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Archives pour 27 mars, 2011

L’âme humaine et le socialisme, d’Oscar Wilde

l'âme humaine et le socialisme oscar wilde

« Oscar Wilde maniait la langue comme le plus efficace des fouets, capable aussi bien de gifler que de caresser. Il pensait avoir giflé l’Angleterre. Mais le vieux lion cessa bientôt de s’amuser et le dévora dans un tribunal. On porta les restes de l’ancien prince dans une cellule de la prison de Reading où, pendant deux ans, ses derniers muscles furent rongés par la fatigue et les rats. Né en Irlande, il acheva de mourir en France. L’Angleterre n’eut que sa vie.
Oscar Wilde est aimé aujourd’hui, et il ne peut rien contre cet amour. On aime les artistes morts car ils sont sans défense ».

 

Oscar Wilde est un de mes auteurs préférés, je l’ai déjà dit sur ce blog. Mais je ne connais pas toute son oeuvre, loin s’en faut. L’âme humaine et le socialisme est un court essai qu’il a écrit en 1891, on l’apprend -ainsi que d’autres choses- dans une préface fort précieuse pour situer le contexte de cette réflexion.

 

Plein de paradoxes, et d’une logique propre et pourtant parfaitement cohérente, L’âme humaine et le socialisme porte la force de convicition de l’auteur britannique si scandaleux. Je ne le savais pas socialiste, j’étais donc curieuse de mettre à jour cet aspect de lui. J’ai vu alors un homme prônant avec passion l’individualisme -surprenant au prime abord ! Mais en tournant les pages, je m’aperçois que cet indivudalisme n’est pas synonyme d’égoïsme, mais de réalisation de soi, pour être plus grand, et ainsi changer la société tous ensemble, en profondeur.

 

Oscar Wilde déteste et villipende la charité, non qu’il ne comprend pas les souffrances ni la pauvreté mais parce qu’il estime qu’elle maintient les êtres humains dans un  état de faiblesse, tel qu’ils ne peuvent s’élever. L’auteur de Salomé rêve d’un monde meilleur, où tous vivront dans le confort sinon la prospérité, la culture, le désir commun de bâtir ensemble.

 

Le style d’Oscar Wilde est simple, empreint de passion et de sa foi en des idéaux. Il argumente, défend des points de vue, sans jamais céder au manichéisme, des riches contre les pauvres par exemple.

 

L’objet livre en lui-même est une jolie réussite, avec une belle couverture, et un beau grain de papier qu’on aime feuilleter.

 

Bref : Un petit essai qu’on aime lire non seulement pour le fond mais aussi la forme.

 

Le petit plus : Le Book Club du mois d’avril (qui aura lieu le 23 avril) est consacré au Portrait de Dorian Gray, à lire ABSOLUMENT, et dont L’âme humaine  et le socialisme défend quelques valeurs ici.

 

Merci qui ? Merci à  Blog-O-Book et aux éditions Aux forges de Vulcain pour ce partenariat très instructif !

 

 

Double blanc, de Yasmina Khadra

double blanc yasmina khadra

Le tonnerre éructe de toutes ses forces dans la nuit. De temps à autre, les lumières éblouissantes de l’éclair ricochent sur le bas quartier, peuplant les recoins de visions cauchemardesques. Il est vingt-deux heures, et pas un chat ne se découvre assez de cran pour se hasarder dans les rues. C’est l’heure où les gens s’autoséiquestrent pour se forger des alibis, la conscience cadenassée, un sommeil opaque sur les yeux. Le moindre friselis est perçu comme un cri d’agonie. Alger retourne en enfer.

 

Après Morituri (qu’hélas, ma médiathèque ne possède pas !), Double blanc est le second volet des enquêtes du Commissaire Llob dans l’Algérie en guerre intégriste. C’est la première fois que je lis Yasmina Khadra, et je me demande comme on a pu croire que l’auteur était une femme. Car voilà une écriture masculine, virile au possible ! Peut-être le genre y est pour quelque chose, mais tout de même…

 

 C’est le Commissaire Llob qui narre son enquête placée sous le signe d’attentats terroristes à Alger. Langage imagé, sens des métaphores, analyse d’une société en plein désarroi, dans une ambiance permanente de danger, Yasmina Khadra nous fait vivre les heures sombres de son pays. Avec cruauté -l’auteur dit bien haut ce qu’il pense- et révolte, à travers son héros, il nous dit son dégoût du fondamentalisme, de la barbarie et aussi son admiration pour ceux qui résistent encore, tant à la peur qu’aux sirènes de l’intégrisme.

 

Llob mène une vraie investigation, passionnante, haletante et nous embarque à sa suite sans peine dans son univers, tout en exprimant un amour profond pour son pays. Les personnages sont nombreux : policiers, politiciens, chefs d’entreprise, indics et d’autres encore,  mais jamais on ne s’y perd : on adore  les humer, les goûter pour mieux découvrir l’Algérie, Alger et ses habitants.

 

Bref : un très bon roman policier, surprenant, servi par une écriture talentueuse, au ton acerbe et désabusé.

 

Le petit plus : Yasmina Khadra est une belle découverte encore une fois grâce à Pimprenelle ; je prolongerai sans nul doute le plaisir avec d’autres romans, tant de la série, qu’en allant faire un tour sur les blogs des autres participants à Découvrons un auteur.

 

Merci qui ? Merci à Véro de 100 et 1 qui, par ses différentes chroniques sur cet auteur, m’a donnée envie de le lire !

 

Et dedans ?

C’est vrai, nous sommes en Algérie. Et l’Algérie [...], c’est comme de l’or, plus on s’y frotte, plus elle brille. C’est un bled d’Erguez. Ca baisse la garde quelquefois, mais jamais la culotte. Et plus on l’accule, et mieux elle se défend.

Le soleil se complique l’existence derrière la stèle du Maqam. Il voudrait bien flirter avec les nuages mais il craint d’être pris en canard sauvage. Le ciel étale sa frousse bleue sur la baie frissonnante.Alger cuve son chagrin comme un clodo son vin frelaté. Ramassée sur elle-même, elle s’escrime à contenir ses soubresauts pour ne pas éclater. Dans mon bureau stressant, j’essaye vaguement de me noyer dans une tasse de café.

 Le cafetier nous ignore depuis son comptoir rudimentaire, une grimace obscène au milieu de sa barbe. C’est une espèce de créature rabougrie, au look de gargouille d’église, les épaules par-dessus la tête et les yeux globuleux. Il a tellement de poils sur la figure qu’on le croirait encagoulé. Bref, le genre d’énergumène à ne jamais montrer sans prévis aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux enfants bien éduqués.

 

double blanc yasmina khadra

22/50tour du monde

logo yasmina khadra   
 

 



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