour moi. Certes, on n’y retrouve pas la lourde et perturbante sensualité qui se dégage de ses vampires ou de ses sorcières, mais bien autre chose. Pourquoi demander à un auteur de répéter éternellement ce qu’il sait faire ?

 

 

L’Heure de l’ange est une histoire fantastique, faite de culpabilité, de rédemption, d’amour de Dieu et des autres, non pas consacrée à une religion mais à un Créateur rassemblant en son sein les hommes. Il y a dans ce roman une lumière assez incroyable, on sent toute la foi qui porte Anne Rice, par l’intermédiaire de ses personnages. Pour parler un peu d’eux, il s’agit surtout de Lucky, un assassin, un tueur à gages, au parcours très particulier. Il nous raconte son histoire, puis c’est un Ange qui prendra le relais ; une femme viendra également nous parler d’elle : je n’y ai rien vu de gênant, les récits étant bien découpés, et annoncés. C’est même d’ailleurs très appréciable, car on porte alors plusieurs regards sur la fiction qui nous est contée ici, sur les différents acteurs, les événements plus ou moins graves… L’auteur trace le portrait de beaux personnages, faits de complexité, guidés par des sentiments tels que l’amour, l’orgueil, la fierté, la bonté et bien d’autres encore. On s’attache au passage à plusieurs d’entre eux, profondément humains.

 


L’intrigue est assez surprenante, prenant son temps au départ, certes, mais cela ne m’a pas paru long : j’ai aimé faire connaissance avec le héros de L’heure de l’ange, dans une intimité chaleureuse et sans concessions, assez paradoxalement. Lorsque l’action s’accélère, les chapitres raccourcissent, on a de plus en plus hâte de connaître le dénouement, et d’approcher la vérité ultime de cette rencontre entre Lucky et son ange gardien, entre le meurtrier et Dieu.

 

 

L’écriture d’Anne Rice est toujours aussi belle, portée par une langue riche et voluptueuse, avec un plaisir des mots prononcé. Elle sait influer des rythmes variés à son récit, alternant les moments d’introspection, avec ceux plus rapides et trépidants du mouvement, de l’action… Elle nous mène également sur des chemins de l’Histoire, nous en faisant découvrir ou nous en rappelant de sombres périodes. Ici, nous avons rendez-vous avec le Moyen-Âge, restitué grâce à une narration bien documentée, sans avoir le sentiment d’assister à un cours mais d’une manière très vivante au contraire.

 

 

Bref : L’Heure de l’ange ouvre une nouvelle série, différente des précédentes, de belle façon, surprenant le lecteur sans le décevoir.

 

 

Le petit plus : une fin qui promet une suite bien intéressante…

 

l'heure de l'ange anne rice

 

 

La Cité des Ténèbres # 1 : La Coupe mortelle, de Cassandra Clare

la cité des ténèbres la coupe mortelle cassandra clare

Clary n’en croit pas ses yeux. Elle vient de voir le plus beau garçon de la soirée commettre un meurtre. Et détail terrifiant: le corps de la victime a disparu d’un seul coup! Mais le pire reste à venir…Sa mère a été kidnappée par d’étranges créatures et l’appartement complètement dévasté.  Sans le savoir, Clary a pénétré dans une guerre invisible entre d’antiques forces démoniaques et la société secrète des chasseurs d’ombres… Une guerre dans laquelle elle a un rôle fatal à jouer.

 

 

Une chouette découverte que ce premier opus de La Cité des Ténèbres ! Je ne regrette pas de m’être laissée tenter par une belle couverture et une quatrième de couv’ prometteuse, pour une fois…

 

 

Avec La Coupe mortelle, on plonge dans un univers où les créatures surnaturelles, les démons, les néphilim et autres vivent au milieu des êtres humains, protégés par leurs secrets et des charmes qui les dissimulent au commun des mortels. Cassandra Clare a créé un monde cohérent, à la fois sombre et lumineux, dont le manichéisme est absent (ouf !), et dont les protagonistes séduisent le lecteur. Car ils sont bien croqués, attachants et mystérieux pour les plus sympathiques, et bien répugnants et odieux pour les plus maléfiques.

 

 

L’intrigue est plutôt étoffée, et nous réserve sa part de rebondissements et de surprises. Evitant l’écueil du convenu et du prévisible la plupart du temps, ce qui est très agréable dans ce qui pourrait n’être qu’une énième oeuvre fantastique destinée à la jeunesse, depuis la mode générée par Harry Potter.

