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Archives pour novembre 2010


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Ténèbres, prenez-moi la main, de Dennis Lehane

ténèbres, prenez-moi la main

Une nuit, la psychiatre Diandra Warren reçoit un appel anonyme et menaçant qu’elle croit lié à l’une de ses patientes. Quand arrive au courrier une photo de son fils Jason sans mention de l’expéditeur, elle prend peur et demande de l’aide à Patrick Kenzie et Angela Gennaro. C’est pour les deux détectives le début d’une affaire bouleversante qui va les confronter à l’inacceptable, jusqu’à l’imprévisible dénouement.

 

Après Shutter Island, j’ai décidé de me colleter à nouveau à Dennis Lehane, et c’est sur une des aventures de son couple de détectives privés que je suis tombée. Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont amis d’enfance et associés, et c’est lui qui nous raconte l’histoire, avec un préambule à se poser des tonnes de questions sur le héros masculin du roman. Questions dont on aura les réponses au fur et à mesure de notre lecture.

 

J’aime cet auteur, il a un talent de dialoguiste indéniable, celui des rebondissements auxquels on ne s’attend pas, des révélations qui, après coupo, nous semblent des évidences. Ses portraits de personnages sont fins, surprenants et servent très bien l’intrigue. On s’attache d’ailleurs très facilement aux deux enquêteurs, Patrick et Angela. On frissonne pour eux, avec eux, et le suspens est quelquefois insoutenable, jusqu’à la fin. Lehane fait, de plus, de ses personnages principaux des gens ancrés dans un milieu, un quartier, une ville (Boston), et l’ensemble n’en paraît que plus vivant, cohérent.

 

Le style est efficace, avec le souci des métaphores incongrures, ironiques, en teinte douce-amère, comme l’histoire qui nous est contée, comme l’existence des personnes que l’on va croiser tout du long de ce polar bien charpenté.

 

Bref : une promesse tenue après Shutter Island : Lehane fait désormais partie de mes références en matière de roman policier.

 

Le petit plus : Je suis en train de lire en ce moment le premier roman mettant en scène le duo de choc, Un dernier verre avant la guerre….

 

 

Femmes de l’Autre-Monde #1 : Morsure, de Kelley Armstrong

morsure de Kelley Armstrong

Elena se coule hors de son lit, prenant bien soin de ne pas réveiller son compagnon. Il ne supporte pas qu’elle disparaisse comme ça au beau milieu de la nuit. Quelle femme normale pourrait avoir tant besoin de retrouver la solitude des rues sombres et mal famées de la ville ? L’énergie contenue déchire ses muscles – elle ne peut plus attendre. Elle se glisse dans une ruelle, ôte ses vêtements et se prépare à la Mutation… Elena fait tout ce qu’elle peut pour être normale. Elle hait sa force, sa sauvagerie, sa faim, son désir, ses instincts de chasseuse et de tueuse. Elle aimerait avoir un mari, des enfants… et même une belle-mère. En tout cas, c’est ce qu’elle voudrait croire. Et voilà que la Meute a besoin d’elle. Cette Meute qu’elle chérit et déteste tout à la fois est la cible d’une bande de déviants sans pitié. Ils mettent l’existence de la Meute en danger, enfreignant les lois du clan. La loyauté du sang ne se discute pas. Et au cours de son combat, Elena découvrira sa vraie nature…

 

L’avantage quand on est abonnée à une médiathèque bien achalandée et qu’elle se trouve à 3 minutes à pied de chez soi, c’est qu’on peut se risquer à emprunter des livres qu’on hésiterait à acheter. Non pas que je n’aime pas la bit-lit, mais je ne suis pas prête à lire n’importe quoi tout de même.

 

Morsure fait partie de cette catégorie de bouquins sur lesquels je ne me suis pas jetée : encore une histoire de loup-garous me disais-je… Eh bien, celle-ci est plutôt chouette, sans rire. Parce que c’est Elena, une jeune femme loup-garou qui nous raconte l’histoire et nous fait vivre de l’intérieur l’état de lycanthrope. C’est vraiment intéressant cette façon d’aborder le thème.

