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Archives pour 24 janvier, 2010

Cadres Noirs, de Pierre Lemaître

cadres noirs

« Alain Delambre est un cadre anéanti par quatre années de chômage sans espoir. Ancien DRH, il accepte, à 57 ans, des petits jobs démoralisants où il se fait botter le cul pour cinq cents euros par mois… Aussi, quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d’étudier sa candidature, Alain est prêt à tout, à emprunter de l’argent pour se payer un coach, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages. Alain Delambre s’engage corps et âme mais s’il se rendait compte que les dés sont pipés, sa fureur serait sans limite. Et le jeu de rôle pourrait alors tourner au jeu de massacre. »

 

En préambule, et parce qu’il faudrait que je morde la langue pour ne pas le dire : j’ai été conquise par ce polar français… Je n’ai encore jamais lu de Fred Vargas, par exemple, donc n’attendez pas de moi de comparaison avec l’un de ces auteurs de polar à succès. Je ne vais vous parler ici que de Cadres Noirs de Pierre Lemaître.

 

Voici donc un drame qui se noue sous nos yeux, celui d’un chômeur au bout du rouleau, courageux pourtant (il se lève tout de même à 5 heures du matin pour faire le manutentionnaire après avoir été DRH), car prêt à tout pour survivre. Lorsqu’enfin, de façon inespérée,  il passe différents tests pour un poste qui correspond à son profil, on est heureux pour lui? Eh oui, car Alain Delambre est un homme pour qui on éprouve de la sympathie. Il m’a rappelé mon père qui, après eu sa boîte pendant de nombreuses années, a du déposer le bilan, s’est retrouvé au chômage à 49 où on lui répondait qu’il était trop vieux pour prétendre à un l’emploi pour lequel il était qualifié voire surqualifié, et qui a accepté plein de petits boulots pour faire manger sa famille. Bref, Pierre Lemaître nous parle ici, et il le souligne lui-même au détour de plusieurs passages, de M. Toutlemonde, cadre ou non. Car, maintenant, qui n’a pas quelqu’un dans son entourage qui pointe au Pôle Emploi, le fait lui-même ou le redoute tout simplement ?

 

Alors, je me suis enthousiasmée, indignée, j’ai compris, j’ai soutenu, j’ai voulu aider Alain Delambre, mais l’auteur a poursuivi implacablement la machine bien huilée de son intrigue, jusqu’aux drames… Sans concession, son héros -un anti-héros ? je ne sais pas vraiment- plonge dans le mensonge, prêt à tout pour vivre, non, pour faire vivre ceux qu’il aime, au mépris de risques insensés. Quand on a plus rien à perdre…

 

Je n’en dis pas plus, parce que je sens que je vais dévoiler trop de ce roman assez hors normes. J’ajouterai seulement… Les rebondissements sont nombreux, les pièges tendus par Pierre Lemaître se referment sur ses personnages et sur le lecteur, la part psychologique du roman est aussi bien traitée que l’action proprement dite. Les portraits des protagonistes sont fins, vus à l’aune d’Alain Delambre, attendrissants mêmes car indulgents -car empreints de l’amour qu’il porte aux siens- ou au contraire taillés à la serpe pour les mêmes raisons.

 

Très bien orchestré, ce polar net, précis, m’a emmenée sur des sentiers inattendus, et jubilatoires !

 

Le petit plus : pour les fondus de littérature, dans ce roman, Pierre Lemaître distille des hommages à des grands noms comme Scott Fitzgerald… Pour ma part, j’ai été si emportée par la vague que je n’ai pas discerné ces références ! Un grand merci donc à Blog-O-Book et aux éditions Calmann-Lévy, qui m’ont envoyé gracieusement cet exemplaire, qui va certainement me jeter sur les autres romans de l’auteur !

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de Pierre Lemaître, qui en est donc ici à son troisième roman.

 

Blog-O-Book

 

 

Un vampire ordinaire, de Suzy McKee Charnas

un vampire ordinaire

Edward Weyland, professeur d’anthropologie à l’université de Cayslin, semble un bel homme. Mais ce n’est pas un homme. C’est un vampire, un prédateur qui se nourrit de sang humain, issu d’une espèce rare et ancienne, presque dotée de l’immortalité. Les humains fascinent Weyland, et surtout leurs rêves, car lui ne rêve pas, même durant ses longues périodes d’hibernation. Et parce que les humains fascinent Weyland, il entreprend une étrange relation avec une psychanalyste. Une relation psychothérapeutique ? On peut en douter. Mais l’une et l’autre vont succomber à une fascination réciproque, bien proche de ressembler à de l’amour, cette autre forme de prédation.

 

Ce fut laborieux ! D’abord, parce que le style est sec, froid, et que je n’ai pas pu m’identifier à aucun des personnages rencontrés ni même éprouver sympathie ou empathie pour l’un d’entre eux… Et donc j’ai du me forcer pour lire ce roman annoncé comme une réécriture du mythe du vampire.

