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Archives pour novembre 2010


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A genoux, de Michael Connelly

à genoux

Deux balles dans la nuque: le Dr Stanley Kent a été exécuté. Sur les lieux du crime, Harry Bosch fait face aux fédéraux. Kent transportait du césium, une matière radioactive, et le FBI défend obstinément la thèse du complot terroriste. Dans Le Los Angeles paranoïaque de l’après-11 septembre, Harry ne dispose que de quelques heures pour confondre les vrais coupables.

 

Je plaide coupable : j’aime beaucoup Michael Connelly… Que voulez-vous ? Ces romans sont en général bien écrits, les intrigues bien ficelées, et les personnages à la hauteur de mes attentes. Celui-ci ne fait pas exception. Bosch rencontre ici Eléonore Wish, agent du FBI, et tente de tirer son épingle du jeu.

 

Ce polar est une réflexion sur la politique adoptée par les Etats-Unis en matière de lutte anti-terroriste, après le 11 septembre. On sait à quel point l’administration Bush n’a reculé devant aucun mensonge, a bafoué les droits de l’homme, au nom de la sécurité intérieure… Mais ici, on le voit de l’intérieur, avec un aperçu du travail du FBI au service de Washington et des résultats qu’on attend des agences de renseignements.

 

Bien qu’on sache tout cela, on se retrouve balladé de droite et de gauche, tout comme Harry Bosch… et bien piégé ! Rebondissements, actions, stratégies et tactiques sont au rendez-vous de cet opus, et je n’ai pas pu lâcher le livre !

 

Bref : un bon moment de lecture encore une fois en compagnie d’un de mes flics préférés !

 

Le petit  plus : euh… on retrouvera Eléonore Wish dans d’autres enquêtes signées Bosh !

 

 

Les abeilles de Monsieur Holmes, de Mitch Cullin

les abeilles de monsieur holmes

Sussex, 1947. Sherlock Holmes vit retiré d’un monde dont les mutations et le tapage absurde lui échappent de plus en plus. Seuls le préoccupent à présent ses abeilles, l’écriture et le déclin de sa mémoire. Mais certains êtres cherchent encore auprès de lui des réponses essentielles sur la vie, l’amour ou les limites terriblement humaines de la raison, provoquant la résurgence d’émotions que Holmes avaient si longtemps enfouies, fissurant sa maîtrise légendaire… Dans ce portrait subtil et doux-amer d’une figure mythique, réflexion sur l’absence du père, le temps qui passe et les barrières intérieures que l’on s’impose, Mitch Cullin mène l’enquête, entrelaçant trois histoires, trois temps de la vie de Holmes, et porte sur le personnage un éclairage inédit et émouvant.

 

Après avoir lu et apprécié Tideland du même auteur, je me suis plongée dans ce roman, ne sachant trop à quoi m’attendre, ne m’étant pas attardée sur la 4ème de couverture, et ayant tilté sur le nom de Mitch Cullin tout simplement…

 

Ce livre n’est pas un postiche d’une enquête du célèbre Sherlock Holmes, loin de là ! Cullin, ici, profite du personnage du détective de Baker Street pour nous tracer un portrait de l’humain et de la mémoire, celle qui trahit, celle qui surgit inopinément, celle qui obsède, celle qu’on couche sur du papier avec des mots, ou qu’on dessine, comme un enfant, qu’on colle, qu’on photographie, qu’on collectionne, qu’on cache, qu’on enfouit, qu’on brûle…

 

On trouve dans ce roman un vieux monsieur au caractère toujours aussi particulier, mais qui se révèle au travers de trois histoires qui s’entremêlent, sans jamais s’y perdre. C’est aussi un livre sur la solitude, sur l’amour, le lien filial, et du souvenir indélibile de ce qui n’a jamais été ou ne sera jamas. C’est la vieillesse, et la jeunesse, l’homme et la femme, le père et le fils, l’être humain et la nature, l’ami et l’ennemi, la destruction et la lutte, l’espoir et le désespoir…. la vie !

 

Ecrit avec délicatesse, si différent de Tideland pourtant,  Les abeilles de Monsieur Holmes m’on fait voyager du Sussex au Japon, et dans le Londres de Baker Street… Les mots sont beaux, poétiques, rudes parfois, conservant la trace du souci de l’exactitude, du détail du héros de Sir Conan Doyle que j’ai, pour ma part, découvert dans Le chien des Baskerville.