 

Le style de Cassandra Clare est fluide, simple sans être simpliste. Elle plante les décors et les personnages efficacement et nous accroche de telle sorte qu’il est difficile de reposer le livre une fois celui-ci commencé. La preuve : j’ai lu ce roman d’une seule traite !

 

Bref : un premier volet des aventures de Clary, Jace et les autres réussi.

 

Le petit plus : et bientôt une adaptation au cinéma !

 

the city of bones cassandra clare

 

 

Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll

alice au pays des merveilles lewis carroll

« Quand le Lapin sortit une montre de son gousset, la regarda et reprit sa course, Alice se leva d’un bond car, en un éclair, elle réalisa qu’elle n’avait jamais vu un lapin avec un gousset et une montre à en sortir. Dévorée de curiosité, elle le suivit à travers champs, et eut juste le temps de le voir s’engouffrer dans un vaste terrier sous la haie. » Pourquoi Alice s’étonnerait-elle alors de rencontrer chemin faisant une Reine de Cœur, un Griffon, un Chapelier, un Lièvre de Mars ou de prendre le thé chez les fous ? C’est au pays des merveilles que l’a entraînée le lapin blanc, un pays où elle ne cesse de changer de taille, et où tout peut arriver.

 

 C’est un tout petit roman qu’Alice au pays des merveilles, mais un roman très surprenant. Je n’en connaissais que l’adaptation éponyme de Walt Disney, et il faut bien reconnaître que le livre de Lewis Carroll est autrement plus absurde.

 

Tout d’abord, l’auteur adore jouer avec les mots, profitant de ce qu’Alice soit une petite fille convaincue de son savoir et de son importance, ce qui donne lieu à toutes sortes de fantaisies. Personnellement, je ne les ai pas trouvées très drôles, ces aventures, peut-être parce que l’héroïne a eu le don de me taper sur les nerfs. Rarement un personnage livresque m’aura fait un tel effet ! Elle est une enfant à la langue bien pendue, imprudente et toute gonflée d’orgueil. Résultat : elle ne s’émerveille pas de ce qu’elle voit la plupart du temps, mais fait la leçon à tous ceux dont elle croise le chemin. En somme, une mini-adulte qui, n’étant qu’une enfant, sait assez peu de choses et est souvent blessante.

 

Ensuite le pays des merveilles est un univers parfaitement absurde, doté d’une logique bien particulière, où l’on ne comprend pas tout à fait le rôle de chaque personnage à l’intérieur de celui-ci (on a longtemps l’impression d’une accumulation !). Les choses s’éclairent un peu plus à la fin du roman , où tout s’articule finalement autour de la Reine de Coeur et de son « jeu de cartes ».

 

Au bout du compte, on finit par comprendre que le pays des merveilles est un monde parallèle, qui reproduit notre société d’une façon telle que tout semble possible, mais où, en fait, rien ne l’est : les différents protagonistes semblent en effet tous bloqués dans des systèmes de fonctionnement dont ils ne peuvent sortir, à l’instar du Chapelier qui prend indéfiniment le thé (point de non-anniversaire comme dans le dessin animé) ou la Reine qui passe sont temps à clamer « Qu’on lui coupe la tête ! ». Métaphore d’une société adulte qui nous emprisonne ??!?

 

J’ai par ailleurs peu goûté les poèmes qui parsèment le  récit ; j’ai eu l’impression à chaque fois de « cheveu sur la soupe » au milieu d’un rythme trépidant, et venant tout casser… Peut-être n’ai-je pas la culture britannique qui permet de les apprécier…

 

Bref : un grand classique qui me laisse une impression mitigée.

 

Le petit plus : La suite, De l’autre côté du miroir, m’attend bien au chaud dans ma PAL !

 

Merci qui ? Merci à Bleue et Violette chez qui j’avais gagné les deux romans lors d’un concours qu’elles organisaient.

 

 

Phaenomen #3 : En des lieux obscurs, d’Erik L’Homme

phaenomen en des lieux obscurs erik l'homme

Ils ont fui la clinique où ils étaient enfermés. Ils ont échappé aux tueurs à gages lancés à leur poursuite et semé la panique au sein d’organisations aussi puissantes que mystérieuses. En cherchant à savoir qui ils sont vraiment, ces quatre adolescents hors norme ont déjà dérangé l’ordre du monde. Mais, pour eux, l’heure est maintenant venue de découvrir le secret le mieux gardé de l’histoire de l’humanité. L’inimaginable est là, au bout du chemin, en des lieux obscurs.

