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Archives pour février 2010

L’Assassin Royal, tome 8 : La Secte Maudite, de Robin Hobb

la secte maudite

C’est une rude mission que Fitz, sous le nom de Tom Blaireau, accepte de la reine Kettricken : ayant endossé l’habit d’un valet, il doit ramener à Castelcerf le prince héritier, disparu vers des contrées lointaines dans de mystérieuses conditions.

 

S’il retrouve facilement la trace du fugitif, grâce au lien magique qui l’unit à son loup, sa tâche n’est pourtant pas aisée, car le prince a été envoûté par une secte qui poursuit de sombres visées sur le royaume à travers leur otage. Placé sous l’influence mentale d’un animal étrange, l’adolescent a perdu le contrôle de ses pensées et obéit aveuglément à ses ravisseurs. Comment Fitz va-t-il parvenir à désensorceler celui qu’il considère comme son fils ? Peut-il compter sur le fou qui voyage avec lui, déguisé sous la vêture d’un riche seigneur ? Et son vieux loup, qui arrive exténué au terme de sa vie, aura-t-il assez de forces pour le seconder ? Une nouvelle fois, Fitz doit affronter sa douloureuse condition de bâtard et servir jusqu’au péril de sa vie ces princes auxquels l’attachent les liens du sang. Rien ne lui sera épargné des tortures et des humiliations, y compris de la part de ceux qu’il pourrait croire ses amis. Et, plus que jamais, le repos, auquel il aspire et que son âge devrait lui permettre, lui reste interdit.

 

Vraiment, je vous l’affirme, c’est une fabuleuse saga que L’Assassin Royal, et ce huitième volume ne dément pas ce sentiment, chez moi. J’ai adoré découvrir le prince Devoir, héritier des Six-Duchés, doué à la foi du Vif et de l’Art, comme FitzChevalerie. Revenu sous les traits de Tom Blaireau et sa fonction de serviteur de Sire Doré (qui n’est autre que le Fou, incognito lui aussi), on découvre Castelcerf du point de vue d’un domestique.

 

Très vite, il partira à la recherche du Prince Devoir, qu’il ne connait pas, et cherchera à le sauver, au péril de moults aventures, environné d’ennemis et toujours soutenu par sa loyauté à la lignée des Loinvoyant. Grande leçon d’humanité, que donnent Fitz et son loup Oeil-de-Nuit… Un Fitz tiraillé par ses émotions, son passé, ses magies, et un Oeil-de-Nuit magnifique !

 

Volume émouvant également, où mon petit coeur fragile m’a donné la larme à l’oeil plus d’une fois. Bref, j’ai savouré ce dernier opus (pour moi, car je n’en ai plus d’autres dans ma PAL emoticone)  avec des sentiments doux-amers, et je ne peux que vous recommander de vous lancer dans cette magnifique épopée fantasy.

 

L’Assassin Royal, tome 7 : Le Prophète Blanc, de Robin Hobb

le prophète blanc

Quinze années ont passé.
Loin de la cour, et le coeur blessé, Fitz s’est réfugié dans une chaumière isolée avec son inséparable oeil-de-loup pour unique compagnon. Il espère enfin avoir trouvé la paix et rompu avec son terrible passé. Mais c’est compter sans son destin. Car, bientôt, des visiteurs inattendus viennent tour à tour troubler sa retraite avec des motifs déguisés : Umbre, son vieux mentor ; Astérie, la ménestrelle avec laquelle il entretient épisodiquement des relations amoureuses ; et le fou, toujours plein d’entrain, sur qui les années semblent n’avoir aucune prise.
À mots plus ou moins couverts, tous trois lui soufflent la même chose : on a besoin de lui à Castelcerf, où règne la reine Kettricken, pour retrouver le prince héritier Devoir, qui a disparu dans de mystérieuses conditions. Après un long combat intérieur, Fitz décide de se mettre en route. Mais, pour éviter d’être reconnu, c’est en valet qu’il s’introduit à la cour et commence la difficile quête du prince sur lequel se portaient tous les espoirs.
Les obstacles ne vont pas tarder à surgir de tous les côtés.

 

Quinze années ont passé… et petit à petit, Fitz en se confiant au lecteur, au Fou, nous en dévoile ce qu’il en a fait… Pas un instant, on ne s’ennuie, entre retours en arrière et présent que manipule très bien Robin Hobb. La vie que Fitz s’est choisi aura t-elle une importance dans la suite des événements ? La suite nous le dira… En attendant, il arrive à la cour de Castelcerf, submergé par les souvenirs, par sa faim de l’Art aussi, lui qui se sent si seul lorsqu’il essaie sporadiquement d’artiser afin d’atteindre un autre détenteur de cette magie.

