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Archives pour novembre 2010


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Remember, de Benjamin

remember

Le recueil « Remember » mêle histoires en bande dessinée, illustrations et courts textes d’humeur. Dans « Personne ne peut voler, personne ne peut se souvenir », Benjamin raconte sa lutte de tous les instants contre les rigidités de la BD de son pays. Tandis que « L’été de cette année-là » évoque sa jeunesse d’étudiant aux Beaux-Arts, confronté aux brimades et aux histoires de filles.

 

Ca faisait un moment que je voulais lire Benjamin, après l’avoir repéré dans l’émission Un monde de bulles sur LCP en fait. C’est chose faite maintenant, même si j’ai commencé par un recueil qui est plus un témoignage de son travail de jeunesse, accompagnés de billets d’humeur du même Benjamin. 

 

Alors, autant le dire tout de suite, je trouve que c’est un dessinateur très doué… Il y a un sens de la couleur, du mouvement et du trait indéniables. La plupart des dessins sont réalisés grâce à l’outil numérique, et il y a un grand sentiment de réalisme qui se dégage : l’impression qu’on est à la limite de la photographie, dans toute sa diversité (points de vue, flous, détails…), mêlée de techniques de graffeur, est omniprésente.

 

Concernant le récit, il est surprenant, à la fois très occidental et très chinois… Benjamin y fait part de préoccupations d’un jeune d’aujourd’hui qui cherche sa place dans la société -certes un jeune artiste, mais avant tout un homme-, ses tourments d’amoureux… Un thème semble également récurrent, celui de la folie, et on comprend mieux quand on lit les post-face de l’auteur : il a souvent « accouché » de ses dessins et de ses BD dans la souffrance et la douleur, après des nuits peuplées de cauchemars, n’étant jamais vraiment satisfait de son travail, voire pas du tout…

 

Il est clair que le lectorat occidental s’y retrouve largement dans l’oeuvre de ce jeune chinois : graphiquement, les personnages sont loin des caractéristiques asiatiques, mettant en évidence à quel point la Chine s’est occidentalisée et ouvert sur le monde extérieur (les jeunes chinoises ne se font-elles pas débrider les yeux ?), et scénariquement parlant, on a affaire à des personnages qu’on pourrait rencontrer au coin de notre rue !

 

Bref : une jolie expérience en compagnie de Benjamin, que j’aimerais bien poursuivre avec d’autres oeuvres !

 

Le petit plus : La troisième partie semble tout de même plus « chinoise » dans le sens où il a dessiné sa petite amie par exemple…

 

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9/10 challenge BD logo 16/50tour du monde

 

 

Enchantement, d’Orson Scott Card

enchantement

Au cœur de la forêt ukrainienne, le petit Ivan découvre une jeune fille endormie sur un autel. Une présence inquiétante le pousse à s’enfuir. Des années plus tard, Ivan revient sur les lieux. Cette fois, il ose embrasser la belle… et se retrouve précipité mille ans auparavant, dans un monde parallèle où la sorcière Baba Yaga fait peser une terrible menace. Une réinterprétation libre et magistrale de La Belle au bois dormant, par l’un des auteurs de fantasy les plus talentueux au monde.

 

Ah, dur dur d’écrire la chronique d’un livre lu il y a quelques mois déjà :  j’ai perdu le brouillon de celle que j’avais écrite dans le déménagement et tout est à recommencer. Heureusement, Enchantement m’a laissé de très bons souvenirs. Orson Scott Card détourne ici avec bonheur le conte de la Belle au Bois Dormant, et y intère la sorcière Babayaga, car il situe son récit principalement en Ukraine.