 

De plus, l’intrigue est plutôt bien menée, avec une dose de romance et de sexe (ben oui, faut pas oublier, c’est de la bit-lit pur jus !) mais Kelley Armstrong  écrit efficacement, de manière fluide. Conclusion, l’auteur arrive à nous faire adhérer à son histoire et on ne s’ennuie pas une seconde.

 

Bref : un roman sympathique, avec un parti pris assez original, j’ai donc passé un bon moment de divertissement.

 

Le petit plus : il y a une suite bien sûr ! Capture est déjà dans ma LAL ….

 

capture de Kelley Armstrong

 

 

La théorie des six, de Jacques Expert

théorie des six

Selon la « théorie des six », énoncée en 1929 par le Hongrois Frigyes Karinthy, tout individu sur terre peut être relié à n’importe quel autre par une chaîne de connaissances ne comptant pas plus de cinq intermédiaires. Ainsi, chacun de nous est à six poignées de main de n’importe quel habitant du fin fond de la Mongolie-Extérieure. Cet auteur ne s’attendait certainement pas à ce que sa théorie devienne un jour le mode opératoire d’un tueur en série. Julien Dussart lance pourtant ce défi à la police: il annonce qu’il a décidé de tuer « quelqu’un » et que la seule façon de l’arrêter consiste à comprendre sa logique. Qui sera la sixième cible? La réponse à cette énigme permettrait au commissaire divisionnaire Sophie Pont de sauver les cinq premières victimes. Enfin… quatre. Le premier cadavre est retrouvé, le jeu peut commencer…

 

Thriller alléchant par son thème, La théorie des six s’est finalement révélé décevant…

 

Le tueur en série est une vraie caricature : intolérant, raciste, fils unique d’une mère célibataire, affligé d’un handicap, banal physiquement, égocentrique, vantard, persuadé d’être plus intelligent et beau que tout le monde, méprisant, forcément obsédé sexuel… Il m’a très vite lassée, car c’est lui qui raconte son histoire et il est insupportable à lire. En général, j’accepte les personnages tels que l’auteur a choisi de les faire, mais là, une telle accumulation de clichés, pfff !! Parce que, pour les autres personnages, c’est à l’avenant : le commissaire divisionnaire, une femme, est un amalgame de ces clichés. Elle est vulgaire, car quand on est une femme à la tête d’une équipe quasiment exclusivement masculine, on doit montrer qu’on en a, plus sexiste que le plus grand des machos de la terre, bref un vrai pendant au serial killer. On aurait pu croire à un portrait en négatif, n’eussent été leurs carrières respectives totalement à l’opposé l’une de l’autre.

 

Résultat : le livre manque de contrastes et de profondeur. La petite secrétaire est peut-être le personnage le plus intéressant du roman, malheureusement dans l’épilogue, rien ne se passe comme on aurait (presque) pu le croire. Rien ne change, c’est le statu quo, les protagonistes n’évoluent pas, portant un coup fatal à l’ennui ressenti à la lecture de ce roman pondu par Jacques Expert.

 

L’auteur a essayé de se mettre dans la peau à la fois d’un tueur en série et du commissaire ; la sauce ne prend pas malheureusement ! L’ensemble manque de crédibilité et j’ai du me forcer pour terminer La théorie des six. Il faut avouer que l’intrigue, il n’y a pas grand chose de palpitant. J’ai assez vite découvert les 5ème et 6ème cibles, dommage ! Trop prévisible ! Pour un thriller, un minimum de suspens, d’angoisse, où l’on retient son souffle, redoutant de lire l’impensable, est tout de même appréciable, en règle générale. Ici, je suis restée sur ma faim !

 

Bref : un roman qui s’annonçait intéressant et qui a été refermé sur une note de franche déception après de longues pages d’ennui (et pourtant il n’y en a que 248 !).