 

Que pouvait-elle savoir du Seigneur, de toute façon ? Elle s’en faisait sûrement une représentation conforme à l’imagerie populaire : un vieil homme ridé, omniscient, qui régnait sur la Création depuis un trône d’or entouré de nuages pommelés et s’exprimait sur un ton à la fois gracieux et impérieux. Oui, son Dieu arborait sans nul doute une longue barbe blanche. Il trouvait amusant qu’elle Lui attribue des traits sans doute similaires aux siens -sauf que Dieu n’était qu’un produit de l’imagination humaine, contrairement à lui (en tout cas, pas entièrement).

 

Bref : un petit bijou de littérature qui m’a serré le coeur plus d’une fois, et fait venir la larme à l’oeil tout autant, un beau portrait de l’Homme tout simplement et un coup de coeur !

 

Le petit plus :  Comme toujours, les éditions Naïve ont réalisé un bel objet. J’attends la sortie du prochain roman de Mitch Cullin traduit en français, mais apparemment ce sera chez les Editions Inculte (que je ne connais pas) : King County Shérif.

 

aslight2.jpg  aslight.jpg  les abeilles de monsieur holmes à vue d'oeil

 

Chasseurs de tête, de Jo Nesbo

chasseurs de tête

Roger Brown le répète à qui veut l’entendre : il est le meilleur chasseur de têtes de toute la Norvège. Pas un collègue ne lui arrive à la cheville, et quand il décroche son téléphone, tous les DRH du pays ont le doigt sur la couture. Mais il faut toujours se méfier des apparences, même au sommet de la société. Roger Brown vit au-dessus de ses moyens : sa villa est trop grande et sa femme bien trop belle. Sans parler de la galerie d’art de cette dernière qui engloutit toutes ses finances…

 

Je ne vous ai encore pas parlé ici de Jo Nesbo, un auteur de polar norvégien, que j’adore. Il a créé le personnage de Harry Hole, un flic particulier (décidément, j’aime les Harry !) et je m’attendais ici à le retrouver, n’ayant pas lu la 4ème de couverture : j’ai pris ce livre uniquement sur la foi des précédents romans de l’auteur.

 

Si, au début, j’ai été décontenancée de me retrouver sans Harry Hole, très vite, j’ai accroché à l’histoire. Narré par Roger Brown, le chasseur de têtes mythique de l’agence Alfa, le récit nous mène dans un univers plus complexe qu’il n’y paraît au prime abord (d’ailleurs, j’ai volontairement raccourci le résumé de l’éditeur, qui en dévoile trop) et surtout sur des sentiers inattendus.

 

C’est le conte d’une survie, que nous fait Jo Nesbo, celle d’un homme qui veut à tout prix s’en sortir, par tous les moyens, tenant sa tête hors de l’eau, alors même qu’il est plongé dans des ennuis abyssaux. Un Roger Brown profond, qui semble au départ bien imbu de lui-même, et qui se met à nu pour nous : ses faiblesses, ses égoïsmes, ses combines, ses méthodes, ses lâchetés, mais aussi sa rage de vivre…

 

Quelques scènes sont un peu pénibles, il faut avoir le coeur bien accroché, mais elles illustrent bien le personnage principal. L’auteur n’hésite pas à aller au bout de son projet d’écriture ainsi, et fait de ses protagonistes des gens bien intéressants, avec une logique implacable, où le passé façonne les êtres et où chacun s’en sert à sa manière pour évoluer dans la société, avec une morale qui lui est propre, et qui n’est pas forcément celle du lecteur, loin s’en faut ! Cela donne un véritable kaléidoscope d’individus, qui donne un véritable tableau, ce qu’est finalement ce polar très riche.

 

Bref : Nesbo a toujours autant de talent pour croquer des portraits, pour ficeler une intrigue et pour ancrer son roman dans la société norvégienne. Et j’aime beaucoup la couverture chez Série Noire de Gallimard… pas vous ?

 

Le petit plus : J’espère retrouver bientôt Harry Hole dans Bonhomme de Neige, en rayon dans ma médiathèque. Quant à vous, je ne saurais trop que vous conseiller de lire les précédents opus du norvégien.

