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Archives pour 18 février, 2010

Dracula, de Bram Stocker

dracula

Répondant à l’invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l’apesanteur…
Jonathan Harker dois se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…

 

 

 

Hier soir a eu lieu le Book Club du mois de février sur Livraddict, et le livre choisi était Dracula, que j’ai toujours eu envie de lire. L’occasion a fait le larron, plutôt la larronne ! Un grand merci donc  à la Team pour l’organisation de cette lecture commune !

 

Pour commencer, autant vous dire tout de suite que j’avais en tête le film de Francis Ford Coppola, film que j’aime beaucoup, à l’esthétisme sensuel et efficace… Bref, j’ai mis ce film dans un petit coin de ma tête, tâchant de ne pas faire trop de comparaisons.

 

Tout d’abord, le roman est construit autour de journaux intimes et de lettres échangées entre les différents personnages, pour constituer le dossier dactylographié que constitue Mina Harker, bref c’est le récit vu par chacun d’entre eux de leur formidable aventure. A l’heure d’internet, j’ai eu la sensation de lire des échanges de mails !?!  Le style est fluide, et j’ai dévoré Dracula ! emoticone

 

Le livre s’ouvre sur le journal de Jonathan Harker, jeune homme courageux jusque dans l’aveu de ses effrois (il peut s’attendre à un moment se voir lire par sa bien-aimée Mina), et c’est le début du drame qui se noue devant nos yeux. Car Dracula veut conquérir l’Angleterre, en fuyant un pays peu peuplé, pour se nourrir d’abord mais aussi certainement, créer d’autres vampires. Chargé de non-dits (n’oublions pas que nous sommes à la toute fine du XIXème siècle), de sensualité suggérée, mais aussi d’un rapport à la religion, à la foi même, Dracula est pour moi absolument à lire.

 

Considéré comme l’oeuvre fondatrice du mythe vampirique, même s’il n’est pas le premier à aborder le thème (dès 1819, John Polidori publie The Vampyre, sur une idée de Lord Byron), ce roman fantastique marque un tournant. En effet, le fait que le vampire soit un non-mort, ou encore un mort-vivant, un damné et non pas un animal, mais bien un humain condamné à vivre en se nourrissant du sang de ses victimes, encore et toujours, et au-delà de l’horreur qu’inspire à chacun ces actes, parle bien plus des relations de l’homme à Dieu que des pouvoirs surnaturels d’une telle créature. D’ailleurs, Mina et Jonathan ont une foi inébranlable, et la jeune femme est celle par qui la miséricorde arrive :

 

« Mais ce n’est pas une œuvre de haine. Le pauvre être qui a causé toute cette souffrance est le plus malheureux de tous. Songez quelle sera sa joie à lui aussi quand, son double malfaisant étant détruit, la meilleure part de lui-même survivra, son âme immortelle. Vous devez avoir pitié de lui aussi, sans que cela empêche vos mains de le faire disparaître de ce monde. »

 

Par ailleurs, le fait que le vampire soit doté de pouvoirs extraordinaires la nuit -le côté sombre de la lumière- renforce encore l’idée qu’il est une créature du mal. Encore plus quand on apprend qu’il peut se transformer en loup, en rat, en chauve-souris (c’est Stocker qui rendra ce dernier élément incontournable du mythe vampirique), en brouillard, qu’il n’a pas de reflet dans le miroir, qu’il contrôle les éléments… Bref, toutes choses qui sont du domaine de l’obscur, du Malin en somme.

 

A notre époque, et pour moi en tout cas, ce roman n’est pas -n’est plus- un chef d’oeuvre d’épouvante -il en faut un peu plus maintenant- même si j’ai tremblé à plusieurs reprises (Coppola n’ayant pas été totalement fidèle à Stocker, j’ai eu des surprises), mais plutôt un grand roman d’aventures, teinté de vampirisme… L’histoire d’un groupe d’amis constitué après un grand malheur qui les rapproche et qui va lutter pour l’humanité en fin de compte… Là encore, on retrouve la relation à Dieu, au passage.

