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Archives pour 3 janvier, 2011

Les rouges et les noirs, de Hubert Ben Kemoun et Stéphane Girel

les rouges et les noirs

Une nuit, une ombre noire se faufile dans le territoire des Coeurs. C’est Lancelot, le Valet de Trèfle, qui essaie d’atteindre le balcon de Judith, la Reine des Coeurs. Il ne vient pas déclarer la guerre, mais son amour.
Hélas, le Trois de Coeur a surpris le baiser ! Le scandale se répand comme une tramée de poudre, traverse même le royaume des Carreaux et parvient jusqu’aux oreilles de Charles, le roi de Coeur, qui explose de fureur. La guerre est déclarée entre les Rouges et les Noirs, et l’As de Coeur reçoit l’ordre d’assassiner Lancelot.

 

Hubert Ben Kemoun sait écrire pour les enfants, c’est indéniable, comme me l’avait déjà prouvé L’épouvantail qui voulait voyager ! Sous une forme poétique, Les rouges et les noirs nous raconte une histoire à la Roméo et Juliette, mais qui se termine bien mieux…

 

Ce n’est ni plus ni moins un conte, avec une jolie morale finale. A lire à ses enfants, il est extra, pour peu que vous aimiez théâtraliser vos lectures -ce qui est mon cas. Murmures amoureux, chuchotis de la rumeur qui peu à peu enfle, éclats de voix coléreuses, cris guerriers, le ton monte crescendo. Heureusement, le sauveur est là, mi-rouge, mi-noir, les deux à la fois, qui va tout arranger. De guerre point, si ce n’est celle de la Bataille des cartes, car tous ont subli la transformation pour que ne soit point versé le sang.

 

Les dessins de Stéphane Girel, forcément tout en contrastes de rouge et de noir, exploitent l’ambiance nocturne pour faire des noirs de belles ombres chinoises -ce que ne manquent pas de remarquer mes chers petits. Anguleux, géométriques, ils ne font que préfigurer dès le début le destin de ces deux peuples différents… Le tout donne un ensemble fort réussi qui nous transporte véritablement et nous fait rêver, réagir, ressentir.

 

Bref : un bel album aux contrastes significatifs, comme il se doit, qui suscite les commentaires des loulous, ainsi qu’il interroge leur intelligence.

 

Le petit plus :  Pour les enseignants, cet album est parfait pour travailler sur les contes des origines.Et les deux compères ont travaillé ensemble sur d’autres albums, que je vais tâcher de trouver.

 

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15/24challenge albums

 

 

 

 

 

 

Pardonnez nos offenses, de Romain Sardou

pardonnez nos offenses

1284 : Les ‘froidures du diable’ isolent Draguan, petit diocèse du comté de Toulouse, du reste du monde. Deux fillettes découvrent d’abord les restes de corps suppliciés dans la rivière… Puis l’assassinat sauvage de Romée de Haquin, son évêque, laisse le village en proie aux peurs les plus irraisonnées. C’est alors qu’un mystérieux prêtre, Henno Gui, fait son entrée. Accompagné d’un jeune garçon et d’un homme à l’aspect monstrueux, il va tenter de comprendre cette étrange malédiction.

 

 

Grâce à Pimprenelle qui organise tous les mois Découvrons un auteur, j’ai encore fait une découverte sympathique avec l’auteur Romain Sardou.

 

 

Pardonnez nos offenses, le premier roman de l’auteur, est à la fois un très bon roman historique (si vous aimez le Moyen-Âge, nul doute que vous y trouverez votre compte, tout comme moi, tant les détails sont frappants et d’un grand intérêt) et un roman à suspens dans le genre de l’excellentissime Le Nom de la Rose d’Umberto Ecco – Pardonnez nos offenses étant cependant plus accessible que ce dernier.

