Archives pour mai 2010


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L’abécédaire des Sorcières, vol 1 : Aragnangnan, d’Anaïs Goldemberg

aragnangnan

Comme d’habitude chez les sorcières, c’est la catastrophe…. Avec ses multiples bras et jambes, Aragnangnan pourrait se contenter de faire des moulinets. Mais non : elle s’en sert pour rendre service à ses amies… Pour le meilleur et souvent pour le pire !

 

Petit album illustré offert par tata à l’occasion de l’anniversaire de Rose, qui vient de fêter ses 6 ans : elle a adoré, tout comme Violette, qui comme d’habitude profite des histoires de la grande et vice-versa…

 

Comme vous l’aurez compris, cet Abécédaire des Sorcières commence par A, comme Aragnangnan, une sorcière tout en jambes et en bras, qui décide de se lancer dans des sorts bien compliqués pour tricoter écharpes, moufles, gants, chaussettes pour ses copines sorcières… car le dragounet a mangé tous ces accessoires, le coquin !!!

 

Aragnangnan joue avec les mots, pour le plus grand plaisir de l’adulte, mais aussi pour l’enrichissement du petit lecteur…

 

Les dessins à la gouache sont à croquer, avec des visages de personnages qui prennent toute la page (le bonheur de profiter d’une pleine page pour un gros plan où l’on ne voit qu’une partie de la bouille !), ou au contraire une multitude de petits moutons plus mignons les uns que les autres. Les couleurs sont belles, tout en contrastes entre douceur et vivacité. Beaucoup de rondeurs, qui rassurent… ces magiciennes pas très douées ne font pas peur pour un sou, mais bien sourire ou rire plus franchement.

 

Textes et illustrations se mélangent agréablement pour former un bel objet, d’où l’émotion n’est pas exempte, essentiellement l’étonnement, la joie, mais aussi l’amour, l’amitié, tout comme l’humour…

 

Bref, un chouette album qui supportera sans mal plusieurs relectures, de nombreux petits jeux verbaux et plein de minuscules détails cachés dans les images nous réservant encore de belles surprises, découvertes et sentiments en perspective.

 

Le petit plus : Tata a offert également le numéro 2, Barbebelle, d’Anaïs Goldemberg. De quoi encore prendre du plaisir, sans nul doute !

 

Le petit plus du plus : Anaïs Goldemberg a un joli blog, Gouache Rocks ! que je ne peux que vous inviter à visiter, comme moi. J’ai déjà repéré plusieurs autres travaux de la demoiselle.

 

Merci qui ? Merci Tata Jellybells !! Tu as très bien choisi…

 

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(image : Anaïs Goldemberg)

challenge albums 7/24

 

 

 

 

 

 

Echo Park, de Michael Connelly

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 En 1993, la jeune Marie Gesto disparaît à la sortie d’un supermarché d’Hollywood. L’affaire est confiée à l’inspecteur Bosch, qui ne peut la résoudre, la victime n’ayant jamais été retrouvée. Treize ans plus tard, soit en 2006, Bosch reçoit un appel lui signalant qu’un suspect accusé de deux meurtres de femmes particulièrement ignobles, dont celui de Marie Gesto, est prêt à passer aux aveux moyennant un recours à la procédure du ‘plaider coupable’ qui lui éviterait la condamnation à mort. La tâche de Bosch consiste donc à recueillir ces aveux et à vérifier si l’assassin n’est pas en train de blouser l’appareil judiciaire afin d’éviter la piqûre.

 

 

 

Je suis faible. J’ai replongé. Après Deuil interdit lu -et adoré- il y a un mois, il me fallait ma dose d’Harry Bosch. Et comme à chaque fois, j’ai été conquise. Pas autant que pour Le Poète, certes, mais cet Echo Park a énormément de qualités.