 

Un des autres aspects du roman, c’est l’érotisme. Certes, ici, on ne trouve pas de scènes ouvertement osées, mais plutôt suggérées. Comme celle où Mina est mordue par le comte Dracula :

 

Et vous, leur alliée très chère, très précieuse, vous êtes maintenant avec moi, chair de ma chair, sang de mon sang, celle qui va combler tous mes désirs et qui, ensuite, sera à jamais ma compagne et ma bienfaitrice. Le temps viendra où il vous sera fait réparation ; car aucun parmi ces hommes ne pourra vous refuser ce que vous exigerez d’eux !

 

Mina relatera d’ailleurs la scène en ces termes, notamment : J’étais comme étourdie et, chose étrange, je n’avais nulle envie de m’opposer à son désir.

 

D’autre part, les transfusions sanguines que reçoit Lucy sont apparentées au mariage… don du sang, don de vie, don d’amour… Et les trois femmes vampires parlent de la morsure qu’elles veulent infliger à Jonathan comme d’un baiser. Tout comme le fait que Mina découvre Lucy sur le banc la nuit, une forme allongée sur elle, sorte de mime de l’acte sexuel…

 

Les personnages sont attachants, d’autant que leurs journaux, leurs lettres nous permettent de ressentir leurs émotions, leurs sentiments au-delà du simple exposé des faits. Même Lucy que beaucoup de lecteurs ont trouvé « gnan-gnan »… Pour la défendre, je dirai que ça ne pouvait être qu’elle la première victime de Dracula. Naïve, typiquement la jeune fille de bonne société du XIXème siècle, sujette au somnambulisme, dotée d’une mère à qui elle ressemble, bref la victime idéale pour un être comme le comte, cruel, sans pitié et malin comme le diable ! Elle est le pendant, le faire-valoir de Mina, si intelligente, courageuse, presque un homme comme dit Van Helsing…

C’est d’ailleurs à partir du moment où Mina constitue le fameux dossier, dans l’ordre chronologique, que les protagonistes communiquent entre eux (à part lorsqu’ils écartent la jeune femme, mais là, ils continuent de le faire seulement entre hommes -ah l’époque victorienne !) et ont une chance de réussite face au monstre. En effet, jusque là, ils se cachaient tous des choses -Mina n’avait pas encore lu le journal de Jonathan, Lucy ne relatait dans le sien que ce qu’elle voulait bien, Van Helsing prenait des mesures contre la maladie de Lucy sans rien expliquer (l’ail, ses voyages à Amsterdam…)- et c’est Mina qui sera vraiment le catalyseur, à tout point de vue, du reste.

 

J’ai remarqué également que le monde moderne était très présent : machine à écrire, phonographe, train, télégraphe, mais aussi les nouvelles sciences comme la criminologie. C’est le combat de ce monde moderne, contre le passé représenté par le comte Dracula, son vieux château croûlant en Transsylvanie, et ses siècles d’existence. Monde moderne d’ailleurs à la conquête duquel il veut partir !

 

Pour parler ensuite des oeuvres qui ont suivi ce Dracula, je citerai principalement Les Chroniques des Vampires d’Anne Rice, qui reprennent pour moi nombre de thèmes abordés par Bram Stocker : foi, sensualité, amour, modernité… Je ne peux que vous conseiller de les lire !

 

En conclusion, j’ai vraiment passé un excellent moment en compagnie de tous ces personnages… et m’est venue l’envie de regarder à nouveau le Dracula de Coppola ! et pourquoi pas de me replonger dans la série d’Anne Rice…emoticone

 

Le petit plus : l’envie de lire d’autres classiques du genre, du côté de Théophile Gauthier (d’ailleurs, j’ai ses Nouvelles Fantastiques dans ma PAL), ou de Joseph Sheridan Le Fanu (Carmilla, dans ma LAL), ou bien d’Alexandre Dumas (La Dame Pâle),  de Gaston Leroux (La poupée sanglante)… je devrais faire un tour en fait dans la discussion qu’on avait eu sur Livraddict quand il s’était agi de faire des propositions pour ce book club. Et j’ajoute ici une halte en Irlande, tout comme je fais de cette lecture ma participation à la session 3 du Challenge J’aime les Classiques ; je suis une petite maline, que voulez-vous !