 

Ce tome est celui où Terrilville nous apparaît le plus, où ceux qui ont lu Les Aventuriers de la Mer peuvent commencer à jeter des ponts entre les deux séries… (ce qui d’ailleurs de mon côté, me donne une terrible envie de relire Ah, Fou ! Je sais qui tu es ! Ou presque, car tu recèles encore de nombreux mystères…

 

Avec patience (pour les impatients, il va falloir l’apprendre !), on suit Fitz qui renoue peu à peu les liens avec son ancienne vie, pour en créer une nouvelle… et remplir encore une fois son rôle de Catalyseur. Sans niaiserie aucune, les sentiments du Bâtard au Vif nous en révèlent beaucoup sur les changements des uns et des autres, hommes, bêtes, et pays.

 

Pour conclure, je ne suis pas mécontente d’avoir continué le voyage sur les traces de L’Assassin Royal, loin de là !

 

L’Assassin Royal, tomes 4 à 6, de Robin Hobb

le poison de la vengeance

Royal, l’usurpateur monté sur le trône des Six-Duchés, est persuadé que Fitzchevalerie, son ennemi intime, est mort. Mais celui-ci, caché à l ‘écart de la cour avec Burrich, prépare sa vengeance…

voiemagique.jpg

Le roi Vérité est vivant ! Il a imposé une ultime mission à Fitz : « Rejoins-moi ! Loin sur les sentiers mystérieux de l’Art, au-delà du royaume des montagnes, le jeune homme se met en quête pour répondre à l’appel de son souverain affaibli. Mais il reste seul, pourchassé par les forces de Royal, l’usurpateur, et sans possibilité de compter sur ses propres alliés, qui le manipulent comme un simple pion. Or d’autres forces sont en marche… Dans son périple, Fitz va en effet se voir révéler son véritable statut : c’est par lui que s’accomplira, ou sera réduit à néant, le destin du royaume des Six-Duchés, et c’est là une charge bien lourde à porter quand on est traqué par ses ennemis, trahi par ses proches, et affaibli par la magie…

reinesolitaire.jpg

Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés.
Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l’usurpateur qui règne d’une main de fer sur les duchés de l’intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d’autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d’Artiseurs. L’art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l’implacable soif de pouvoir de Royal. Royal l’assassin parviendra-t-il à retrouver la paix dans les bras de son Aimée et de leur fille ?

 

Ayant dévoré les trois derniers tomes de L’Assassin Royal, je n’ai pas pris le temps d’en écrire une chronique pour chacun d’entre eux, séparément. Et puis, après tout, dans l’édition originale, il me semble que le découpage n’a pas été fait de cette façon. Découpage du à la fâcheuse manie des éditeurs pour faire un peu plus d’argent…Revenons donc à nos moutons, ou plutôt à nos loups !

 

Quel plaisir de suivre l’évolution du lien de Fitz avec Oeil-de-Nuit, mais aussi avec Vérité, Molly, Burrich, Kettricken, le Fou ou Umbre encore… Ce que j’aime dans cette série, au-delà des aventures, ce sont vraiment les personnages et les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres.  J’apprécie également énormément le rapport à la magie, le Vif et l’Art pour lesquels Fitz est doué. Son rapport à lui, mais aussi celui de Vérité, de Galen et de son clan, de Royal, Subtil, le Fou ou bien encore des habitants des Six-Duchés, des êtres humains tout simplement. Ayant lu Les Aventuriers de la Mer, je n’ai pu qu’être intriguée par les Anciens… et tout un tas d’autres choses qui n’ont pas forcément de rapport.

 

Le Fou est le personnage certainement le plus mystérieux de cette saga, et l’un de mes préférés par conséquent. Je me doute bien que d’autres surprises m’attendent dans la suite des aventures de Fitz, et que le Fou y aura sûrement sa place. Qu’ajouter, sinon que Robin Hobb a du talent, elle sait distiller actions, réflexions, magie, suspens, surprises, et donne ainsi des heures de lecture riches, et intenses.

 

Le petit plus : On peut s’arrêter au tome 6, qui forme un cycle complet, si on le souhaite. Pour ma part, j’ai décidé de poursuivre l’aventure !