Concernant l’intrigue, on commence par approcher le fameux vampire par l’intermédiaire d’autres personnages. C’est le regard qu’ils portent sur lui qui fait tout. Et ces personnages sont au prie peu attachants car assez antipathiques, au mieux plus préoccupés d’eux-mêmes qu’autre chose. En conséquence, du côté vampirique, on reste sur sa faim…

Et puis, arrive la troisième partie, qui nous fait enfin vivre l’analyse du Dr Weyland, telle qu’alléchamment annoncée par la 4ème de couverture. Mais là, encore, c’est le regard de la psy qui nous raconte le vampire, au travers de ses notes notamment. Le récit est abrupte, vraiment j’ai du mal à me plonger totalement dans l’histoire. Finalement, dans la 4ème partie et jusqu’à la fin, l’auteur va s’attacher à ce vampire ordinaire, qu’on ne peut pas trouver sympathique (mais ce n’est pas une obligation), mais qui, à force de détachement, de hauteur, voire de dédain, devient par trop… terne. Et ce, malgré l’intérêt qu’il provoque chez les autres protagonistes…

Bref, l’auteur a pris son temps, cernant le vampire tel le prédateur qu’il est, lui. Intéressant de découvrir une telle créature du point de vue d’autres personnes, sans une once du romantisme gothique qu’on peut trouver attaché à ce mythe de façon assez systématique, pour finir par les « confidences » de celle-ci. Mais cela reste trop froid, pas de passion, pas d’excitation, même pas celle de la chasse qui prend tant d’importance dans la vie du vampire, unique de son espèce en l’occurence. Et pourtant, il raconte à plusieurs reprises sa faim irresistible, irrépressible, telle que nous, les humains, nous ne connaissons, nous ne connaîtrons jamais. Las, il ne nous la fait jamais partager, pas même lors de la scène de crime pendant l’opéra.

A force d’avoir voulu nous conter un vampire ordinaire, l’auteur ne nous embarque pas. Je me suis ennuyée. Pourtant, il y avait une belle idée à l’origine, mais trop de froideur m’a l’aissée… froide !

Néanmoins, je tiens à remercier Livraddict et Le Livre de Poche grâce à qui j’ai pu lire ce roman, moi toujours avide de découvertes et aimant lire hors des sentiers battus, ce fut une expérience intéressante.

 

livraddict smalllivre de poche logo

Okilélé, de Claude Ponti

Okilélé


« Quand il est né, Okilélé n’était pas beau. Ses parents, ses frères, sa sœur dirent « Oh, qu’il est laid! » Okilélé pensa que c’était son prénom…et ne comprenait pas pourquoi il gênait partout où il se trouvait. Croyez-vous qu’il se laissa faire ? Non, et c’est le début d’une très longue histoire, d’un très beau voyage… »

 

Comme d’habitude, notre rituel du soir nous a conduit à lire un album avec les enfants : c’était au  tour d’Eléonore de choisir, et  ce fut Okilélé de Claude Ponti (Merci à ElJc).

Nous  connaissions déjà ce livre car Pénélope en a un exemplaire, et il s’agissait donc d’une relecture, mais ce n’est pas grave, au contraire. Les histoires de Ponti sont si riches, lexicalement, graphiquement et scénariquement parlant, qu’Okilélé supporte sans problème une énième relecture.

Cette fois-ci, les enfants se sont beaucoup attachés à la tristesse d’Okilélé qui ne trouve pas sa place au sein de sa famille, car il est différent ; Pénélope trouve ça bizarre qu’Okilélé doive se fabriquer un masque pour ressembler aux autres membres de sa famille. Le jeu de mots sur le nom du petit héros échappe encore aux filles, mais elles ont bien intégré qu’il n’est pas comme les autres. Qu’Okilélé soit emmuré sous l’évier les interpelle, mais plus parce qu’il pleure, et puis, comme il sort vite par les souterrains, les puces ne s’y attardent pas apparemment. De nombreuses questions et de multiples commentaires viendront aux lèvres des enfants tout au long de la lecture. Quelquefois, il est difficile d’y répondre pour moi : je ne veux pas leur imposer vision d’adulte à tout prix, et me contente de relancer le « débat » à certains moments. Je coupe quelquefois court en demandant notamment à Eléonore (toujours impatiente de tout comprendre et vite, à 4 ans, je ne vous dis pas comme elle est vive -et donc quelquefois épuisante : il faut la suivre ! C’est Miss Questions.) d’écouter la suite pour trouver la réponse à ses interrogations.

Tout est bien qui finit bien dans Okilélé et les filles ont bien envie de voir la Princesse à la recherche de laquelle le petit garçon va partir…

Le petit plus : Un livre à lire au long cours, qui se découvre, se redécouvre à chaque fois, qu’on peut lire à tout âge, tant les thèmes sont foisonnants (mais principalement, la différence, la famille, l’écologie aussi). Bref, une mine pour ses enfants mais aussi ses élèves pour l’ensemble du Primaire !

Et pour les enseignants : Des fiches pédagogiques proposées ICI notamment pour une exploitation en cycle 2 / cycle 3.



Lecture en cours

vertige franck thilliez

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