 

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’estg que l’auteur fait exister une dimension parallèle à notre temps, où se trouve l’origine de plusieurs contes et mythes, à l’instar de Robert Holdstock et de son excellente Forêt des Mythagos (si vous ne l’avez pas encore lue, c’est un incontournable, jetez-vous dessus !). Tout colle parfaitement dans l’histoire imaginée par Card : les liens des mythes avec la réalité historique, les sauts du passé au présent et vice-versa (et la fameuse idée des conséquences de nos actes d’hier dans l’avenir), l’ancrage des traditions et des croyances dans un monde où la technologie règne pourtant…

 

Je ne sais pas à quel point l’auteur s’est inspiré de l’oeuvre majeure de Holdstock, mais on y retrouve aussi le personnage érudit, ici Ivan. J’ai aimé malgré tout ce concept de destin, qui fait du jeune chercheur le prince charmant, et de passage préservé accessible aux seuls « méritants ».

 

Les personnages sont parfaits, ma préférence allant à Babayaga, très certainement, qui est pour moi la parfaite sorcière. C’est drôle d’ailleurs, car Chéri a fait il y a quelques années la création lumière d’un spectacle de marionnettes où la célèbre sorcière était représentée par une boule de pâte à pain que faisait vivre la manipulatrice. C’était impressionnant, et en lisant les passages où la méchante apparaît, joue de ses pouvoirs, j’avais à l’esprit cette image du spectacle et les deux s’assemblaient parfaitement.

 

Bref : un très bon moment de lecture… Décidément, j’aime les contes détournés !

 

Le petit plus : si vous voulez explorer le genre, je vous conseille Inspecteur Toutou de Pierre Gripari, une pièce de théâtre du tonnerre, et de l’auteur, n’hésitez pas à lire les Chroniques d’Alvin le Faiseur, une excellente uchronie.

 

 

 

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1/2logo fantasy pour les nuls

 

Les montres molles, de Claude Ponti

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Un jour, en se promenant, Monsieur Monsieur croise des montres molles. Aussitôt, il devient tout mou et il a bien du mal à retrouver sa forme. Il pense à un cube… et il prend la forme d’un cube. Les transformations de Monsieur Monsieur s’enchaînent au fil de ses pensées… Mais où cela s’arrêtera-t’il ?



Ce tout petit album fait partie de la série des Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle. Tout simple, à première vue, ce court album de Ponti est plus complexe : c’est à une approche du surréalisme que nous invite l’auteur-illustrateur en prenant comme point de départ les fameuses montres molles de Salvador Dali.

 

Il suffit de penser pour devenir, c’est la suprématie de l’imaginaire, de la volonté sur le rationnel, sur l’avenir peut-être aussi. Tout est assez facile, accessible. Vouloir, c’est pouvoir ! De plus, l’amour résoud tout et finalement domine la pensée !

 

Bref : un petit instant de plaisir partagé avec trois loulous qui ont beaucoup ri et ont aimé cette histoire loufoque mais profonde.

 

Le petit plus : Je pense utiliser l’album avec mes élèves de CE1 pour travailler autour des solides. Notre projet d’école prévoit la réalisation d’un livre de géométrie pour le Cycle 2 et ce livre de Ponti pourrait nous servir de point de départ.

 

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Les montres molles, Salvador Dali

 

12/24  challenge albums

 

 

Créance de sang, de Michael Connelly

créance de sang

De retour de sa promenade thérapeutique quotidienne, l’ancien agent du FBI, Terry McCaleb, aperçoit une femme, Graciela Rivers, sur le pont du bateau de plaisance où il habite. Agacé – il sort d’une opération à cœur ouvert -, il lui demande ce qu’elle veut. Elle souhaite qu’il l’aide à retrouver l’assassin de sa sœur, Gloria Torres. McCaleb refuse. Graciela lui apprend alors que c’est le cœur de Gloria qui bat dans sa poitrine. Sans ce cœur, il ne vivrait plus. Alors, estimant qu’il a effectivement une dette de sang envers Gloria Torres, McCaleb accepte.

