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Archives pour 21 avril, 2010

Frankenstein ou le Moderne Prométhée, de Mary Shelley

frankenstein    

 

Victor Frankenstein ! C’est l’inventeur, le savant maudit ! A quinze ans, il est témoin d’un violent orage foudre, traînée de feu, destruction d’un chêne… Son destin est tracé. Après des années de labeur, il apprend à maîtriser les éléments ; l’alchimie est pour lui une seconde nature. Bientôt il détient le pouvoir de conférer la vie à la matière inerte. Nuit terrible qui voit la naissance de l’horrible créature  ! L’oeuvre de Frankenstein. Un monstre ! Repoussant mais doté, d’une force surhumaine et conscient de sa solitude. Echappé des ténèbres, il va, dans sa détresse, semer autour de lui crimes et désolation. D’esclave qu’il aurait dû être, il devient alors le maître, harcelant son créateur. Il lui faut une compagne semblable à lui… Pour Frankenstein, l’enfer est à venir…

 

Je n’avais pas encore lu ce livre souvent considéré comme le premier roman de science-fiction, et l’avais donc inscrit à mon Challenge Livraddict 2010. Une lecture commune sur mon forum préféré de lecteurs me l’a fait lire plus tôt que ce que je pensais.

 

Mary Shelley a écrit ce roman suite à un petit défi lancé par Lord Byron avec d’autres amis (nous, sur Livraddict, le défi était de le lire !). La demoiselle a eu du mal à s’y mettre, et a finalement trouvé l’inspiration suite à un cauchemar du certainement à l’absorption d’opium…

 

Voici donc un roman construit comme la suite de plusieurs narrations, celle de Walton, jeune aventurier dans les glaces de la banquise, puis celle de Frankenstein, suivie de celle de la créature monstrueuse pour terminer par celle de Walton. Ces différents récits s’étendent sur plusieurs années, et on opère plusieurs come-backs dans les événements, éclairés en cela par les narrateurs successifs.

 

J’ai légèrement modifié le résumé car il contenait certaines invraisemblances… Ainsi, contrairement à pas mal de confusions -comme celle où Frankenstein est le monstre- on ne sait pas comment la créature a été fabriquée, pas de cadavres rafistolés les uns aux autres, non ! Certes, le savant enthousiaste et inconscient qu’est Frankenstein parcourt les cimetières, mais il ne révèle pas le secret de fabrique, pas question que Walton ou un autre ne reproduise son erreur…

 

J’ai apprécié cette lecture, qui offre d’ailleurs plusieurs niveaux d’interprétation. On peut prendre le roman au premier degré, en s’énervant d’entendre geindre  eet se lamenter quasi continuellement Victor, en déplorant la lenteur du récit par moment, le manque d’actions peut-être également… Mais on peut aussi y voir un fameux parallèle avec la création de l’Homme, la créature étant celui-ci. Eh oui, le sous-titre nous donne pas mal d’indications : selon la mythologie, Prométhée a créé les hommes à partir d’une motte d’argile (mythe précurseur du christianisme qui fait de Prométhée un modèle pour Lucifer l’ange favori de Dieu, qui « instruit » les hommes ou qui peut encore être mis en parallèle avec le récit biblique de la Genèse où  le serpent (Frankenstein) crée un être qui a la connaissance du bien et du mal, don qui causera finalement sa perte)

 

D’ailleurs, lorsque le savant se lamente sur son sort, il se dit souvent incapable de prendre plaisir aux merveilleux paysages qui l’entourent, nature créée par Dieu et qui nous est abondamment et avec enthousiasme décrits, par opposition à l’horreur qu’il vit, mais surtout l’horrible abomination à qui il a donné vie. Alors, certes, j’avoue, j’ai trouvé quelquefois ces passages particulièrement longs, mais ils étaient le pendant exact des plaintes du malheureux suisse (oui, Frankenstein est suisse, pas anglais !).

 

J’ai d’ailleurs pas mal pesté contre ce savant inconséquent, qui conçoit un monstre pour ensuite s’en détourner sans y penser, bien centré sur lui-même et la frayeur qu’il a pu ressentir. Non seulement, il n’a pas réfléchi lorsqu’il s’est lancé dans cette aventure mais quasiment jusqu’à la fin, il ne prendra pas conscience de ses erreurs ni de la portée de ses actes ; il a en toutes choses qu’il appréhende une vision bien étroite… Voilà l’archétype du savant fou, qui fonce tête baissée vers un but qu’il s’est fixé, dans une ferveur toute scientifique -purement technique-, sans trace d’éthique, ni de conscience morale. Ainsi, lorsqu’il rejette sa créature, il n’a pas une seule pensée pour celle-ci, toute neuve, qu’il jette dans le monde, qu’il abandonne…

 

Alors, si ce personnage est peu sympathique, je vous rassure, d’autres le sont. Les portraits de femmes sont particulièrement forts : des caractères affirmés, de hautes vues, qui bénéficient d’ailleurs d’une éducation similaire à celles des hommes de ce roman. Les hommes, eux, à l’image de Victor, sont plutôt entraînés que réellement actifs. Roman féministe donc, et féminin ! Car l’écriture est indubitablement féminine, ne me demandez pas de vous expliquer comment, mais c’est ainsi que je le ressens… Peut-être parce que lorsque les hommes parlent ici, j’ai l’impression que ce sont des femmes… bon ! Mais le style est là, empreint de culture  par ailleurs. J’ai bien aimé les poèmes, qui étaient pour moi d’une justesse parfaite avec l’intrigue. Je me suis même posée la question de savoir si une partie de la narration n’avait pas été construite autour de ceux-ci, c’est dire !

 

Et le monstre, me direz-vous ? Eh bien, celui-ci sait très bien exprimer son désarroi d’être seul, en pâture dans un monde dont il n’a aucune idée, et qui le repoussera avec effroit, tout comme son inventeur. Très conscient du bien et du mal, décidé tout d’abord à faire le bien, car tout prêt à l’amour, blessé jusqu’aux tréfonds de son coeur et de son âme (eh oui, même ça, il en a !), il choisira le mal, la vengeance… (l’homme chassé d’Eden deviendra mauvais !) non sans souffrir de ce choix, contraire à ses inclinaisons premières. On est bien loin ici du monstre tout vert, couvert de cicatrices (que si un chirurgien esthétique en faisait des pareilles, on ne lui confierait même pas un ourlet), qui marche en poussant des cris inarticulés, que certains films ont donné à voir !

 

En conclusion, un livre bien noir, où inéluctablement les catastrophes, les tragédies s’enchainent. Tout le long, Frankenstein, esprit si brillant, est totalement impuissant à discerner la situation dans son entier, et à prendre en conséquence les bonnes décisions, celles que nous, lecteurs, voyons très clairement, et qui vraiment tendance à nous faire mépriser ce personnage aveuglé par une trop grande estime de lui-même et qui se laisse aller au désespoir si facilement.

 

En bref, à lire !!

 

Les avis des autres participants à cette LC : AliceEvertkhorus, Mélisende, Mystix, Erell

3/12 dark side

    9/12  Challenge Livraddict 2010    Défi classique

 

 



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vertige franck thilliez

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