 

Nous suivons ici le parcours de plusieurs personnages en parallèle, nous interrogeant sans cesse sur leur imbrication réelle, tout en plongeant dans un univers où religion, fanatisme, paganisme et sectarisme s’affrontent, se côtoient. Un vrai tableau de Jérôme Bosch, un de mes peintres favoris, dont on peut admirer un petit extrait en couverture de ce livre par ailleurs. Les protagonistes sont riches, auréolés de mystère, se révèlent peu à peu et nous apparaissent dans leur entièreté quand les rouages de la machine imaginée par Romain Sardou s’imbriqueront et tourneront ensemble comme une machine bien huilée.

 

 

L’écriture est fluide, agréable et l’auteur use de techniques (extraits d’archives, récits, journaux…) qui nous immergent totalement dans ce Moyen-Âge encore obscur et où, néanmoins, le pouvoir politique de l’Eglise est puissant, omniprésent, dévastateur quelquefois…

 

 

Bref : un bon roman qui tient le lecteur en haleine tout en lui dépeignant des univers fascinants, curieux même.

 

 

Le petit plus : Romain Sardou ne s’est pas arrêté en si bon chemin et a depuis écrit d’autres oeuvres que je vous propose de découvrir au travers des billets des autres participants à Découvrons un auteur ici.

 

logo romain sardou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La communauté du Sud # 8 : Pire que la mort, de Charlaine Harris

pire que la mort charlaine harris

Dans une région dévastée après le passage de l’ouragan Katrina, Sookie a fort à faire pour aider les communautés humaine et vampire à se reconstruire.

 

Si la jeune serveuse est saine et sauve, elle n’en est pas moins préoccupée : les temps changent pour les vampires et les lycanthropes, de nouveaux dangers s’annoncent et Quinn, son petit ami et sublime tigre-garou a disparu !

 

 

Ce nouvel opus de La Communauté du Sud est un roman charnière. Ici, pas d’intrigue en fil rouge, mais une succession d’événements qui préparent sûrement le prochaine. On ne passe pas un mauvais moment pour autant, je vous rassure. Non, seulement on a plus l’impression qu’avant de lire le journal intime de Sookie presque au jour le jour.

 

 

Ses relations avec les différentes communautés surnaturelles, les événements qui touchent les unes et les autres, son passé ou plutôt ses racines, ses liens avec les différents protagonistes qu’on connaît déjà (et on fait connaissance avec de nouveaux) sont au coeur de ce Pire que la mort.

 

 

Sookie change, s’accepte de plus en plus, met au clair sa vie, s’affirme… bref, si elle n’évoluait pas au milieu de vampires, lycanthropes, changellings et autres fées et qu’elle n’était pas télépathe, on pourrait croire à la vie normale d’une jeune femme lamba. Sauf que vivant dans un monde où le fantastique le dispute à l’humain, sa vie est tout sauf normale !

 

 

L’humour de Sookie est aussi plus présent, ses sentiments semblent aussi plus… sincères. Au final, on s’attache plus à elle, qui devient touchante et encore plus intéressante.

 

 

Bref : un épisode transitoire qui permet aux personnages de faire le point et à nous aussi !

 

 

Le petit plus : jolie, la couverture, non ? Et très bientôt, les deux chroniques suivantes pour les opus 9 et 10, déjà lues et déjà écrites !

 

dark side

 

 

 

 

Neige, de Maxence Fermine

neige maxence fermine

Ce petit livre est le poème de la neige et l’histoire de son poète Yuko, une sorte de funambule des mots.
C’est aussi une très belle histoire d’amour, au délicieux parfum zen, étrange et originale.
Un très beau poème d’amour donc.

 

Quelle belle écriture ! A la fois empreinte d’élégance, d’émotions, de poésie et de vie. Un savant mélange que nous offre Maxence Fermine en écrivant ce roman, ode à l’amour et à la poésie, sur un mode très poétique, où la forme parle du fond. Hymne à la neige, à l’art, aux artistes et à l’amour, Neige est aussi le court roman de la résistance d’un jeune homme au destin tout tracé par la tradition familiale et qui ne veut tout simplement pas céder à la facilité.