 

 

Pour une fois, Michael Connelly prend le temps d’installer son intrigue et ses personnages, mais cela  fait, ça part sur les chapeaux de roue. Ici, dès la deuxième partie, on découvre l’assassin, et cela peut paraître perturbant ou gênant pour certains lecteurs. Mais moi, grande fan du flic télévisuel Columbo ou de Lune Sanglante de James Ellroy par exemple, j’ai vraiment apprécié le principe. En effet, on assiste au fonctionnement de la machine judiciaire américaine (on est en pleine élection des procureurs), et c’est tout à fait intéressant.

 

 

De plus, l’inspecteur fétiche de Connelly est savoureux à souhait : son enfance difficile, son passé de rat d’égoûts (il faut absolument que je lise Les égoûts de Los Angeles !), sa difficulté à vivre dans le présent (il vit au rythme de musique jazz des annes 50, et est incapable d’utiliser un ordinateur), ses principes, sa capacité d’empathie avec les victimes et leurs familles, ses problèmes avec la hiérarchie ou la discipline,  tout cela fait de lui un héros attachant.

 

 

Par ailleurs, tous les personnages sont toujours aussi bien construits, ce qui contribue à faire d’Echo Park une réussite en matière psychologique, et sociologique. En effet, Connelly ne se prive pas de nous livrer une critique de la société américaine, de manière subtile, et de nous dépeindre un univers noir, glauque, très visuel également et qui ne peut que nous toucher.

 

 

Et surtout, sans dévoiler l’histoire, ici encore, l’auteur manipule le lecteur, tout comme les différents acteurs de cette enquête de Harry Bosch.  Et ça, c’est jouissif ! J’adore me faire trimballer…

 

 

En bref, très habilement, Connelly fait osciller cet opus entre thriller, roman policier à énigmes, politique et portraits psychologiques.

 

 

Le petit plus : Je vais sous peu recevoir L’épouvantail de Michael Connelly, dans le cadre de la Masse Critique de Babelio, ce qui donnera forcément lieu à un nouveau billet dans l’univers connellien (j’invente des mots, j’aime bien ! emoticone), sans parler d’A genoux, dernier roman de l’auteur dans ma PAL.

 

 

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Shutter Island, de Dennis Lehane et Christian De Metter

shutter island bd

Boston, années 50. Deux marshals fédéraux, Teddy Daniels et Chuck Aule, se rendent pour les besoins d’une enquête sur une île étrange, Shutter Island, sur laquelle est établi un institut psychiatrique très spécial, qui n’accueille que les fous criminels particulièrement dangereux. Mais à vrai dire, tout est spécial sur Shutter Island, comme le relèvent les deux enquêteurs dès leur arrivée : les locaux, le personnel d’encadrement, les médecins, sans oublier la lourde atmosphère de secret qui semble peser sur les hommes et les choses. Alors qu’une forte tempête s’approche, qui condamnera les fédéraux à demeurer sur l’île pour une durée indéterminée, tout se met en place pour un terrifiant huis-clos…

 

J’ai offert cette BD adaptée du célèbre roman de Dennis Lehane à sa sortie à mon chéri. Bien m’en a pris ! L’intrigue est parfaite, j’ai été baladée du début à la fin de cette histoire bien perturbante, où la réalité rejoint le rêve, entre enquête à énigmes codées et folie.

 

Je n’ai pas lu le Shutter Island original, mais après quelques recherches sur le net, cette adaptation BD est réputée fidèle. Je ne peux donc qu’adhérer à l’enthousiasme de mes camarades blogolecteurs quant à cet opus d’une des références en matière de roman noir américain. Sans pouvoir juger du style, toutefois…

 

Mais concernant ce que De Metter en a fait, je le dis tout net : j’ai adoré ! L’ambiance est pesante, mystérieuse, étouffante, et j’ai dévoré cette bande dessinée d’une seule traite. Les graphismes sont magnifiques, à l’aquarelle dans deux tons de vert et ocre qui assombrissent le récit de façon très glauque. On aurait pu croire que le noir et blanc aurait pu suffire, mais là, c’est vraiment réussi… On a vraiment l’impression d’être englué dans un marécage, un marasme au sein d’une tempête, où la vérité poindra peut-être le bout de son nez avec le retour au calme.

