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Archives pour janvier 2011


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L’homme aux lèvres de saphir, de Hervé Le Corre

l'homme aux lèvres de saphir

Paris, 1870. Une série de meurtres sauvages semble obéir à une logique implacable et mystérieuse qui stupéfie la police, fort dépourvue face à ces crimes d’un genre nouveau. Le meurtrier, lui, se veut « artiste » : il fait de la poésie concrète, il rend hommage à celui qu’il considère comme le plus grand écrivain du XIXème siècle, Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont, dont il prétend promouvoir le génie inconnu.
Dans le labyrinthe d’une ville grouillante de vie et de misère, entre l’espoir de lendemains meilleurs et la violence d’un régime à bout de souffle, un ouvrier révolutionnaire, un inspecteur de la sûreté, et deux femmes que l’a vie n’a pas épargnées vont croiser la trajectoire démente de l’assassin. Nul ne sortira indemne de cette rencontre.
Ce livre a reçu le grand prix du roman noir français au festival de Cognac 2005 et le prix mystère de la critique 2005. 

 

L’homme aux lèvres de saphir est un roman brillant, où la trame historique est magnifiquement retracée : ambiances, langages, faits historiques et personnages du quotidien de l’époque font revivre pour nous ces années 1870. Les différents protagonistes sont d’une telle richesse, attachants pour certains, repoussants, ignobles pour d’autres, que l’on y croit à chaque instant. On croise des figures célèbres comme le Comte de Lautréamont, Verlaine ou encore des syndicalistes. On côtoie tous les milieux, policiers, artistiques, ouvriers, politiques, racailles et autres qui se mêlent plus ou moins ; Le Corre plante ses décors de façon très réaliste, vivante : on entend les cris, les bruits, on sent les odeurs de Paris… Avez-vous l’excellente série Maison Close sur Canal + il y a peu ? On y retrouve le même genre d’atmosphère. 

 

De plus, l’auteur émaille son récit de considérations scientifiques -l’autopsie-, syndicaliste -l’Internationale- ou sociétales -le statut de l’ouvrier par exemple- qui y apportent une profondeur qu’on ne trouvent pas dans tous les romans de ce genre.

 

L’intrigue, quant à elle, est complexe, croisant les destins d’hommes et de femmes de plus d’une manière. Elle nous emmène sur les chemins de la folie, de l’amour des mots, de l’amour du mal ou de l’amour tout court. Meurtres horribles, belles amitiés, amours étonnantes, nous allons d’un univers à l’autre, le tout formant la société française de 1870, à l’aube du conflit avec la Prusse.

 

Bref : un polar sur fond historique d’une réelle épaisseur et passionnant à tous points de vue. Pas une fausse note, vous auriez tort de passer à côté !

 

Le petit plus : Le serial killer (oui, oui !) est guidé tout au long par Les Chants de Maldoror de Lautréamont (dans ma bibliothèque d’ailleurs), dont je vous offre les premières lignes :

 

 Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme 
ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers
 les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison; car, à
 moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension 
d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre
 imbiberont son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout le monde
 lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer 
sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans
 de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant.

 

 

Femmes de l’Autre-Monde #2 : Capture, de Kelley Armstrong

capture de Kelley Armstrong

Elena Michaels est une femme recherchée. Elle n’a pourtant rien fait de mal. Enfin, pas récemment. Mais il y a dix ans, son amant l’a changée en loup-garou. La seule femme loup-garou au monde, en vérité. Et aujourd’hui, alors qu’elle parvient enfin à l’accepter, un groupe de scientifiques apprend son existence. Ils la pourchassent et elle s’apprête à foncer droit dans leur piège. Mais c’est sans compter sur la famille adoptive d’Elena, la Meute, qui ne reculera devant rien pour la retrouver. Et sans compter non plus sur Elena elle-même, ce qui est une grossière erreur.

 

J’ai, je l’avoue, retrouvé avec plaisir Elena et la Meute. Je pense que ce qui m’a le plus plu dans cet opus, c’est l’humour noir et grinçant adopté par l’héroïne, l’autodérision qu’elle pratique assez régulièrment, et ça permet de dépasser le côté fantastique de ce genre de livre.

 

Alors, certes, ici encore on a affaire avec un roman classé bit-lit, mais très franchement, Kelley Armstrong développe avec Capture une histoire bien noire, avec des loups-garous aux manières expéditives, où la survie est certainement ce qui compte le plus. D’ailleurs, ce deuxième opus de Femmes de l’Autre-Monde n’est que ça : un livre sur la survie, où la chasse peut prendre divers aspects, celui du jeu, de la nourriture, celui de la vie tout simplement…

 

On y découvre également une Elena qui s’assume beaucoup plus en tant que loup-garou que dans Morsure, et c’est une évolution de son personnage intéressante à suivre. De nouveaux protagonistes font leur apparition, notamment du côté surnaturel : sorcières, démons, mages et autres créatures nous sont révélés tout comme à l’héroïne. Et puis, je dois être maso, mais j’adore le personnage de Clay, certainement parce qu’il est le plus sombre des protagonistes, en -apparemment- totale opposition avec Jérémy, toujours aussi mystérieux.