 

Les lieux sombres, de Gyllian Flynn

les lieux sombres

Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l’innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s’est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d’un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C’est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu’une vérité inimaginable commence à émerger. Et Libby n’aura pas d’autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l’affaire, quelles qu’en soient les conséquences. Bien loin des clichés et du manichéisme qui encombrent la plupart des thrillers contemporains, Gillian Flynn nous offre ici une intrigue d’une densité rare, des personnages complexes, tragiques, terriblement humains. Considérée dès son premier roman, Sur ma peau, comme l’une des voix les plus originales du thriller contemporain, elle confirme avec ce livre, où l’on retrouve son style intense et viscéral, son immense talent.

 

 

 

J’ai lu il y a un moment déjà Sur ma peau, le premier roman de Gillian Flynn, et j’avais littéralement adoré. Et puis, sur les blogs se sont mis à fleurir des articles enthousiastes pour Les lieux Sombres… Ni une, ni deux, dans mon panier virtuel chez mon ami PriceMinister, puis dans ma BAL, pour transiter par ma bibliothèque tout nouvellement rangée, et finir entre mes mains, sous mes yeux avides !

 

Je n’ai pas été déçue : Gillian Flynn a vraiment du talent. Là encore, la figure de la mère (lisez, oui, vraiment lisez Sur ma peau !) est déterminante, les personnages sont faibles, mesquins, marqués par de petits drames puis une tragédie. Les chapitres suivent tour à tour Libby aujourd’hui (et là, c’est elle qui raconte), et sa mère et son frère (par un narrateur) juste avant les meurtres. On approche, ou croit approcher au fur et à mesure de la grande révélation : qui a commis le massacre familial ?  On découvre les protagonistes, dans leurs plus sombres aspects, dans leurs secrets, dans leur vie misérable…

 

Et puis, on assiste au dénouement, le coeur serré d’angoisse, en se répétant mentalement : non, ce n’est pas possible, pas ça… Et puis, si ! C’est ça… Chronique d’un désastre annoncé.

 

Alors, un conseil : n’hésitez pas à lire ce thriller poignant, tout comme son aîné Sur ma peau.

 

Le petit plus : Merci aux copinautes de Livraddict d’avoir mis ce livre sur mon chemin !

Mémoire piégée, de Nicci French

mémoire piégée

Il y a vingt-cinq ans, Natalie Martello a disparu. Aujourd’hui, son corps est découvert dans le jardin du domaine familial et la police conclut à un meurtre. Résultat : le doute s’installe et l’équilibre du clan se retrouve menacé.

 

Quel indicible secret les Martello ont-ils enfoui ? Quelle sombre réalité se cache derrière ce squelette exhumé ?

 

Jane, meilleure amie de Natalie au moment des faits, décide de se rappeler ces quelques jours d’automne où tout a basculé : avec l’aide d’un psychanalyste, elle explore sa mémoire et fouille dans ses souvenirs, jusqu’à comprendre qu’elle seule détient la clé de l’énigme…

 

 

Voilà un plutôt bon roman policier… Pas un coup de coeur, mais ce fut intéressant à lire, surtout parce que l’angle qui a été pris par les auteurs (oui, Nicci French est un pseudo pour un couple d’auteurs anglais) est assez inusité. Du coup, on se fait pas mal balader dans les méandres de la mémoire de Jane, qui cherche la vérité sur la mort de sa meilleure amie d’enfance, mais cherche aussi chez les autres, qu’ils appartiennent au clan Martello ou qu’ils en soient proches. De plus, cela arrive en plein dans son divorce, du frère aîné de Natalie, et elle en est à démêler ses sentiments vis à vis de celui-ci, mais aussi des membres de la famille. Famille haute en couleurs : le père, Alan (son beau-père), est un écrivain reconnu qui n’a plus rien écrit depuis la disparition de Natalie, pénible et très théâtral, la mère une illustratrice de livres pour enfants, et les frères ont eux aussi tous réussi…

 

Mais, Jane, perdue, ballotée entre des sentiments contradictoires, va nous faire partager ses doutes, ses appréhensions, ses certitudes… Alors, en suivant son histoire, j’ai trouvé la solution, puis j’ai douté et la fin a confirmé ce que j’avais entrevu, fin que j’ai malgré tout aimé, car elle est vraiment bien amenée…

 

En bref, un bon moment de lecture en compagnie des tiraillements d’une héroïne, très humaine… et où découvre à quel point la mémoire peut nous jouer des tours, auréolée de nos souvenirs (oui, je sais, ça fait bizarre de dire ça, mais si vous lisez le livre, vous comprendrez !)

 

Le petit plus : J’ai enfin découvert Nicci French, dont je voyais les livres sur les étals des libraires, sans déception aucune.


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