 

J’ai fait une petite infidélité à un de mes flics préférés, Harry Bosch, pour me tourner vers cet opus mettant en scène un ancien du FBI. C’est intéressant de voir une enquête de ce point de vue, Bosch ayant souvent maille à partir avec les agents du FBI, et n’appréciant en général pas vraiment…

 

Un petit bijou que celui-ci, dans le sens qu’il est écrit par le parfait auteur-manipulateur. Menée par le bout du nez jusqu’au bout ! J’en ai soupçonné des personnages, pour finir par tomber du haut de mes illusions. Chapeau bas ! Connelly a su changer son schéma, on est ici dans un univers où l’émotionnel domine, nous détournant habilement de ce qui est pourtant là, juste sous nos yeux.

 

Personnages à la hauteur de cette énigme policière, suspens, espoirs déçus, palpitations comme le coeur greffé et encore fragile de McCaleb -comme nos certitudes qui s’envolent lorsque la lumière surgit enfin, comme un néon de chambre d’hôpital, en plein dans notre face aveuglée. Mince ! Le réveil est brutal, on est limite comateux, un peu nauséeux… quelle perversité se cache entre les lignes !

 

Bref : un roman policier d’une grande veine !

 

Le petit plus : adaptaté pour le grand écran par le grand Clint Eastwood et donc à voir ! Et Grand prix de littérature policière (roman étranger) en 1999.

 

A savoir également : Terry McCaleb et Harry Bosch se croisent dans L’Oiseau des ténèbres (déjà dans ma PAL !)

 

créance de sang affiche   logo challenge serial killers

 

 

Le garçon qui voulait devenir un être humain # 1 : Le naufrage, de Jorn Riel

le garçon qui voulait devenir un être humain

Nous sommes en l’an 1000. Leiv, jeune viking islandais est bien décidé à venger son père assassiné. Il s’embarque sur le drakkar du meurtrier et fait naufrage au large du Groënland. Il est alors recueilli par deux enfants inuits qui ne tardent pas à devenir ses meilleurs amis. Le hasard de la vie le conduit à retrouver son ennemi juré qui le sauve d’un combat avec un ours. La réconciliation entre les deux peuples est inéluctable.

 

 

C’est à un joli conte que nous convie Jorn Riel, tendre, cruel et où les personnages grandissent et apprennent, comme il se doit. Jorn Riel a fait d’un conte traditionnel islandais un roman en trois parties. Edité sous forme d’album -je devrais même dire grand album-, il allie la découverte de l’écriture de l’auteur et de l’histoire à celle des illustrations pleine page de Christel Espié.

 

 

L’écriture, simple, convient parfaitement à des élèves de cycle 3 (du CE2 au CM2), sans jamais donner dans le bêtifiant. Le jeune lecteur y apprendra de nombreuses choses sur les Vikings mais encore plus sur les Inuits, les « Êtres Humains ». C’est à un mode de vie que nous sommes initiés : la nature apporte à l’homme sa subsistance, ses matières premières, et celui-ci la respecte, ne connaissant ni l’abus, ni l’avidité ni même le concept de possession.

 

 

Les illustrations, réalistes de façon troublante car avec un effet à la limite « impressionniste » donnent vie au récit des aventures de Leiv, le jeune viking. Jamais elle ne se perd dans des détails, se focalisant sur un seul aspect à la fois : soit les personnages soit les décors, selon les moments de la narration auxquels elle insuffle couleurs, mouvements, émotions (de l’importance des regards !) ou ambiances…

 

 

Bref : une place dans les oeuvres recommandées par le Ministère de l’Education Nationale bien méritée !

 

 

Le petit plus : je vais bien sûr lire la suite, sous la même forme ! Et pour les enseignants, un livre qui en dehors de parler du Grand Nord, permet d’aborder plusieurs thèmes : l’apprentissage de la tolérance et de l’amitié, sans oublier un petit tour du côté du développement durable !

 

1/4Challenge lectures d'école11/24 challenge albums

tour du monde

15/50  : Le Danemark

 


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vertige franck thilliez

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