dracula coppola
livraddict smalltour du monde    Défi classique

 

 

 

 

 

 

J’ai voulu porter l’étoile jaune, de Françoise Siefridt

létoile jaune

C’est le jour même de l’ordonnance nazie imposant le port d’un insigne à tous les Juifs que Françoise Siefridt, une étudiante chrétienne de dix-neuf ans, décide d’arborer l’étoile jaune avec l’inscription  » Papou « , pour en dénoncer le caractère barbare et humiliant. Un geste de solidarité courageux qui lui vaut d’être aussitôt arrêtée par la police française. De juin à août 1942, au cours de son internement comme  » amie des Juifs  » aux camps des Tourelles puis de Drancy, Françoise Siefridt a tenu un Journal dans lequel elle rapporte les scènes poignantes dont elle a été témoin.

 

 

 

Aux heures où Benoît XVI a béatifié le pape Pie XII, une étape de plus vers la sanctification, où il a réintégré des évêques négationnistes, ce journal fait partie des ouvrages à lire. Histoire de voir les catholiques comme des personnes tolérantes, et non pas tous comme des extrémistes, des intégristes…

 

Ce petit volume se découpe en quatre parties : une préface, de Jacques Duquesne, utile pour remettre les faits historiques à leur place, le journal de Françoise Siefridt, une post-face qui commente légèrement ledit journal et des annexes qui éclairent certaines notions, lieux et faits historiques, comme l’étoile jaune ou encore le camp des Tourelles… car tout cela Françoise Siefridt ne l’explique pas.

 

J’ai vu il y a eu peu de temps une émission présentée par Fabrice de Olmeida, sur France 5 ou Arte (aïe, je ne sais plus), Résistance, où justement il était question du traitement de la « question juive » en France pendant les années d’occupation, et où l’épisode qu’ont vécu les lycéens et étudiants français qui ont décidé de porter l’étoile jaune était relaté. Mon intérêt pour cette lecture était donc bien éveillé lorsque j’ai ouvert ce petit livre.

 

La préface, comme je l’ai déjà dit, éclaire les faits de l’histoire, de façon chronologique et objective… Je ne peux que vous inciter fortement à la lire !

Le journal, pudique, prudent également, car la jeune étudiante craignait de se voir lire par les allemands, relate presque jour pour jour la détention de Françoise depuis son arrestation, en passant par le Camp des Tourelles jusqu’au Camp de Drancy, d’où elle sortira libre au bout de 2 mois. Deux mois pendant lesquels elle est dans l’incertitude de son avenir, craignant à tout moment sa déportation, sa mort ! Deux mois pendant lesquels elle noue des amitiés, brèves comme l’éclair pour certaines, mais intenses et lumineuses. Deux mois pendant lesquels la vie aux camps n’est faite que de rumeurs, d’ignorance (la rafle du Val d’Hiv’ lui reste inconnue), de désespoirs, de petits bonheurs, de foi, de naïvetés (elle n’a que 19 ans et a jusqu’alors confiance en la vie, malgré tout)…

Deux mois, c’est court, mais ça peut être aussi terriblement long quand on voit des milliers de juifs, enfants et adultes, transiter par votre camp pour être déportés vers une mort terrible et quasi certaine ! Une petite bulle, ce journal… difficile de vous faire passer l’émotion toute simple qui s’en dégage ! Ne vous attendez pas à lire un nouveau Journal d’Anne Frank, mais prenez-le tel quel, authentique et témoignage particulier…

Annexes et post-face ne sont pas à négliger, même si cela ne fait pas partie de vos habitudes de lecteurs, pour les raisons que j’ai déjà citées.

 

Le petit plus : un grand remerciement à Livraddict et aux éditions Robert Laffont pour l’envoi gracieux de cet exemplaire qui a satisfait ma passion pour l’Histoire, et qui m’a émue…

 

livraddict small     logo robert laffont

 



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