 

Bref : un roman où l’action prend une grande part, et où le style est purement distrayant. De quoi bien se changer la tête ! Avec tout de même une petite réflexion sur l’étude des phénomènes paranormaux et leur utilisation…

 

Le petit plus : Vraiment, le fait que Kelley Armstrong mette en avant les questions de féminité (je ne dirais pas de féminisme, c’est pas mon truc !) dans des contextes tels que celui-là ajoute un supplément pour un lectorat féminin… mais qui peut sûrement s’avérer utile pour certains hommes ! emoticone

 

Et après ? L’auteur ne s’est pas arrêtée en si bon chemin, et on retrouve ses personnages dans Magie de pacotille, Magie d’entreprise, Hantise et Rupture… je crois que je vais me laisser tenter par la suite de l’aventure !

 

capture stolen

 

 

 

Le sang du temps, de Maxime Chattam

le sang du temps chattam

Paris, 2005. Détentrice d’un secret d’Etat, menacée de mort, Marion doit fuir au plus vite. Prise en charge par la DST, elle est conduite en secret au Mont-Saint-Michel.

Le Caire, 1928. Le détective Matheson consigne dans son journal les détails d’une enquête particulièrement sordide: des cadavres d’enfants atrocement mutilés sont retrouvés dans les faubourgs du Caire. Rapidement, la rumeur se propage: une goule, créature démoniaque, serait à l’origine de ces meurtres. Mais Matheson refuse de croire à la piste surnaturelle.

A première vue, rien de comun entre ces deux époques. Et pourtant…
La vérité se cache dans ces pages. Saurez-vous la retrouver ?

 

Le sang du temps est un roman de Chattam à la construction différente de celle de la Trilogie Josh Brolin (appelée aussi Trilogie du Mal), car il fait de nombreuses incursions dans le passé par l’intermédiaire d’un journal intime. De quoi être plongé au coeur d’une enquête quelques dizaines d’années plus tôt…

 

Comme à son habitude, l’auteur sait distiller les moments de frissons, les touches de fantastique et les moments d’accalmie… pour mieux nous piéger, bien sûr. Une vraie toile d’araignée qu’a tissé le français, situant son action à la fois au sein d’une confrérie religieuse installée au Mont Saint-Michel, battu par les vents, la tempête et nous transportant en Egypte où l’on transpire autant de chaleur que d’effroi et d’horreur.

 

On assiste ainsi à deux enquêtes entremêlées, où l’on doute, où l’on croit puis où, finalement, on se laisse totalement prendre, sans défense, comme la mouche collée aux fils arachnéens. Miam ! Chattam vient de faire de son lecteur une grosse bouchée !

 

Les personnages sont intéressants, même si celui de Marion semble quelque peu un ton en-dessous par exemple d’une Annabel O’Donnel, mais tout le monde n’est pas Annabel ! Sa particularité est peut-être d’être une espèce de témoin indirect d’une tragédie lointaine, qu’elle a l’impression de voir se rejouer sur l’île ensablée, en pleine paranoïa (?) causée par son histoire personnelle et par la lecture de ce journal…

 

Bref : un bon roman, même si pour moi la Trilogie Josh Brolin est un cran au-dessus, auquel on se laisse facilement prendre grâce au talent de Chattam pour créer des ambiances et des intrigues.

 

Le petit plus : C’est le dernier livre que j’ai lu dans le cadre du challenge Serial Killer, en novembre (oui, j’ai du retard dans mes chroniques !) J’ai hâte de voir les résultats !

 

logo challenge serial killer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Communauté du Sud # 10 : Une mort certaine, de Charlaine Harris

une mort certaine charlaine harris

 » Enfin ! Enfin ma relation avec Eric commence à ressembler à quelque chose ! Après toutes ces épreuves, moi, Sookie, je l’ai bien mérité. Mais hélas, au moment où tout semble aller pour le mieux, voilà que mon entourage se met à me créer de nouveaux problèmes : Sam, Billet même Eric ! Et la fureur qui a entouré la Grande Révélation des hybrides n’est pas vraiment retombée…  » Sookie Stackhouse est à peine remise de la révélation de son arrière-grand-père qu’elle doit faire face à un visiteur imprévu : le créateur d’Eric, un vampire venu tout droit de l’Antiquité, accompagné d’un étrange jeune garçon aux moeurs sanguinaires. Et de l’autre côté, entre s’occuper de son couple et gérer sa famille faé, la jeune serveuse de Bon Temps a encore fort à faire… 

 

Un volume à l’ambiance pas très gaie que ce number 10 ! Même Sookie en perd son humour, si indissociable de sa personnalité. Il faut dire qu’à la fin de Bel et bien mort, notre héroïne avait de quoi le perdre ! Dans la continuité, il règne ici une atmosphère lourde, à peine allégée par quelques moments heureux. C’est donc sans aucun doute le plus sombre de toute la série, le précédent étant quant à lui plutôt versé dans l’horreur et le sordide de la guerre.