 

Seuls moments plus colorés sont ceux des rêves de Teddy Daniels, marshall fédéral obsédé par la mort de sa femme et par son meurtrier incendiaire. Le contraste est saisissant : les songes de l’enquêteur ont l’apparence de la réalité, quand la narration est monochrome. Ce choix sert admirablement le propos du scénario. Ceux qui ont lu le roman comprendront, pour les autres, il ne vous reste plus qu’à lire l’un des deux, sinon plus !

 

En bref, un excellent moment de BD, que je vais certainement poursuivre en lisant le roman originel (lorsque je l’aurai acquis bien sûr).

 

Le petit plus : Martin Scorcese a adapté cette oeuvre de Denis Lehanne, comme Clint Eastwood l’a fait avec Mystic River. Ca me donne forcément des envies de cinéma tout ça (je recommande d’ailleurs l’excellent Baby Gone Baby, de Ben Affleck, adapté aussi d’un roman éponyme de l’écrivain), sans parler d’aller chercher d’autres opus de l’auteur américain.

 

 

 

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  7/10

Tideland, de Mitch Cullin

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Jeliza-Rose a quitté Los Angeles pour une ferme décrépie du fin fond du Texas en compagnie de son père, un ex-rockeur héroïnomane. Livrée à elle-même, tandis que ce dernier demeure étrangement immobile dans son fauteuil en cuir, la fillette explore les alentours. De rencontres singulières et inquiétantes, elle plonge dans un monde où les trains deviennent des requins, où les écureuils se prennent pour Spiderman, où des Hommes des Marais prennent vie à la nuit tombée. A la croisée improbable d »Alice au Pays des Merveilles’ et de ‘Psychose’, ce roman happe le lecteur, guidé dans un univers déstabilisant, psychédélique et drôle par Jeliza-Rose.

 

 

 

Intriguée par le résumé et surtout par la mention d’Alice au Pays des Merveilles et de Psychose, tout comme par le fait que Terry Gilliam dont j’avais notamment adoré Le Baron de Munchausen en avait fait l’adaptation -passée inaperçue chez moi-, j’étais assez impatiente de découvrir ce roman. C’est le septième de Mitch Cullin mais le premier traduit en France, chez les excellentes éditions Naïve (bravo d’ailleurs pour la qualité du livre, du beau papier, une belle couverture…).

 

 

Voici un livre atypique, porté par une écriture qui m’a transporté, tout comme l’histoire. Mots terriblement évocateurs et visuels, qui oscillent entre le parler d’une enfant de 11 ans, d’une naïveté saisissante d’onirisme et le récit de Jéliza plus âgée, qui se raconte.

 

 

Tideland, c’est l’histoire d’une gamine délaissée par ses parents junkies, qui prépare les shoots de sa mère, de 40 ans la cadette de son mari, vieux rocker au succès plutôt derrière lui. Jeliza-Rose va fuir l’appartement familial en compagnie de son père, laissant derrière eux le cadavre de sa mère, morte d’une overdose, pour What Rocks, la maison familiale texane. Le père décède à son tour, et la gamine, bercée par le monde imaginaire de son père et par l’un de ses livres préférés, Alice au Pays des Merveilles, va continuer à vivre à ses côtés, qu’elle veut croire endormi.

 

 

Livrée à elle-même,  Jeliza a pour toutes compagnes des têtes de poupée Barbie, avec qui elle dialogue sans relâche, bâtissant des histoires dans lesquelles elle évolue, vaille que vaille. Rencontres hallucinées ? hallucinatoires ? avec des écureuils, une femme fantôme, des lucioles, naviguant à bord d’un sous-marin, se trouvant un mari, elle emporte le lecteur dans un monde où la mort est à chaque instant présente. Taxidermie, démembrements, maquillage post-mortem transfigurent la faucheuse, que la gamine refuse d’accepter.