 

Merci qui ? Merci à Livraddict et au Livre de Poche pour l’envoi de ce livre qui, s’il n’a pas répondu à mes attentes, a au moins satisfait ma curiosité sur cette théorie des six degrés de séparation…

 

livraddict small  livre de poche logo

 

 

 

Le Magasin des Suicides, de Jean Teulé

le magasin des suicides

Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

 

 

Oh, le petit bonheur que ce court roman extravagant et pourtant si sincère ! Un vrai torrent de joyeusetés dans un décor tout macabre, où brille un petit enfant pas comme les autres. Ben oui, dans cette famille, aux airs de Famille Adams, le petit dernier a le sourire facile et l’humeur légère.

 

L’idée du magasin est géniale en soi, après tout, plus ça va, plus les gens se suicident… et puis les français sont des champions des anti-dépresseurs, c’est bien qu’il y a un souci quelque part, non ?

 

Teulé règne en vrai maître d’orchestre sur son petit monde, personnages, intrigue, décor… Dans une langue simple, sans nous prendre pour autant pour des abrutis, l’auteur nous fait partager la vie des Tuevache. Au passage, j’adore le choix des noms et prénoms, des produits aussi. C’est à mourir de rire !

 

Il a réussi particulièrement son ambiance, on se croiriait presque dans un film de Tim Burton, comme l’Etrange Noël de M. Jack… Une vraie réussite, car c’est très visuel, je me suis très bien imaginée l’univers dépeint.

 

Bref : je me suis régalée, posant le livre en me pourléchant les babines, d’un air dubitatif toutefois concernant la fin du roman. Et puis, finalement, j’ai compris : Teulé nous a emmenés dans une fabuleuse allégorie d’une société décimée par son mal de vivre.

 

Le petit plus : d’autres livres du même auteur m’attendent dans ma PAL, youpi !

 

Les avis des cop’s  de la LC : Azariel 87, Liyah, Frankie, BambiSlaughter, Sayelis

 

 

challenge

 

 

 

 

 

 

Shutter Island, de Dennis Lehane

shutter island dennis lehane

Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l’allure sinistre. C’est un hôpital psychiatrique pour assassins. Le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités de cette prison-hôpital car l’une des patientes, Rachel Solando, manque à l’appel. Comment a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d’une malade ou cryptogramme ? Progressivement, les deux policiers s’enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu’au choc final de la vérité.

 

Après avoir lu la BD adaptée du roman par Christian De Metter, le Book Club de septembre sur Livraddict a été l’occasion de lire l’oeuvre originale. Une vraie réussite ! Le lecteur est baladé du début à la fin, empli de doutes, puis de certitudes et à nouveau de doutes et ainsi de suite. L’histoire est admirablement menée : on ne sait jamais où se situent la réalité, pas plus que la vérité. On pourrait parler de roman schyzophrénique, je crois.

 

Comme je l’ai dit plus haut, j’avais lu la BD et je savais à quoi m’attendre. Néanmoins, j’ai savouré le livre, prenant plaisir à m’interroger sur la véracité des faits, traquant l’illusion, le mensonge…En parlant de la BD, c’est vraiment une très bonne adaptation. Rétrospectivement, j’y ai retrouvé les ambiances du roman de Dennis Lehane et de toute l’ambivalence qui règne dans ce livre assez particulier. Je le rapprocherais d’ailleurs volontiers de Thérapie de Sebastian Fitzek, que j’avais beaucoup aimé également.

 

Le talent de l’auteur ne réside pas tant dans son style (j’ai plus particulièrement apprécié les répliques : un don de dialoguiste chez Lehane !), mais dans sa narration, tout en manipulation du lecteur aussi bien que de ses personnages. Ceux-ci, assez atypiques -nous sommes dans un univers psychiatrique-, sont si mystérieux, et en même temps attachants, comme Teddy et Chuck, qu’ils contribuent merveilleusement bien à l’intrigue. L’écrivain est un vrai marionnettiste, sur ce coup-là !

 

Bref : à recommander, sans nul doute.

 

Le petit plus : je regarderais bien à l’occasion le film de Scorcese. J’avais beaucoup aimé l’adaptation d’un autre roman de Dennis Lehane par Ben Affleck (mettant en scène son frère Casey) : Gone Baby Gone.

 

livraddict small

 



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