 

Ca n’en retire néanmoins rien à l’intérêt de cet opus, qui réside très certainement dans l’apparition de nouveaux personnages et de leur interaction avec Miss Stackhouse. Celle-ci, d’ailleurs, révèle une facette de sa personne assez surprenante, pour qui se rappelle la jeune et naïve serveuse du premier volume de La Communauté du Sud.

 

Charlaine Harris a su ainsi faire évoluer sa saga bit-lit en un objet plus fantastique, plus en adéquation avec le surnaturel peut-être qu’au départ. Les personnages tels que Sookie, Bill, Eric, Pam, Sam et Jason par exemple ont beaucoup changé et l’auteur a su nous les révéler peu à peu sous des angles inattendus par rapport au parti pris un peu « mou » que j’avais peu apprécié dans Quand le danger rôde.

 

Bref : un roman sombre où vampires, loup-garous et faés ont la part belle encore une fois, et où j’ai découvert finalement que j’aimais beaucoup ce qu’était devenu La Communauté du Sud, belle surprise !

 

Le petit plus : Les éditions J’ai Lu rééditent toute la série en redonnant leurs noms d’origine aux personnages et lieux, une heureuse initiative !

 

Merci qui ? Merci à Livraddict et aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat très sympathique qui m’a confirmé dans mon choix de poursuivre la lecture de cette saga après un premier tome un peu décevant.

 

livraddict small  logo j'ai lu

 

 

« On m’a demandé de vous calmer », de Stéphane Guillon

on m'a demandé de vous calmer stéphane guillon

« Le patron de Radio France me propose un thé vert. Deux énormes théières trônent sur une table de réunion ovale. Je décline l’offre.

« Vraiment? Vous ne voulez rien boire? »

 S’ensuit une longue discussion sur l’humour, ses limites, ce qui est drôle, ce qui ne l’est pas…
Bizarrement ma tête bourdonne, je repense à mes débuts, mes galères, mes premiers pas sur scène, mes premières chroniques radio, avec toujours le même but: faire rire les autres… Et puis j’entends cette phrase étrangement menaçante: « On m’a demandé de vous calmer ».
Comme si quelqu’un venait de siffler la fin de la récré. »

 S.G.

 

 

Je ne connaissais des chroniques de Stéphane Guillon sur France Inter que les quelques coups d’éclat médiatisés qui ont fini par lui valoir la porte de la grande radio publique ; je connaissais plus ses chroniques chez Ardisson dans Salut les Terriens, et j’avais vu quelques uns de ses sketches… Bref, voilà un homme insolent qui dit tout haut les absurdités qui ont le don de m’énerver.

 

Alors, à la lecture de ses textes, je n’ai pu bien sûr m’empêcher de penser au Tribunal des Flagrants Délires, de Pierre Desproges -avec Daniel Prévost-, Desproges que j’ai beaucoup lu et que j’aime beaucoup. Guillon fait partie de cette famille, de celle des humoristiques qui s’engagent, ni à droite ni à gauche, mais pour débusquer l’absurde, lutter contre le politiquement correct, la langue de bois, mettre les détails « qui tuent » en lumière…

 

Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, j’ai revécu tout ce qui a fait l’actualité de la France -la grande et la petite-, entendant dans ma tête la voix de Guillon, la sienne propre ou quantd il imite le président et autres. Bon sang, me dis-je, tout ce qu’on a essayé de nous faire gober, et si j’en ris, je ne peux m’empêcher de m’indigner encore, ou de soupirer d’exaspération…

 

Le mérite de Stéphane Guillon, en live, est de réagir sur l’instant, celui de son livre est d’en garder la mémoire, qu’on a tendance à avoir courte, car le propre même de l’actualité est  d’être actuelle, et donc de s’envoler vite au profit d’une autre…

 

Bref : « On m’a demandé de vous calmer » est à lire absolument, pour se rappeler, et pour garder en mémoire ce qui dérange et qui finalement se révèle sûrement plus vrai que ce qu’on voudrait bien…

 

Le petit plus : La suite, « On m’a demandé de vous virer » est déjà disponible !

 

Merci qui ? Merci à Livraddict et aux éditions Points pour l’envoi grâcieux de ce livre  de santé intellectuelle publique !

 

logo livraddict  logo points

 

 


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