 

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La glace noire, de Michael Connelly

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La veille de Noël, l’inspecteur Moore est trouvé sans vie dans un motel de Los Angeles. Arrivé sur les lieux, son collègue Harry Bosch se fait virer par ses patrons : c’est un suicide, point final. Furieux, Bosch enquête en douce et comprend que Moore était lié à un trafic de black ice, une drogue nouvelle qui fait des ravages en Californie. Plus troublant, dans la voiture de Moore il découvre un mot qui lui est clairement destiné. Entre les deux hommes, un étrange dialogue se noue, d’outre-tombe au début, jusqu’au jour où on décèle une mouche dans le corps d’un travailleur mexicain jeté à la décharge publique… 

 

Ok, ok ! Je suis accro à Harry Bosch !! Que voulez-vous ? Personnage typiquement pour moi : bougon, brillant, rebelle à toute forme de hiérarchie, aimant le jazz, solitaire, portant de plus le nom d’un de mes peintres préférés, bref : l’homme idéal. De plus, c’est un acharné, qui sait poser les bonnes questions ou poser celles que les autres ne posent pas. Un consciencieux, irrévérencieux, et qui ne laisse jamais rien passer…

 

Cette fois-ci, seul contre tous quasiment -I’m a poor lonesome cowboy-, il mettra les pieds dans le plat, balançant un direct dans la fourmilière. J’ai suivi ses pérégrinations laborieuses, mais lumineuses, talonnée par le désir -le sien et le mien- de connaître le fin mot de cette histoire sur fond de trafic de drogue et piste sanglante.

 

Chez Connelly, le passé rattrappe toujours les personnages, et en premier lieu, Bosch. Je n’ai encore pas été déçue cette fois-ci.

 

Bref : un bon roman qui remue les méninges et qu’on repose repue…

 

Le petit plus : euh, j’ai beau avoir eu mon content, j’en redemande encore ! emoticone

jérôme bosch

Jérôme Bosch, Le jugement dernier

Phaenomen, d’Erik L’Homme

phaenomen

Fous? Idiots? Bons à rien? Aux yeux du personnel de la Clinique du Lac, Violaine, Claire, Nicolas et Arthur sont un peu tout ça à la fois. Pas vraiment des héros. Et pourtant… Quand le seul médecin qui se soucie de leur sort disparaît, enlevé par de mystérieux agents, ses jeunes protégés n’hésitent pas : ils se lancent sur ses traces. Sans se douter qu’ils sont aussi sur la piste d’un des plus grands secrets du XXe siècle. Leur vie ne sera plus jamais la même. L’historie de l’humanité  » non plus. Une course poursuite haletante, où quatre adolescents vont puiser dans leur handicap la source de pouvoirs surnaturels. Le premier livre de la nouvelle saga d’Erik L’Homme vous emporte dans un monde plus vaste que le nôtre.

 

Ca faisait un moment que j’avais mis Phaenomen dans ma LAL et ne voilà t’il pas que je tombe dessus par hasard à la Médiathèque ? Ni une, ni deux, hop dans mon sac à livres !

 

Je l’ai devoré, celui-ci !! Un roman assez court, bourré de références sans jamais être ennuyeux, avec échanges de mails, souvenirs des différents personnages en ouverture de chaque chapitre, citations de livres, poésies, lettres ou propos pour les clôturer. De ce point de vue, il m’a d’ailleurs fait penser au roman de Folco Chevallier, Le Chant des Anges.

 

De l’action, de la réflexion, de l’humour, du suspens, des personnages intéressants qui se dévoilent peu à peu… une recette délicieuse ! J’ai particulièrement aimé les noms de code des « méchants », tirés de Goldorak, dessin animé de mon enfance, et dont le choix par Erik L’Homme n’est pas vraiment innocent. Je n’en dis pas plus, mais j’espère vous avoir suffisamment mis l’eau à la bouche !

 

Le style de l’auteur est simple, efficace, avec des mots qui font mouche, au service de son intrigue et de ses protagonistes : tout coule de source !

 

Bref : un bon moment avec un roman peut-être destiné à un lectorat adolescent, mais où les adultes trouvent leur compte.

 

Le petit plus : La suite de la trilogie est en rayon à la médiathèque, j’ai faim d’un coup !!

 

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