 

 

D’une maturité étonnante, Jeliza se réfugie dans un monde imaginaire pour mieux se protéger, dans un univers où elle est seule, comme toujours. Rêve t’elle d’un bout à l’autre ? Difficile de faire la part du vrai et du faux, tant certaines choses peuvent nous paraître insoutenables, et pourtant… pourtant, tant d’entre elles sont plausibles !

 

 

En bref, c’est l’histoire puissante et perturbante d’une enfant abandonnée par les adultes -ses parents- et de sa survivance. Les images les plus noires côtoient la féérie et la poésie. Chaque instant est prétexte à une aventure plus ou moins cruelle, plus ou moins merveilleuse, entre enfance et adolescence. Tideland, terre de marée, se transforme en océan où il faut tuer le méchant requin. Du mal en sortira peut-être le bien…

 

 

Le petit plus : En dehors de l’adaptation de Terry Gilliam dont je vous ai parlée plus haut, un petit jeu à faire sur le net avec la Magic Ball n°8. Et ici, vous pouvez retrouver une interview de Mitch Cullin.

 

Un extrait ?

Quand il s’agit des choses auxquelles on tient, rien ne doit ni mourir ni aller sous terre.

 

 

Merci qui ? Merci à Naïve Editions, et à Camille en particulier, pour l’envoi de ce livre, qui est une belle découverte, dérangeante et source de réflexions.

 

logo Naïve
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Trilogie Josh Brolin, tome 1 : L’âme du mal, de Maxime Chattam

l'âme du mal

 Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d’outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

 

 

 

L’âme du mal est un thriller bien calibré, qui sait vous embarquer jusqu’à la fin. Happé par l’intrigue, le lecteur ne peut que continuer à lire, jusqu’à l’obsession. Obsession transmise ici par l’inspecteur Josh Brolin, formé au FBI et doué d’empathie. C’est drôle mais je ne peux m’empêcher de penser que Sire Cédric s’en est servi pour son personnage d’Eva dans De fièvre et de sang. D’ailleurs, je me demande à quel point Sire Cédric s’est inspiré de ce thriller pour le sien : le serial killer qu’on tue, la victime sauvée in extremis et les meurtres qui recommencent un an plus tard…

 

Pour en revenir à ce roman, au rythme parfait, alternant les moments denses d’action, ou fièvreux de recherche, ou même de romantisme (ben oui, il y a ici une jolie histoire d’amour), le lecteur y trouvera la dose d’ésotérisme qui saura le séduire, tout comme le film Seven a pu le faire au cinéma.

 

Les personnages sont attachants (mention spéciale d’ailleurs à Juliette, héroïne qui prend sa vie en main, ne se morfond pas malgré le profond traumatisme qu’elle a vécu et va de l’avant, contrairement à… suivez mon regard), le serial killer parfaitement monstrueux, le contexte de la ville de Portland et des milieux d’enquête minitieusement reconstitués (Maxime Chattam y a vécu). On oscille entre nouvelles technologies (recherches ADN, etc), profiler, et méthodes d’investigation traditionnelles (planques, interrogatoires, autopsie, etc). Un mélange bien dosé !

 

En bref, un thriller qui fonctionne bien, avec une fin en cliffhanger qui ne peut que donner envie de plonger dans la suite de la trilogie Josh Brolin : In Tenebris. Ah si, je crois qu’il faut avoir le coeur bien accroché, entre les découvertes des corps et les autopsies, pour ne parler que de ça ! L’auteur, français, sait utiliser les ficelles des thrillers américains…

 

Le petit plus : vous l’avez deviné, j’ai la trilogie complète dans ma PAL !!

 

D’autres avis : J’ai lu ce roman dans le cadre d’une lecture commune avec des complices de Livraddict : Mystix, Alexielle, Melisende, Cacahuète, Lagrandestef, Setsuka.

 

 

challenge héroïne


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vertige franck thilliez

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