 

 Troisième et dernier volet de la trilogie Phaenomen, En des lieux obscurs est passionnant car on y trouve les réponses à nombre de mystères qui s’ouvraient à nous dans les deux précédents opus. Mais c’est là aussi le plus sombre des romans qu’Erik L’Homme a consacré à ses quatre héros, Nicolas, Arthur, Violaine et Claire. Atmosphère dure, hantée par des cauchemars et les humeurs difficiles des différents protagonistes, tout ou presque concourt à dévoiler des vérités qui font -peut-être- mal. Heureusement, quelques lueurs trouent l’obscurité, l’amitié profonde liant les quatre jeunes gens étant l’une d’elles.


L’auteur reprend les mêmes principes d’écriture que dans Phaenomen ou Plus près du secret, avec toujours autant de succès et d’efficacité, assurant ainsi une continuité dans sa trilogie. Erik L’Homme se sert d’une plume dynamique, à la fois fluide et riche : il ne prend pas ses lecteurs pour des abrutis !

 

L’aventure est au rendez-vous, le fantastique également et En des lieux secrets nous tient sans anicroche dans les filets de son suspens. Une pointe de tristesse ne peut être que ressentie en refermant le livre, qui se termine en nous laissant libre interprétation de certains événements -ça, c’est mon côté optimiste qui parle, refusant certainement la réalité ! ou alors, un peu à la manière de l’excellent Labyrinthe de Pan, film de Guillermo del Toro.

 

Au final, Phaenomen est une bien belle trilogie, sans concessions, ne cédant en rien à la facilité comme certains auteurs de roman jeunesse ont la faiblesse de le faire trop souvent à mon goût.

 

Bref : un livre qui clot habilement une saga très réussie, et qui porte bien son titre.

 

Le petit plus : l’envie de prolonger le plaisir avec cet auteur dans A comme Association, qu’il avait commencé à écrire en collaboration avec Pierre Bottero !

 

Wonderland Avenue, de Michael Connelly

wonderland avenue michael connelly

Alors que Los Angeles en liesse célèbre la nouvelle année, un chien déterre un os d’enfant près de Wonderland avenue. Chargé de l’affaire, l’inspecteur Bosch découvre que le gamin, mort depuis une vingtaine d’années, était rossé régulièrement. Il s’agit évidemment d’un assassinat, mais pourquoi le corps a-t-il été enterré à la va-vite ? Une affaire insoluble sans le soutien de la ravissante Brasher, nouvelle recrue au charme qui ne laisse pas Bosch indifférent…

 

Je n’ai pas tenu bien longtemps avant de replonger dans les aventures d’un de mes flics préférés, Harry Bosch : une vraie junkie ! On a droit cette fois-ci à un roman douloureux, tant par le sujet choisi (le meurtre d’enfant) que par la tranche de vie d’Harry sur les quelques treize jours qui constituent le laps de temps « réel » de Wonderland Avenue. Il ne m’a fallu à moi qu’une petite nuit pour dévorer mon péché mignon… addiction quand tu nous tiens !


Il se fait littéralement trimbaler, notre inspecteur, tout comme nous, tâchant de boucler son affaire contre vents et marées, traversé d’intuitions, de doutes, de certitudes, butant contre des obstacles imprévus, jusqu’au dénouement final qui ferme la boucle (c’est tout ce que je dévoilerai, ce serait dommage de spoiler !). De plus, le passé de Bosch est toujours omniprésent, le piégeant là où il s’y attend le moins, et le lecteur avec ! 

 

Michael Connelly maltraite notre héros, en écho à d’autres maltraitances, dont il est question dans ce roman. Si nous n’assistons à rien de véritablement « trash », ce sont les souvenirs qui ont gardé une force de frappe étonnante, nous renvoyant à la face l’existence des uns et des autres… nous rappelant aussi à quel point l’indifférence, la peur sont des armes également.


Bref : un opus qui fait son effet, où tout semble n’être que miroir, mais où la réalité rattrape vite les personnages.

 

Le petit plus : c’est le volume qui marque le tournant pour Bosch, celui où il plonge dans des affaires oubliées… 

 

 

wonderland avenue michael connelly

 

 


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