 

Neige a tout du conte initiatique, entre magie et rêveries, entre amour et mort, entre destinées et chemins croisés…

 

Le personnage de Yuko est particulièrement attachant : il a la saveur des rêves d’enfance qu’on n’a peut-être pas réalisés, les premières amours qui mûrissent, les joies et les tristesses, les pertes, les apprentissages qui font grandir. Le vieux Soseki, assez drôlement, m’a fait penser à un vieux sage, comme dans la vieille série télévisée avec David Carradine, Kung-Fun : je m’attendais presque à l’entendre appeler Yuko « Petit Scarabée » tant il est l’archétype du maître ! Heureusement, la suite de l’histoire nous démontre qu’il est avant tout un être humain qui a su évoluer, suivre une route détournée pour devenir un grand homme.

 

Bref : un roman qui se lit très vite, certes, mais qu’on peut prendre le temps de savourer à plusieurs reprises sans souci !

 

Le petit plus : mon édition comporte également Le violon noir de Maxence Fermine, que je vais certainement dévorer sous peu !

 

book-club

 

 

 


Le vampire d’après Lord Byron, de Polidori

le vampire

La première histoire de vampire qui lança la mode dans la littérature. Au milieu des cercles de la haute société que le retour de l’hiver réunit à Londres, on voyait un seigneur aussi remarquable par ses singularités que par son rang distingué. Spectateur impassible de la gaieté qui l’environnait, il semblait ne pouvoir la partager. Si la beauté, par un doux sourire, fixait un instant son attention, un seul de ses regards la glaçait aussitôt et remplissait d’effroi ces cœurs où la légèreté avait établi son trône. La source de la terreur qu’il inspirait était inconnue aux personnes qui en éprouvaient les effets ; quelques-uns la cherchaient dans ses yeux gris et ternes, qui ne pénétraient pas jusqu’au fond du cœur, mais dont la fixité laissait tomber un regard sombre dont on ne pouvait supporter le poids. Ces singularités le faisaient inviter dans toutes les maisons : tout le monde souhaitait le voir. Les personnes accoutumées aux sensations fortes, et qui éprouvaient le poids de l’ennui, étaient charmées d’avoir en leur présence un objet de distraction qui pût attirer leur attention.

 

Voici donc le seul autre texte qui sortit de ce « défi » auquel participa Mary Shelley qui écrivit, elle, le célèbre Frankenstein. Le Vampire est une nouvelle dont Byron a écrit le début et qui fut achevé par Polidori, le secrétaire particulier du poète. Le détestant cordialement, il dépeint la créature sanguinaire, Ruthven, sous les traits caricaturés et particulièrement acerbes de son employeur.

 

C’est un texte d’une facture classique que cette nouvelle, que je qualifierais pour ma part de conte. Certes, ça ne commence pas par « Il était une fois… », mais je trouve que tous les ingrédients de la recette sont là. Eléments magiques, qui s’enchaînent  on ne sait trop pourquoi ni comment mais dans le seul but de servir l’intrigue, et la morale bien sûr !

 

Le jeune Aubrey n’est pas sans rappeler Jonathan Harker, personnage du Dracula de Bram Stocker, qui avait évidemment lu Le vampire, grand succès dès sa première parution par ailleurs. Les autres personnages sont intéressants, voire passionnants comme Lord Ruthven auquel Dracula a beaucoup emprunté, mais tient aussi du Dorian Gray d’Oscar Wilde, par son amour du vice…

 

Polidori profite de son Vampire pour dépeindre la haute société britannique sous des aspects peu avantageux, en contraste avec la famille d’une jeune fille grecque toute simple et touchante. Un peu de fraîcheur en marge d’une atmosphère hypocrite et étouffante…

 

Bref : une nouvelle qui tient du conte, agréable et rapide à lire !

 

Le petit plus : Le Vampire est le premier vampire diurne de l’histoire, bien avant Twilight ! La nouvelle parue en 1817 connut un succès immédiat en Angleterre, et si elle est aujourd’hui « oubliée », occultée par Dracula de Bram Stocker, a donné naissance à de nombreuses autres oeuvres tant théâtrales  que romanesques ou musicales.

 

Défi classique

dark side

 

 

 

 

 



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